15 juillet 2019

Acte 14 - Rassemblement en soutien à Julian

17h-19h Place de la Monnaie 1000 Bruxelles

16 juillet 2019

Projection : L’homme a mangé la Terre

18h Local Sacco Vanzetti. 54 chaussée de Forest, 1060 (...)

17 juillet 2019

Projection du documentaire fiction "Lettre à G"

19h30 Cinéma Aventure. Galerie du Centre > rue des Fripiers 57, (...)

19 juillet 2019

2e Ride Déchainé•es

19h30 Porte de Namur, 1000 Bruxelles

20 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Schaerbeek - Josaphat

14h30 Square François Riga, 1030 Bruxelles

22 juillet 2019

Acte 15 - Rassemblement en soutien à Julian

17h-19h Place de la Monnaie 1000 Bruxelles

27 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Saint-Gilles

14h30 Paul Dejaerlaan 9, 1060 Bruxelles

28 juillet 2019

Visite guidée décoloniale : Parcours Forest

14h30 Arrêt Neerstalle, 1190 Bruxelles

29 juillet 2019

Acte 16 - Rassemblement en soutien à Julian

17h-19h Place de la Monnaie 1000 Bruxelles

26 septembre 2019

Femmes, féminismes et Islam : l’égalité en question

19h ESPACE MAGH 17 rue du Poinçon 1000 Bruxelles


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Trotsky, Tchernobyl et la guerre des symboles

Les débats sur les séries télés Trotsky (2017) de Netflix et Tchernobyl (2019) de HBO & Sky sont les symptômes de la lutte symbolique de l’après-guerre froide au XXIe siècle. Dans les deux cas, nous voyons des superpuissances de la géopolitique contemporaine (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie) se positionner sur un passé qu’elles considèrent comme leur héritage, même si l’axe de la confrontation idéologique entre socialisme et capitalisme ne renaît pas de ses cendres.

Le socialisme réel est encore en ruines, mais le gouvernement de Vladimir Poutine estime que le passé soviétique lui appartient. C’est pourquoi Konstantin Ernst, producteur de Sreda, une société cinématographique liée à la Russie unie, le parti politique tout-puissant de Vladimir Poutine, a engagé le réalisateur Alexander Kott pour faire vivre à l’écran le révolutionnaire juif ukrainien Leon Trotski.

Le résultat est une caricature perverse dans laquelle l’important intellectuel et homme politique marxiste est dépeint comme un seigneur de guerre impitoyable, corrompu et voluptueux. L’image de Trotsky dans la série Poutiniste est si tordue que Ramon Mercader, son assassin stalinien, le tue en légitime défense, après que le leader bolchevique l’attaquait dans sa maison à Coyoacán. Le petit-fils de Trotsky, Esteban Volkov Bronstein, a dénoncé la parfaite continuité entre le Trotsky de Netflix et la propagande stalinienne du milieu du XXe siècle.

La réaction des idéologues du Kremlin envers la série Tchernobyl de Craig Mazin (2019) suit la même ligne d’appropriation du passé. Le réalisateur russe Alexei Muradov et le journaliste du Moscow Times Anatoly Wasserman, tous deux proches de Poutine, affirment que les séries américaines et britanniques sont une déformation de la vérité historique car ils développent la thèse que l’accident nucléaire de 1986 était dû à une attaque de la CIA.

Trotsky était ukrainien et Tchernobyl est situé en Ukraine. Les deux polémiques traversent le conflit entre la Russie et cette nation voisine qui revendique le territoire de la Crimée, annexé par Moscou en 2014. Le nouveau président ukrainien, le comédien Volodimir Zelensky, arrivé au pouvoir grâce à une émission de télévision populaire où il incarnait lui-même le chef de l’Etat, mène une politique ouvertement pro-occidentale et défie l’hégémonie régionale de Poutine avec un projet d’intégration dans l’Union européenne et l’OTAN.

Contrairement à la réception critique russe, la presse ukrainienne a reproduit les objections sur la série sur Trotsky sur Netflix et a loué la production de HBO et Sky sur Tchernobyl. Curieuse pirouette de la mémoire au XXIe siècle par laquelle un marxiste ukrainien est réévalué par un gouvernement capitaliste pro-européen, tandis qu’un accident nucléaire est à nouveau masqué par un gouvernement tout aussi capitaliste, mais soucieux de préserver la grandeur de la Russie. La mémoire d’une nation et d’un empire est en jeu dans ces guerres symboliques.

Rafael Rojas

Libros del crupusculo / traduction : ZIN TV



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