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Joris Ivens, Borinage

Le cinéaste doit d’abord être indigné devant l’exploitation de l’homme par l’homme, avant de chercher le bon angle de vue pour filmer la saleté et la vérité.

Joris Ivens, Moscou 1930-1932

J’avais rencontré là un problème qui devait se poser bien souvent par la suite : comment filmer des hommes au travail ? Comment restituer leur effort ou leur habileté en évitant d’utiliser les effets (...)

Joris Ivens et le passage au 16 synchrone

J’ai abandonné le format 35 mm avec lequel j’avais réalisé tous mes films et je me suis lancé dans l’aventure du 16 mm sonore. Pour moi c’était une véritable révolution. En même temps, j’en ai aussi senti (...)

Confessions techniques de Pasolini

Rien n’est jamais acquis une fois pour toutes. Écrire des livres, tourner un film, vous donne chaque fois une peine terrible et disproportionnée. Les crises donnent toujours l’impression, après, (...)

Cinéma parallèle

La préoccupation la plus aigüe est la survie du cinéma parallèle. Né sous l’effet de la guerre d’Algérie, il ne faudrait pas qu’il disparaisse avec elle.

Dove, une image qui trompe énormément

Dove a-t-il réellement voulu diffuser un clip raciste ? Plutôt étrange de la part d’une entreprise attachée à la promotion de la diversité.

UZIN, la fabrique des idées. On en parle avec ZIN TV

Décoder une image, c’est s’interroger sur quand elle a été créée, qui l’a créée, et à qui elle est adressée. Ancrer dans un contexte historique, c’est essentiel.

Entretiens. Zin TV : Télévision alternative

Zin TV est une WebTV collaborative, trait d’union entre le tissu associatif et les citoyens. Son équipe couvre l’actualité au-delà de tout formatage et mène une réflexion continue sur l’indépendance des (...)

L’info télé, scénario du déjà-vu, entretien avec Gérard Leblanc

La scénarisation de l’information est très proche du modèle judiciaire : on part presque toujours d’une infraction à un ordre présumé normal du monde.

Le Jeune Karl Marx, de Raoul Peck. Des jeunes en colère

Le capitalisme a toujours su faire de nous des individus indécis. C’est le but de sa méthode : nous faire comprendre que nous ne sommes pas un corps collectif, mais des individus qui ont chacun leur (...)

Donald l’imposteur, le retour

Ariel Dorfman : Cela m’intrigue énormément de constater que nos idées, forgées dans la chaleur et l’espérance de la révolution chilienne, ont fini par arrive ici au moment même où certains USAméricains (...)

Nouvel entretien avec Fritz Lang (1964)

On doit, certes, combattre en vue d’un résultat, mais un résultat n’est jamais définitif, n’est pas le terme du combat. Si vous avez atteint quelque chose, ce n’est pas une raison pour vous arrêter là. (...)

Manifeste de la Permanence Vidéo des Luttes Sociales

Afin d’ouvrir une brèche dans le paysage audiovisuel nous nous avons mis en place un axe informatif et participatif au sein de ZIN TV qui accompagne et stimule les mouvements (...)

Le journal de David Holzman

David Holzman n’existe pas. Devant la caméra, un acteur a endossé ce rôle et la réalisation assurée par Jim McBride, débutant là une carrière dont la visibilité sera réelle dans les années quatre-vingt. (...)

Histoire du cinéma nazi de Francis Courtade et Pierre Cadars

il n’est guère question d’oublier que le cinéma nazi a d’abord été nazi. Les auteurs précisent la différence entre "cinéma de divertissement" et "films de propagande" plus ou moins directs "où l’idéologie (...)


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Dove, une image qui trompe énormément

Comment vérifier les processus d’interprétation des images, lorsqu’on ne dispose pas de lourds moyens d’enquête ? De nombreux cas de réception peuvent être analysés comme autant d’expériences sociales spontanées, pour autant qu’on les observe sous l’angle approprié.

Peut-on se tromper en lisant une image ? Question dérangeante, dans un univers visuel réglé par les principes de la transparence documentaire, supposés garantir une lisibilité univoque des contenus. No caption needed (pas besoin de légende), comme l’affirme un ouvrage à succès, est la signature de la croyance en la vérité du visuel – qui permet de faire l’économie de toute éducation à l’image.

L’exemple de la réception de la publicité pour le savon douche Dove montre pourtant que l’on peut mésinterpréter de bonne foi un message visuel. Le 6 octobre dernier, une version de 4 secondes d’un clip publié sur Facebook fait l’objet d’un montage en quatre images fixes par la maquilleuse Naomi Blake (Naythemua), qui montre deux femmes retirant successivement leur t-shirt, la première noire, la seconde blanche (voir ci-dessus).

La conclusion semble s’imposer d’elle-même : avec le savon Dove, une peau noire devient une peau blanche – un message dans la lignée des publicités racistes du XIXe siècle, bientôt citées sur les réseaux sociaux, où le montage de Naomi Blake acquiert instantanément une viralité explosive.

Dove a-t-il réellement voulu diffuser un clip raciste ? Plutôt étrange de la part d’une entreprise attachée à la promotion de la diversité. La marque se confond en excuses et retire la publicité incriminée, pour couper court à la polémique. Mais le document qui a circulé en ligne et qui est repris par la presse est le montage avant/après, non le clip original. Trois jours après le début du buzz, des internautes rediffusent cette source, en faisant remarquer que celle-ci comprend un troisième personnage féminin, d’un autre type racial.

La peau blanche n’est donc pas le terme de la séquence, ce qui invalide l’interprétation raciste, basée sur une lecture hiérarchique de l’opposition noir/blanc. Sur le site du Guardian, la mannequin Lola Ogunyemi, premier modèle du clip, proteste à son tour contre cette réception négative, et revendique sa participation enthousiaste à un projet construit sur la diversité – dont la version télévisée comporte sept personnages d’âge et de races différentes.

Inspiré de la célèbre séquence finale du clip Black or White (1991) de Michael Jackson, qui recourt au morphing pour exprimer la fusion des races et des genres, la campagne pour le savon Dove a voulu proposer un message égalitaire et joyeux de mélange des différences. La réduction à deux personnages et la succession noire/blanche produit au contraireun effet de montage typique, où toute association est lue comme une corrélation, en fonction d’un schéma finaliste.

Cas exemplaire d’interprétation déclenchée par un récit préexistant, celui du whitewashing raciste, cette projection causaliste peut être décrite comme une décontextualisation et une erreur de lecture. Toutefois, la réaction de l’entreprise, qui a choisi de s’excuser plutôt que de nier cette glose, montre que l’interprétation d’une image sociale est une construction qui ne dépend pas des seules intentions des producteurs, mais doit au contraire intégrer la réponse de la réception.

Par André Gunthert
Source : l’image sociale



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