24 septembre 2018

Débat & Infos : Inculpé.es de trafic d’êtres humains - La solidarité et sa criminalisation en débat.

19h Espace Citoyen. rue de la Grande île 8, 1000 Bruxelles

25 septembre 2018

Conférence : L’accès à la propriété est-il une mission de service public ?

12h rue Lambert Crickx, 5, 1070 Bruxelles

25 septembre 2018

Débat : détention de familles avec enfants en centres fermés

18h Muntpunt, salle Mallemunt (3ème étage), 6 Place de la Monnaie, (...)

25 septembre 2018

Les rapports de genre véhiculés par les films de guerre

18h30 La Fonderie. 27 Rue Ransfort, 1080 Bruxelles

25 septembre 2018

Rencontre avec les auteurs de la BD : Là où se termine la terre

19h Maison de l’Amérique Latine. Rue du Collège, 27 – 1050 (...)

25 septembre 2018

Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l’Habitat

19h30>00h Quai du Hainaut 29 - 1080 Bruxelles

25 septembre 2018

Conférence de Raf Kusters : chemin de fer de Benguela

19h30 Kuumba, 78 chaussée de Wavre à 1050 Bruxelles

26 septembre 2018

Rassemblement – Free Mustapha Awad !

15h Ambassade d’Israël. Avenue de l’Observatoire 40, 1180 (...)

27 septembre 2018

Littérature de l’exil : Aubert Mukendi

17h30 INZIA. 37 rue de la paix, 1050 Bruxelles

27 septembre 2018

Soirée Slam.e.s de fond : Mots en lutte

19h Cinéma Nova. Rue d’Arenberg 3, 1000 Bruxelles


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Yémen, le Guernica d’aujourd’hui

Le 26 avril 1937, un jour de marché, sur ordre du général Francisco Franco, la ville basque de Guernica a été bombardée. Ce bombardement a été effectué par les alliés du gouvernement nationaliste espagnol, la Légion Condor de la Luftwaffe nazie allemande et l’Aviazione Legionaria, l’aviation fasciste italienne. L’attaque, dont le nom de code était Opération Rügen, au cours de laquelle des centaines de personnes ont été tuées, est devenue un cri de ralliement contre le massacre brutal de civils innocents.

Cependant, 80 ans plus tard, une action encore plus criminelle est menée contre les civils yéménites, principalement par l’Arabie Saoudite, avec la complicité des USA.

La guerre civile yéménite a commencé en 2015 entre deux factions qui prétendaient représenter le gouvernement yéménite. Les soldats houthis, alliés aux forces loyales à l’ancien président Ali Abdullah Saleh (L’alliance entre Saleh et les Houthis s’est rompue le 2 décembre, suite aux négociations secrètes entre l’ex-président et les Saoudiens. Ali Abdullah Saleh vient d’être tué (le 4 décembre) lors de combats entre ses troupes et les Houthis.), se sont affrontés aux troupes du gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi. Une coalition menée par l’Arabie Saoudite a lancé des opérations militaires contre les Houthis, et les USA ont fourni un soutien logistique et militaire à cette campagne.

Les rebelles houthis représentent près d’un tiers des Yéménites et dirigeaient le pays depuis des centaines d’années. Depuis le début des hostilités, l’avancée des Houthis au sud du Yémen s’est heurtée au bombardement constant de l’Arabie saoudite et de ses alliés, entraînant une crise humanitaire dramatique. Des milliers de personnes ont été tuées, dont beaucoup de civils, et des milliers d’autres ont été forcéEs de quitter leurS foyerS et essaient désespérément de trouver de la nourriture et de l’eau potable.

L’eau contaminée, résultant d’une panne presque totale de l’assainissement, a provoqué une épidémie de choléra considérée comme la pire de l’histoire. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé plus de 815,000 cas suspects et 2156 décès. Au taux actuel d’infection, les experts estiment que le nombre de malades atteindra sept chiffres d’ici la fin de l’année. Actuellement, près de 20 millions de Yéménites - plus des deux tiers de la population - n’ont pas accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Depuis le début du conflit, les besoins de la population en matière de soins de santé d’urgence sont si grands que les services de santé sont incapables de fournir des soins médicaux de base. Lorsque les combats s’intensifiaient dans certaines régions, il n’y avait pas de services de secours officiels, de sorte que les résidents devaient déterrer eux-mêmes leurs proches des décombres des bâtiments endommagés.

Un rapport d’Amnesty International intitulé "Le Yémen : la guerre oubliée" décrit les conséquences des attaques menées par la coalition saoudienne : plus de 4600 civils tués et plus de 8000 blessés, trois millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, 18,8 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, notamment de nourriture, d’eau, d’un abri, de combustible et d’installations sanitaires et deux millions d’enfants ne sont pas scolarisés.

Le flux des armes, cependant, continue, sans relâche. "Le flux irresponsable et illégal d’armes vers les parties belligérantes au Yémen a directement contribué à la souffrance des civils à grande échelle", a déclaré James Lynch, d’Amnesty International. Alors que l’Iran continue de soutenir l’armée des Houthis, des rapports indiquent que l’Arabie saoudite va acheter pour 7 milliards de dollars d’armes aux USA.

Entretemps, les établissements de santé continuent d’être touchés par les bombes et les travailleurs de la santé et de l’aide humanitaire sont de plus en plus pris pour cible. Dans une scène digne de Guernica, Amal Sabri, un habitant de Mokha, une ville portuaire sur la côte de la mer Rouge au Yémen, a décrit un raid aérien saoudien qui a tué au moins 63 civils : "C’était quelque chose d’au-delà du jour du jugement dernier. Des cadavres et des têtes éparses, engloutis par le feu et les cendres."

Au Yémen aujourd’hui, les puissances mondiales n’ont pas encore appris la leçon de Guernica.

César Chelala
médecin argentin, consultant international en santé publique, écrivain et journaliste. Il a conduit de nombreuses missions des Nations Unies et est l’auteur d’innombrables articles.

Merci à La Gazette du citoyen
Source en ESP : la gaceta



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