Articles

A propos des « vermines » (et en soutien à Gaspard Glanz)

Dans le monde renversé, et délirant, du néolibéralisme fascistoïde, les offenses en mots ont plus de réalité que les offenses aux corps. Des mains sont arrachées, des yeux éclatés, des vies brisées, et (...)

Asile politique pour Julian Assange !

Julian Assange a été arrêté ce jeudi 11 avril par la police britannique dans l’ambassade d’Équateur, où il se réfugiait depuis près de 7 ans.

Les forces de police ne sont pas au-dessus des lois

Communiqué de presse. Ce mardi 5 mars, un photographe, un collectif de photographes, un média associatif et une association de défense des droits humains vont être attraits devant les tribunaux par (...)

Procès ZIN TV & ATTAC : Deux policiers renvoyés en correctionnelle

La chambre du conseil de Bruxelles a décidé de renvoyer en correctionnelle deux policiers ayant saisi la caméra d’une équipe de tournage de ZIN TV et effacé des données des cartes mémoires, en octobre (...)

Bruno Latour : « Les Gilets jaunes sont des migrants de l’intérieur quittés par leur pays »

Qu’est-ce que le mouvement des Gilets jaunes révèle de l’épuisement de l’organisation politique et économique de notre société ? Quel est le rôle de l’État ? De la société civile ? Quelle place occupe (...)

Charges déraisonnables : le poids des mots, le choc des idéaux

Documentaire de création polyphonique, Charges déraisonnables tisse avec ingéniosité une réflexion riche et salutaire sur le langage comme rapport de force et outil de (...)

Pour une histoire populaire de la Révolution portugaise

La révolution portugaise est l’une des principales révolutions du XXème siècle. Et peut-être la plus méconnue. Parce qu’il faut faire oublier qu’il y a 40 ans en Europe un peuple expropria une partie de (...)

Gilets Jaunes : L’appel de Commercy

« L’assemblée des assemblées » des Gilets jaunes s’est tenue à Sorcy-Saint-Martin, près de Commercy (Meuse), samedi 26 et dimanche 27 janvier. Elle vient de publier son (...)

Suite du procès ZIN TV et ATTAC, la chambre du Conseil se prononcera en février

Le parquet demande un non lieu pour 1 des policiers et un renvoi en correctionnel pour le deuxième avec pour motif de s’être introduit dans un système informatique et avoir effacé les données, en (...)

Les poupées sexuelles nous montrent...

Peu importe la façon dont vous l’emballez, l’embellissez ou le rendez inoffensif, l’objet inanimé qu’est une "poupée sexuelle" n’est que le reflet de ce que les hommes pensent avoir le droit de faire aux (...)

Pourquoi moi ? Une lettre de Cesare Battisti

Les autorités italiennes d’aujourd’hui me poursuivent, comment expliquer cela, comment expliquer cette Italie, la même qui me transmit un jour l’amour des mots écrits, ce rêve de liberté et de justice (...)

Le faux dilemme du patriotisme

Dès que vous dites quelque chose qui ne leur plait pas, ils vous invitent à quitter le pays de la Liberté et à vous installer au Venezuela.

Brésil : C’est comme si on revenait au Moyen Âge

Meimei Bastos, poète et écrivain brésilien : C’est un tel pas de géant en arrière que je sens que nous allons bientôt être brûlés par l’Inquisition bolésonarienne, qui prétend que la terre est plate et que (...)

Médiamensonge & vérité rétablie : Zak a été battu à mort !

Au départ, Zak a été décrit comme un toxicomane en manque qui voulait cambrioler la bijouterie. Il a été accusé d’avoir un couteau en main. Or, le seul couteau repéré sur place ne portait pas de trace de (...)

Gilets jaunes : la classe moyenne peut-elle être révolutionnaire ?

Avant, on pouvait noyer l’ennui d’une telle existence dans un sentiment d’appartenance très fort, celui « de faire comme tout le monde ». (...) Aujourd’hui, on doit s’avouer qu’on a de toute façon tort (...)


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Brésil : pourquoi pas une télévision des Sans Terre ?

25 octobre 2012.
Par Eduardo Sales de Lima, du journal « Brasil de Fato ».
Source de l’article : MST

Silvio Mieli est journaliste et professeur de la Faculté de Communication et de Philosophie de l’Université Catholique Pontificale (PUC-Sao Paulo). Son avis rejoint les récentes manifestations pour la démocratisation de la communication au Brésil, comme celle qui a eu lieu le 15 octobre 2012 à Sao paulo en face de l’hôtel Renaissance, où se déroulait une réunion de la SIP (Inter American Press Association, groupe de patrons de médias). À cette occasion, des représentants du collectif « Intervozes » et du « Forum National pour la Démocratisation de la Communication » (BDNF) entre autres organisations, ont déroulé des banderoles dénonçant des abus commis par des chaïnes de radio et de télévision, par des journaux et des magazines.

Par ailleurs, une des conclusions de l’étude récente du chercheur Tiago Cubas, du Noyau d’Études, Recherches et Projets sur la Réforme Agraire (Nera/Unesp) intitulée « São Paulo agraire : représentations du différend territorial entre paysans et ruralistes de 1988 à 2009 », va précisément dans ce sens : les médias privés totalisent la vision des relations capitalistes en milieu rural, en propageant des stéréotypes et en refusant le sujet et les méthodes de production alternatifs.

Dans l’interview qui suit, Silvio Mieli analyse la situation actuelle de la lutte pour la démocratisation de la communication au Brésil.

