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Je m’appelle James Baldwin - enregistrement de radio France Culture

En 1987, Jean Daive avait rencontré James Baldwin pour une série de cinq entretiens, enregistrés pour "Les chemins de la connaissance" sous le titre "Je m’appelle James (...)

Le Mexique insurgé de John Reed

Récit pour le moins pittoresque d’un journaliste indépendant américain dans le Mexique révolutionnaire.

Comment « Le Monde » invente la « répression » au Venezuela

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La propagande au ralenti

Un outil d’analyse de la propagande. Dans une logique de réflexion critique sur les médias, il s’agit ici d’interroger son impact sur nos représentations et notre perception du monde. Qu’est-ce que la (...)

De la diffusion du documentaire : Ronnie Ramirez

L’idée, c’est surtout de questionner le rôle de la télévision comme génératrice de liens sociaux. Il s’agit de relier à nouveau entre eux toute une série de réseaux qui ne se croisent pas nécessairement et (...)

La place du journaliste, par Jean-Louis Comolli

Bien-sûr que les exploités et les opprimés ont des choses à dire politiquement et qui ont plus de poids que d’autres paroles dites par d’autres.

Calcutta et Satyajit Ray

Charles Tesson, maître de conférences, revient sur le rapport du réalisateur Satyajit Ray à sa ville natale Calcutta.

Vidéos LGBT en - mode restreint - sur YouTube

Et après, si on n’est pas dans l’algorithme de YouTube, les gens ne vont pas nous trouver. On attend deux ans et si on voit qu’il ne se passe rien, on arrêtera (...)

Actualité reconstituée & détournée, François Niney

Le détournement consiste à la fois à rendre visible la propagande et à la retourner contre elle-même : on utilise explicitement ses pratiques, images et slogans commerciaux et politiques, en y (...)

Quand les images prennent position par Georges Didi-Huberman

il semble nécessaire de revisiter certaines pratiques où l’acte d’image a véritablement pu rimer avec l’activité critique et le travail de la pensée. On voudrait s’interroger, en somme, sur les (...)

Dogma 95 - Le manifeste

je jure en tant que réalisateur de m’abstenir de tout goût personnel. Je ne suis plus un artiste. Je jure de m’abstenir de créer une « œuvre », car je vois l’instant comme plus important que la (...)

Arte diffuse : Lénine, une autre histoire de la révolution russe

Quelques anecdotes sur le soir de l’insurrection d’Octobre, comme la galère des révolutionnaires pour allumer une lanterne... mais ce n’est pas ce documentaire qui éclairera la lanterne de celles et (...)

Conférence sur Canal Emploi. Genèse, les autres et la fin.

Chaîne d’éducation populaire dont l’objectif était de rendre compte des problèmes économiques et sociaux de la région liégeoise, elle a développé une large réflexion et expertise sur l’usage éducatif de la (...)

Bilan et avenir de la télévision populaire au Venezuela

Jusque-là réprimées, les télévisions associatives furent légalisées et dotées par l’Etat d’outils, d’antennes, de financements – sans contrôle de leur message.


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Vidéos LGBT en - mode restreint - sur YouTube

Vidéos LGBT en "mode restreint" sur YouTube : "C’est écœurant", dénonce un youtubeur

La plateforme a décidé de passer en "mode restreint" de nombreuses vidéos liées aux lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT). Des youtubeurs s’offusquent de cette mesure. Franceinfo les a interrogés.

"Je ne comprends pas, je ne suis pas une chaîne d’envergure et il n’y a rien de choquant dans mes vidéos", assure Brice à franceinfo. Le jeune youtubeur est consterné. Il s’est aperçu que YouTube a placé une grande partie des vidéos de sa chaîne, "Le Journal de Brice", en "mode restreint", depuis dimanche 19 mars. Ce mode peut être activé par chaque internaute via un onglet situé en bas de n’importe quelle page YouTube. Dès lors, des contenus jugés "inappropriés" par YouTube sont automatiquement bloqués.

