27 mai 2018

Atelier de formation à la désobéissance civile

14h Théâtre de Poche. Chemin du Gymnase 1A - 1000 Bruxelles

29 mai 2018

Conférence : La notion de genre, un outil d’analyse sociologique

15h Université des Femmes. 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles

29 mai 2018

Le féminisme dans tous ses débats

20h La Maison du Livre asbl. rue de Rome 28, 1060 Bruxelles

30 mai 2018

Cortège Blanc pour Mawda

13h Porte D’ulysse. 1426 chaussée de Haecht, 1130 Bruxelles

30 mai 2018

Ciné-débat : Rien ne nous est donné

18h30 FGTB. 45, Rue de Suède - 1060 Bruxelles

30 mai 2018

Quelle revendication sur le temps de travail ?

19h Sleep Well Youth Hostel. Rue du Damier, 23 - 1000 (...)

31 mai 2018

De l’insulte aux femmes

19h30 La Maison du Livre. rue de Rome 28, 1060 Bruxelles

1er juin 2018

Apero de lancement Politique numéro 104

18h La Vieille Chéchette. Rue du Monténégro 2, 1060 bruxelles

1er juin 2018

Colonisation et construction identitaire des pays colonisateurs

18h Librairie Par Chemins. Rue Berthelot 116, 1190 Bruxelles

1er juin 2018

Ecoute publique - quand la mer se retire...

20h Centre Culturel Jacques Franck. Chaussée de Waterloo 94, 1060 (...)


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Cher Jean-Luc Godard...

Cher Jean-Luc,

Il y a 50 ans Milos Forman présentait à Cannes "Au feu, les pompiers". Par solidarité avec le mouvement et l’affaire Langlois, il retirait son film de la compétition. Et toi tu en profitais pour foutre le zbeul dans ce festival pour rappeler au monde que l’art se devait d’être un engagement et pas qu’un spectacle ou une industrie. Tu devenais le fer de lance d’un mouvement de cinéastes alors inédit. Tu disais : Y’a pas un seul film qui montre des problèmes ouvriers ou étudiants tel qu’ils se passent aujourd’hui. Y’en a pas un seul qui soit fait par Forman, par moi, par Polanski, par François (Truffaut), il n’y en a pas. Nous sommes en retard.

Pourtant t’as rarement été en retard. Et on pense même que tu es un des rares à t’être posé toutes les bonnes ou mauvaises questions. T’as pas mal fait voler les codes du cinéma. Tu es un touche à tout, passant de la fiction au documentaire, la vidéo, la télé, l’essai sociologique, politique, philosophique, l’écriture. Tu as su jongler avec les mots, avec la grammaire mais aussi entre l’autonomie et les subventions, le radical et le populaire. Tu as signé des films qui resteront dans l’histoire tant pas leur poésie que par leur engagement. Aujourd’hui il fait snob de te citer.

Mais c’est pourtant amusant de te retrouver dans des soirées militantes avec être et ailleurs ou dans des soirées romantiques avec À bout de souffle et dans des soirées chiantes Tmtc. Mais c’est aussi ta richesse de savoir alterner, et surtout de savoir à qui parler. Tu nous incites à réfléchir et à analyser dans cette société du prémâché. Et voilà que maintenant, toi, Jean-Luc, 50 ans après, on te retrouve dans ce putain de festival. Ils ont mis un photogramme de Pierrot le fou pour leur affiche. Ils ont sélectionné ton dernier film Le livre d’image dans leur sélection officielle. T’es la reusta gros !

Et si on regarde ce qu’il se passe dans le pays actuellement on pourrait presque penser que les programmateurs aiment jouer avec le feu et les blagues de mauvais goût. Parce que pour un anniversaire il s’en passe des choses. T’avoueras quand même qu’on nage en plein cynisme, so french !

De partout les institutions veulent commémorer mai 68 quand de l’autre côté on envoie des blindés à Notre-Dame des Landes ou des CRS pour déloger des étudiants. Les cheminots se font matraquer, les infirmières mépriser, les vieux délaisser. C’est simple la France est d’une couleur bleue CRS et rouge sang. Marker réveille-toi, ils sont devenus fou !
On sait très bien qu’entre deux matchs de tennis l’actualité ne t’a pas échappé et que tu suis avec grande attention ce qu’il se passe.

Alors cher Jean-Luc, cette fois-ci ça serait con d’être en retard. D’autant que t’es tout seul (on ne va pas compter sur Honoré ou Brizé hein).
T’es le dernier, toi l’immortel. T’as beau avoir 87 piges t’es le dernier des mohicans, le denier des combattants, le punk du cinéma français.
Puis t’as une revanche à prendre. T’as beau avoir fait la nouvelle vague, mai 68, etc., le cinéma français sonne toujours aussi creux. Il est sclérosé, comme si le mot politique était banni des écoles de ciné. Pire, le milieu s’est embourgeoisé encore plus et on ne peut constater qu’il n’est fait que par des nantis et des fils de dans sa grande majorité.
Nous on rêve.
Que tu arrives tête haute, 50 ans après, que tu sois encore là pour les faire chier, pour les faire trembler et nous faire vibrer en mode plus rien à foutre, j’envoie tout péter.

Voilà, on t’écrit juste pour te dire que si dans un élan de ouf t’avais envie de foutre le zbeul pour ce cinquantenaire de merde, d’aller au front, que si t’avais encore envie d’envoyer péter ce petit monde bourgeois et centré sur lui-même, que si Cannes te foutait encore la gerbe, que si la lutte avait encore un sens pour toi, alors sache qu’on sera là, prêt à t’aider, dans une de tes dernières batailles.

Le cinéma français pue la naphtaline et la bourgeoisie malgré toutes tes épopées. Alors rend lui honneur et défonce lui la gueule. Les brèches sont multiples, qu’elles soient devant un écran, devant un front, devant une ligne de CRS, dans un nuage de lacrymo, sur un blocus de fac, ou dans un cortège de tête, on est là prêt à faire vaciller ce vieux monde, ensemble.

Alors vas-y Jean-Luc, comme une dernière bataille, comme le plus beau des tournages, comme un poème que tu sais faire, avec ton langage mais qui ferait écho en nous tous : nique tout. ZAD A CANNES ET BLOCUS DU PALAIS !

Un collectif de régisseurs enragés
source : Lundi matin



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