Brasil de Fato - Des violences physiques sont commises par le gouvernement ou par des privés contre les paysans sans terre par le biais de polices et de milices armées. La couverture médiatique de ces événements est tendancieuse. Pourquoi la violence contre les pauvres est-elle naturalisée, voire même ignorée par les médias actuels ?

Silvio Mieli – En premier lieu il faut se souvenir que les médias sont ultra-conservateurs. Que les conservateurs trouvent naturel qu’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. Et tout aussi naturel — c’est typique des conservateurs – que soit utilisée la violence contre ceux qui veulent sortir de cette situation. Comme dit le philosophe Giorgio Agamben, les médias aiment les indignés mais passifs. Les grands journaux n’ont aucun problème pour montrer les enfants affamés vivant dans une décharge publique mais réprouveront fortement toute action directe pour corriger cette injustice.

La concentration du pouvoir dans les médias est un miroir de la concentration des terres. Dans le premier cas on vole des terres publiques ou on rachète des terres volées. Dans le second cas on prend possession du spectre électromagnétique en usant d’influences politiques ou du pouvoir économique, ou des deux à la fois. C’est pour ces raisons que le système est capable de tout quand il s’agit de discuter de la propriété foncière ou de celle d’un organe d’information. Ce n’est pas un hasard si le slogan de la démocratisation des médias en 1980 a été : « Réforme agraire dans les airs ». Sur la terre comme dans les ondes hertziennes nous sommes confrontés aux mêmes problèmes : la question de la propriété, de leur usage social et quels modèles de développement doivent être mis en pratique.

BdF – Concrètement, quel genre de relations existe entre les journaux locaux (et nationaux) et l’agro-industrie pour criminaliser toujours plus les paysans pauvres ?

S.M. – Toutes les familles qui monopolisent les médias au Brésil sont (directement ou indirectement) de grands propriétaires terriens. La famille Saad (groupe Bandeirantes), qui a récemment investi dans le domaine de la presse écrite, est une famille de grands éleveurs, Octávio Frias (père) a été l’un des plus gros entrepreneurs agricoles du pays. Donc, en plus de la servilité vis-à-vis du pouvoir, ils possèdent des intérêts directs dans le secteur. Beaucoup d’hommes politiques, même ceux qui se croient très puissants, sont devenus les office-boys des grandes sociétés. En ce qui concerne les moyens de communication principaux, ils sont devenus les promoteurs des événements de ces grandes entreprises.

BdF – Après la soi-disant « démocratisation » (post-dictatoriale), quel a été le poids des médias (locaux et nationaux) dans le processus de naturalisation de la violence envers les pauvres et les paysans sans terre et comment ont-ils fait obstacle à la réforme agraire ?

S.M. – Généralement on dit que les médias ne sont pas le quatrième pouvoir mais le cinquième élément. Nous avons l’eau, la terre, le feu, l’air et… les médias. Nous vivons immergés dedans. D’où l’importance de la qualité de ce qui est produit par ce moyen. Mais dans notre cas, peut-on vraiment parler de « redémocratisation » si parmi tant de problèmes hérités de la dictature, l’accès aux médias reste aussi limité ? C’est une autre dimension de la vie nationale : nous vivons un état d’exception permanent. Le modèle de communication mis en place par la dictature, même au terme du régime militaire, est toujours debout. Il suffit d’enquêter sur le rôle des médias dans les récentes affaires importantes du secteur agricole ou environnemental et de vérifier comment ils opèrent (affaires Raposa Serra do Sol, MP 458, code forestier, Belo Monte…).

BdF – Que pourrait faire un gouvernement plus progressiste ou une société plus éclairée pour faire évoluer ces véhicules médiatiques vers une communication plus équilibrée ?

S.M. – Prenons l’exemple de la « pentecôtisation » des médias au Brésil. L’invasion des médias par des sociétés qui s’autoproclament des églises constitue un des plus problèmes contemporains majeur des médias au Brésil. Nous vivions déjà avec une série d’autres problèmes, nous avons celui-ci en plus. Qu’a fait l’État ? Il a renforcé l’espace et la puissance de ces groupes, notamment grâce à des alliances politiques-partisanes. Il a offert des réseaux de télévision à des grands groupes qui ne représentent aucune force culturelle locale, attaquent les traditions religieuses de matrice africaine et font le prosélytisme du capitalisme comme religion.Il est clair que nous devons nous battre pour le contrôle social des médias, mais je pense que le salut ne passe pas par la réforme de ce qui existe, ni par le retrait des messages de l’État.

Dans la lutte pour la démocratisation de la communication il faut utiliser la même tactique que celle du Mouvement des Travailleurs sans Terre : l’occupation du spectre non productif (que ce soit au sein des champs pédagogique, culturel ou social, ce qui se défend sur des bases constitutionnelles). Je ne parle pas d’occuper les studios de la Globo mais en plus de l’espace que le mouvement social a conquis à travers Internet, de lutter pour des médias appartenant aux mouvements sociaux. Pourquoi pas une MSTV, une télévision du Mouvement des travailleurs Sans Terre ? Le moment est venu pour les mouvements sociaux de s’adresser au peuple directement, sans passer par des intermédiaires et pas seulement sur internet, mais aussi au moyen d’ondes électromagnétiques, ou de ce qu’il en reste.

Source : http://www.mst.org.br/node/14033
Traduction du portugais : Thierry Deronne

URL de cet article : http://mouvementsansterre.wordpress.com/2012/11/25/bresil-pourquoi-pas-une-television-des-sans-terre/

Pour soutenir concrètement le MST, on peut écrire à Lucas Tinti, prointer@mst.org.br



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