Mais qu’est-ce qui choque autant la firme américaine ? Brice est photographe, il a créé sa chaîne YouTube en 2015. Dans sa première vidéo mise en ligne, il évoque son coming-out. Il raconte très simplement, et avec humour, comment il a appris à ses parents qu’il était gay. Dans sa chute, il s’adresse à des potentiels parents : "Aimez vos enfants comme ils sont". Cette vidéo fait partie des contenus censurés. Elle n’est donc visible que si le "mode restreint" est désactivé, tout comme quinze autres vidéos de sa chaîne. Seuls deux contenus ont échappé au tri opéré par YouTube, l’un sur des conseils coiffures et l’autre sur une recette de cupcake. Et Brice est loin d’être le seul dans ce cas. YouTube au cœur d’une polémique

YouTube a placé "en mode restreint" de très nombreuses vidéos émanant de chaînes de youtubeurs LGBT. Depuis, la polémique enfle. "Honte à vous YouTube", s’est écrié Cole Ledford, un youtubeur américain. Parmi les vidéos désormais indisponibles quand le "mode restreint" est activé, on trouve notamment l’interview de l’actrice et chanteuse américaine Ariana Grande où elle donne des conseils aux victimes d’homophobie, ou encore le clip Same Love, de Macklemore et Ryan Lewis, sorti en 2012, qui prône la tolérance, note 20 Minutes.

Face aux nombreuses critiques, YouTube s’est expliqué sur Twitter : "L’objectif du ’mode restreint’ est de filtrer les contenus pour adultes pour les utilisateurs les plus jeunes qui souhaitent une expérience limitée. Les vidéos LGBT sont disponibles dans le ’mode restreint’, mais les vidéos qui traitent de sujets plus sensibles peuvent ne pas l’être. Nous regrettons toute confusion que cela a pu causer."

"LGBT est forcément associé à sexualité"

Pour Tristan Lopin, c’est une première aussi. Ce youtubeur n’a jamais eu de problèmes avec ses productions. Le trentenaire est humoriste, il a d’ailleurs lancé son propre one-man-show. Sur les réseaux sociaux, une de ses vidéos sur les opposants au mariage pour tous a particulièrement circulé. Il démonte, avec humour, les arguments des partisans de la Manif pour tous. Mais ce contenu disparaît lorsqu’on active le "mode restreint". Il en va de même de ses autres sketchs, comme celui sur l’attente "insupportable" d’un texto, ou encore celui où il dénonce le harcèlement de rue vécue par une de ses copines. Autant de contenus jugés indésirables par YouTube.

"Dans mes vidéos, il n’y a aucune image sexuelle, je fais toujours attention à ne pas être vulgaire, explique-t-il à franceinfo. Je trouve ça horrible, c’est terrible. En même temps, cela ne m’étonne pas. Avant, c’était comme ça avec les magazines LGBT, ils étaient classés dans la catégorie adulte parce que LGBT est forcément associé à sexualité."

Un constat partagé par Andrew Grey. La chaîne du youtubeur d’à peine 23 ans compte près de 20 000 abonnements. Certaines de ses vidéos abordent franchement la sexualité. Elles sont d’ailleurs clairement identifiées, il a même créé sa chaîne "Parlons cul". Il parle de manière directe et sans filtre de questions sexuelles. Mais le jeune homme se désole de voir que même des vidéos n’abordant pas la sexualité se retrouvent censurées. C’est le cas de celle où il parle de ses séries préférées, d’une autre où il fait lire à sa mère ses textos, ou d’une où il répond "aux questions chiantes" que l’on pose aux gays.

“YouTube assimile les contenus LGBT à la sexualité. Pour eux, LGBT égale forcément sexe. Moi je pète un plomb en voyant des choses comme ça.”
Andrew Grey à franceinfo

Andrew Grey a d’ailleurs posé une vidéo sur YouTube pour dénoncer ce qu’il appelle des "délires homophobes" de la plateforme.

