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« L’autre », des deux côtés. Entretien avec Jean-Louis Comolli

Aujourd’hui, la télévision remplace le zoo. On n’a plus besoin d’aller voir les vrais animaux.

Entretien avec Roman Polanski - 1963

Montrez les conflits résolus en toute justice, et tout le monde sortira satisfait et dira : « Tout va bien ». Montrez l’injustice et vous rendrez les gens (...)

Rien ne nous est donné, un film sur l’action collective

La grève, qu’elle soit victorieuse ou non, constituait un moment vécu en commun. C’est aussi le fil conducteur du film : l’idée de l’action collective.

Collectif Ogawa : Notre caméra sera en première ligne pour recevoir les coups

Les documentaires épiques du collectif japonais Ogawa Productions, réuni autour du cinéaste Shinsuke Ogawa (1936-1992), sont peut-être les films les plus extraordinaires jamais tournés sur le combat (...)

Le Nutella et l’image des foules

Événement anticipable, l’ouverture des soldes fournit à la fois un sujet pittoresque par son action spectaculaire, une peinture sociale de la modernité et l’occasion d’une condamnation morale à peu de (...)

Henri Alekan, Chef opérateur de cinéma. Syndicaliste CGT. Socialiste et pacifiste. Résistant.

Henri Alekan fut sensible aux problèmes sociaux de sa profession et, en créant en 1932 le Groupement des assistants opérateurs, il jeta l’une des bases du Syndicat des techniciens de la production (...)

A propos du film "Septembre Chilien" : Tournage au Chili

Comment rendre compte par un film, tourné en quelques jours juste après le coup d’Etat du 11 septembre, des blessures, des deuils, des disparitions, des rumeurs, vécus par des centaines de milliers (...)

Vladímir Vissotsky et le zastoi

Sans doute, Vissotsky a représenté son peuple d’une manière véridique, et c’est pourquoi après sa mort il continue d’être le poète le plus apprécié et sa voix aguerrie continue encore de (...)

Le film The Square : entre idiots déclarés et vie réelle

L’excentricité se lasse d’elle même, elle a besoin d’un art au niveau de sa négligence intellectuelle, quelque chose qui ne provoque pas de conflit, des bouffons qui nettoient l’incommodité du (...)

L’Ambassade (film retrouvé) de Chris Marker, la déconstruction d’un récit

Comment raconter l’Histoire ? Comment reconstituer sans manipuler ? Peut-on échapper à des discours biaisés, faussés sur le passé ?

Les 5 meilleures apps de messagerie chiffrée

Afin de garde secret les conversations, il est possible de se tourner vers des applications de messagerie chiffrée. Le point avec une sélection des meilleures d’entre (...)

Dérive morale du FIPA - Festival international de programmation audiovisuelle

Ce serait, à mon avis, un acte de dignité de refuser de participer à cette opération de propagande politique. Je les invite donc à retirer leurs films sélectionnés à ce FIPA 2018 et de se retirer du (...)

Gilles Deleuze : Les pouvoirs établis ont besoin de nos tristesses

Les pouvoirs ont moins besoin de nous réprimer que de nous angoisser, ou, comme dit Virilio, d’administrer et d’organiser nos petites terreurs intimes.

Andreï Tarkovski : Pour être libre

Je suis convaincu que si un artiste parvient à réaliser quelque chose, c’est qu’en réalité il vient combler un besoin qui existe chez les autres, même si ceux-ci n’en sont pas conscients sur le (...)

Le Mal et l’enfant sauveur. Du Seigneur des Anneaux à Harry Potter

Comme pour nous préparer à l’éventualité du conflit, nous y voyons le « Bien » forcé, à contrecœur, de combattre les « armées du Mal »...


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Joris Ivens et le passage au 16 synchrone

Joris Ivens et le passage au 16 synchrone

A la fin des années 1950 la synchronisation de l’image et du son est venue bouleverser l’art du documentariste. Je n’ai pas l’intention de me lancer dans des explications techniques et des considérations philosophiques pour démontrer l’importance du phénomène, mais, jusque-là, le 16 mm était resté cantonné dans le domaine de la recherche scientifique, de la télévision et de quelques amateurs éclairés. En quelques années, avec le son synchrone, il a pris une dimension nouvelle. Ce que les vieux cinéastes comme moi appelaient péjorativement le vermicelle est devenu pour les jeunes un outil de travail irremplaçable et, au moment de prendre les décisions pour notre deuxième film au Viêtnam, Marceline m’a convaincu. J’ai abandonné le format 35 mm avec lequel j’avais réalisé tous mes films et je me suis lancé dans l’aventure du
16 mm sonore. Pour moi c’était une véritable révolution. Les avantages étaient évidents : le matériel est plus léger, plus maniable ; avec le son on peut s’approcher des hommes, car ils ne se laissent plus seulement photographier, mais ils s’expriment, et je me suis dit : « Si cela permet de donner la parole au peuple, pourquoi pas ! »

En même temps, j’en ai aussi senti les faiblesses. J’ai pensé : « C’est bien à condition de maîtriser la technique, sinon cette facilité peut devenir un piège. » Lorsque le cinéma vérité a fait son apparition, j’ai écrit un article dans les Lettres françaises où je tirais la sonnette d’alarme. Je disais entre autres : « Nos caméras sont devenues légères, mobiles, silencieuses, mais, malgré les merveilles de cet outil, la vérité risque de nous échapper si nous n’avons pas le moyen de nous exprimer librement et de partager avec le public notre expérience, c’est-à-dire notre recherche de la vérité. » J’exprimais là ma crainte de voir les jeunes cinéastes se laisser dépasser par la facilité et d’en oublier de penser.

D’une certaine manière, Chronique d’un été de Jean Rouch et Edgar Morin me confirma dans mon inquiétude. Non pas le film lui-même, il était d’une honnêteté et d’une rigueur indéniables, mais, en le voyant, je me suis rendu compte combien ce style de reportage, en dehors de la maîtrise intellectuelle d’hommes tels que Rouch et Morin, pouvait devenir précaire et tendre vers un appauvrissement de l’art du documentaire. Ce fut encore plus évident avec les films de Richard Leacock.

Primary et Eddie Sachs à Indianapolis étaient des films étonnants, directs, percutants, qui donnaient pour ainsi dire la vie à toucher. J’ai adoré ces films au point d’en être jaloux mais, en même temps, j’ai eu peur. Peut-être que je me suis senti dépassé ? C’est possible. Mais je ne crois pas que ce soit là la vraie raison de mon inquiétude. La richesse de ces nouvelles techniques, qui permettaient de rentrer si fort dans la réalité, presque sans effort, me semblait annoncer le danger de la facilité, c’est-à-dire une approche et une vision superficielles de la réalité sous le regard de manipulateurs habiles.

Extrait de « Joris Ivens ou la mémoire d’un regard ».
Éditions BFB, 1982. Page 291 - 292



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