Pornhub – Il est temps de mettre la clé sous la porte

Par Laila Mickelwait / The Washington Examiner

Tra­duit par TRADFEM

Traite sexuelle sur Porn­hub, un site web qui dif­fuse des vidéos por­no­gra­phiques en strea­ming

Au cours des der­niers mois, plu­sieurs cas cho­quants de traite sexuelle et de films de viols d’enfants ont fait la man­chette au sujet du réseau vidéo Porn­hub, basé à Mont­réal. Une jeune fille de 15 ans qui avait dis­pa­ru depuis un an a fina­le­ment été retrou­vée après que sa mère ait été infor­mée que sa fille figu­rait dans des vidéos sur le site — 58 vidéos de son viol et ses agres­sions sexuelles ont été repé­rées sur Porn­hub.

Son tra­fi­quant, que l’on a vu vio­ler la jeune fille sur ces vidéos, a été iden­ti­fié grâce à des images de sur­veillance prises de lui dans un maga­sin où il escor­tait sa vic­time. Il est main­te­nant accu­sé au pénal.

On a aus­si appris récem­ment que 22 femmes avaient été trom­pées et contraintes par Michael Pratt, pro­prié­taire de l’entreprise Girls­Do­Porn, à se livrer à des actes sexuels vio­lents sur des films qui ont ensuite été télé­char­gés sur Porn­hub. Ces femmes ont récem­ment pour­sui­vi Girls­Do­Porn et ont rem­por­té un pro­cès de 12,7 mil­lions de dol­lars contre cette entre­prise. Selon un acte d’accusation fédé­ral, Pratt et ses com­plices ont pro­duit de la por­no­gra­phie juvé­nile et ont fait le tra­fic d’une mineure. Pratt aurait fui les États-Unis pour la Nou­velle-Zélande et est actuel­le­ment recher­ché en ver­tu d’un man­dat fédé­ral. Mais il y a d’autres indi­vi­dus com­plices de ces crimes qui devraient éga­le­ment être recher­chés par les forces de l’ordre : ce sont le PDG Fer­ris Antoon et le direc­teur géné­ral David Tas­sillo de Mind­geek, la socié­té cana­dienne qui pos­sède le réseau Porn­hub.

En effet, Porn­hub est com­plice de la traite de ces femmes, de ces mineures et sans doute de mil­liers d’autres jeunes filles comme elles.

Laila tweet

Porn­hub engrange chaque année des mil­lions de dol­lars en reve­nus de publi­ci­té et de frais d’adhésion, au rythme de 42 mil­liards de visites et 6 mil­lions de vidéos mises en ligne par an. Pour­tant, l’entreprise ne pos­sède aucun sys­tème pour véri­fier réel­le­ment l’âge ou le consen­te­ment des per­sonnes figu­rant dans les conte­nus por­no­gra­phiques héber­gés.

En fait, tout ce qu’il faut pour affi­cher de la por­no­gra­phie en ligne sur Porn­hub est une adresse élec­tro­nique. Il n’est besoin d’aucune pièce d’identité émise par le gou­ver­ne­ment, ni même de leur fameuse coche bleue de véri­fi­ca­tion qui donne l’impression que tout est cor­rect.

Je le sais, parce que j’ai essayé.

Il m’a fal­lu moins de 10 minutes pour créer un compte d’utilisateur et mettre en ligne sur ce site une bande test vierge, qui a été mise en ligne ins­tan­ta­né­ment. J’aurais pu ensuite deve­nir « accré­di­tée par Porn­hub », en leur envoyant une simple pho­to de moi tenant un bout de papier por­tant mon nom d’utilisateur. C’est tout ce que j’avais à faire.

Il n’est donc pas sur­pre­nant que Porn­hub ait admis avoir accré­di­té la jeune fille de 15 ans vio­lée dans 58 vidéos sur leur site. En effet, le compte Twit­ter offi­ciel de Porn­hub a écrit en réponse à cette révé­la­tion que la jeune de 15 ans avait été accré­di­tée comme membre. Après avoir rapi­de­ment réa­li­sé qu’ils venaient d’admettre avoir été com­plices de sa traite, le repré­sen­tant de Porn­hub a sup­pri­mé ces tweets, mais la preuve de cet aveu existe tou­jours dans cette réponse et dans d’autres tweets.

L’un des termes les plus popu­laires sur le moteur de recherche de Porn­hub est la por­no­gra­phie de type « ado­les­cente ». Cette recherche conduit à un nombre incroyable de vidéos, mis en ligne plus rapi­de­ment que n’importe qui pour­rait les vision­ner. Beau­coup de ces films pré­sentent des filles qui ont l’air d’avoir 13 ans au mieux : des actrices por­tant des pro­thèses den­taires, des nattes ou des lulus, la poi­trine plate, pas de maquillage, le visage extrê­me­ment jeune, tenant des ours en peluche et léchant des sucettes, tout en étant péné­trées de manières agres­sives. Une recherche rapide du mot « teen » pro­duit des titres comme » Young Girl Tri­cked », « Inno­cent Brace-Faced Tiny Teen F — ed », « Tiny Petite Thai Teen », « Teen Lit­tle Girl First Time », et ain­si de suite ad nau­seam.

Porn­hub ne pos­sède aucun sys­tème pour véri­fier que les filles (et j’écris « filles » parce que ce ne sont pas des femmes) des vidéos qu’il héberge ne sont pas des enfants vic­times de la traite et vio­lées sur vidéo pour rem­plir les poches de ses cadres.

Tout cela signi­fie qu’en ce moment même, il pour­rait y avoir des cen­taines, voire des mil­liers de vidéos de vic­times mineures de la traite sexuelle sur Porn­hub. S’il peut y en avoir, je peux presque vous garan­tir qu’il y en a. Nous en avons déjà des preuves, et ce n’est que la par­tie visible de l’iceberg.

Il est temps de fer­mer le site de super-pré­da­teurs Porn­hub et de récla­mer des comptes aux méga­proxé­nètes qui se cachent der­rière.