Un double discours de YouTube

Nico et Arthus sont, depuis dix ans, sur les réseaux sociaux. Les problématiques d’images censurées sur les réseaux sociaux, ils connaissent. Les deux hommes ont une ligne de sous-vêtements, qu’ils qualifient de "sexy". Dans leurs vidéos, forcément, il y a de la nudité et ils savent que certaines images ne passent pas les filtres. Ils l’acceptent. Mais quand ils ont créé leur chaîne YouTube, il y a un an, ils ont dû faire face à un déferlement de remarques homophobes dans les commentaires. "C’est très violent ce qu’il se passe sur YouTube, plus qu’ailleurs, témoigne pour franceinfo Nicolas. Pour autant, YouTube n’a pas fait preuve d’une grande réactivité. Alors, quand ils ont constaté que la grande majorité de leurs vidéos avaient basculé en "mode restreint", la nouvelle a du mal à passer. Surtout que certaines de leurs vidéos sont très banales. Si certaines abordent franchement la sexualité et prodiguent des conseils, d’autres évoquent leurs voyages ou leur vie de couple. Pourtant, toutes ces vidéos sont, elles aussi, invisibles en "mode restreint".

Là You Tube passe les vidéos LGBT en mode restreint, mais quand nous on se prend des remarques homophobes, qui tombent sous le coup de la loi, avec des pseudonymes comme Hitler et Mussolini, YouTube met du temps à les supprimer.
Nicolas à franceinfo

Pour Nico et Arthus, c’est vraiment deux poids deux mesures. "C’est écœurant, poursuit Nico. On est seul face à cette violence. En gros, YouTube nous dit de faire une vidéo, ça leur fait un contenu en plus. Avec le ’mode restreint’, c’est pareil. A part faire une vidéo pour dénoncer, il n’y a pas grand-chose à faire. Après si les gros youtubeurs américains s’y mettent, cela peut changer les choses. Nous, en France, on est seulement une poignée."

Et pour l’instant, les explications de la firme américaine n’ont pas vraiment convaincu les principaux concernés. "Le fait qu’ils s’excusent, on s’en fiche. On veut des actes, lance Andrew Grey. Ce qu’ils ont fait, c’est un coup de couteau dans le dos." Le youtubeur dénonce également le double discours de la plateforme de vidéos. "YouTube explique qu’elle est fière de mettre en avant la communauté LGBT. Mais faire des choses comme ça, c’est contradictoire et incohérent. C’est vouer les youtubers LGBT à l’échec", détaille-t-il.

Quitter YouTube ?

Alors, quelles peuvent être réellement les conséquences d’une telle mesure ? "Ce mode restreint pénalise vraiment la croissance de la chaîne, estime Nicolas. Et après, si on n’est pas dans l’algorithme de YouTube, les gens ne vont pas nous trouver. On attend deux ans et si on voit qu’il ne se passe rien, on arrêtera YouTube".

De son côté, Andrew Grey assure qu’à cause du "mode restreint", il a perdu 70% de ses contenus. "Déjà qu’on a du mal à gagner notre vie, cela ne va pas aider. Après le mode restreint est peu utilisé, nuance-t-il. J’ai également la chance d’avoir une communauté qui me suit. C’est trop tôt pour le moment pour voir quel impact cela pourrait avoir. C’est donc prématuré de partir de YouTube."

Si YouTube est aujourd’hui pointé du doigt, les autres réseaux sociaux ne sont pas toujours en reste. "Notre page a déjà été supprimée sur Facebook, se souvient Nico. Au final, on a contacté 220 personnes chez Facebook. Une seule nous a répondu. Au bout d’un mois et demi, notre page a été rétablie. C’était miraculeux."

Carole Bélingard
France Télévisions



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