Midi de PAC : Accueil des migrant·e·s, quand la solidarité devient un crime

20.02 2018 /
12h PAC Rue Lambert Crickx 5, 1070 Bruxelles

Midi de PAC //Accueil des migrant·e·s, quand la soli­da­ri­té devient un crime
Mar­di 20 février à 12:00 — 14:00
Mou­ve­ment Pré­sence et Action Cultu­relles
Rue Lam­bert Cri­ckx 5, 1070 Bruxelles

Pré­sence et Action Cultu­relles vous convie à son pro­chain Midi de PAC, le mar­di 20 février (12h à 14h) : « Accueil des migrant•e•s, quand la soli­da­ri­té devient un crime… »

Entre les décla­ra­tion ras­su­rante du gou­ver­ne­ment et les nom­breuses son­nettes d’alarme, que pen­ser ? Faut-il s’inquiéter pour la démo­cra­tie et le rôle de la jus­tice ? Et sur­tout com­ment y réagir ?

Quels en sont ses véri­tables objec­tifs ? Que risquent les hébergeur·eue·s si ce pro­jet de loi était voté ? Et quelle consé­quence pour les migrant·e·s ? Que signi­fie ce pro­jet de loi pour nos droits fon­da­men­taux ? Quel est le véri­table agen­da de ce pro­jet de loi alors qu’au même moment cer­tains envi­sagent de sup­pri­mer les juges d’instruction ?

Serions-nous en train d’assister à une dérive auto­ri­taire ou à une révo­lu­tion silen­cieuse qui fera flé­chir la poli­tique du Gou­ver­ne­ment ?

Intervenant·e·s :

➡ Aouas­ti Kha­lil
membre du bar­reau de Bruxelles et pré­sident de Pac Régio­nale de Bruxelles

➡ Alexis Des­waef
pré­sident de la Ligue des droits de l’Homme asbl

➡ Cora­lie Van­ker­kho­ven
Ini­tia­trice du pro­jet de pro­trait de béné­voles “Humans of Maxi­mi­lian”
(https://coralievankerkhoven.wordpress.com/humans-of-maximilian-2017-in-project/)
Refu­gees Brus­sels Wel­com — Pic­tures & Sto­ries : https://www.facebook.com/Refugees-Brussels-Welcome-Pictures-stories-1627661417488743/

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Le dimanche 21 jan­vier, plus de 2.500 per­sonnes se sont ras­sem­blées en moins de 48 heures après le lan­ce­ment de l’appel de la « Pla­te­forme citoyenne de sou­tien aux réfugié•e•s Bruxelles” pour for­mer une chaîne humaine de la gare de Bruxelles Nord au Parc Maxi­mi­lien, en signe de pro­tes­ta­tion contre une opé­ra­tion de la police fédé­rale cen­sée inter­pel­ler des migrant·e·s.

Ce soir-là, face à l’ampleur de cette mobi­li­sa­tion, l’opération de police fédé­rale échoue et, comme tous les soirs depuis le début du mois de sep­tembre, entre 150 à 200 réfugié·e·s se voient offrir l’hos­pi­ta­li­té chez des citoyen·ne·s belges.

Cette démons­tra­tion de soli­da­ri­té à l’égard des migrant·e·s force le res­pect et impres­sionne. D’autant que le mou­ve­ment des « hébergeur·euse·s » conti­nue à répondre par la soli­da­ri­té à la fer­me­té de la poli­tique du gou­ver­ne­ment fédé­ral en matière d’asile et de migra­tion. Il y a aujourd’­hui plus de 30.000 membres sur le groupe Face­book où s’organisent les héber­ge­ments et ceux-ci ont lieu à tra­vers toute la Bel­gique. Depuis sep­tembre, les citoyen·ne·s ont assu­ré près de 15.000 nui­tées à ceux et celles qui étaient sinon condamné·e·s à dor­mir dans le froid au cœur de Bruxelles.

Loin de prendre en consi­dé­ra­tion cette pro­tes­ta­tion active et réelle de ses citoyen·ne·s, le gou­ver­ne­ment per­siste et signe dans sa poli­tique raciste et inhu­maine. Rafles dans le parc, confis­ca­tion des sacs de cou­chage, des sacs à dos conte­nant toute la vie de ces réfugié·e·s ou des télé­phones por­tables, arres­ta­tions arbi­traires, autant d’actes d’intimidations, de vio­lences et de dis­cri­mi­na­tions qui vont à l’encontre du res­pect des Droits Humains et qui entachent sérieu­se­ment la démo­cra­tie belge.

Et ça conti­nue… Le secré­taire d’état Théo Fran­cken a dépo­sé un pro­jet de loi concer­nant la léga­li­sa­tion de visites domi­ci­liaires pour tra­quer les per­sonnes en situa­tion illé­gales. Non content de vio­ler les droits fon­da­men­taux des migrant·e·s qui fuient la guerre, la famine, la vio­lence et les dis­cri­mi­na­tions dans leur pays d’origine, le gou­ver­ne­ment fédé­ral s’attaque main­te­nant aux citoyen·ne·s qui s’organisent pour leur offrir le mini­mum d’humanité que les auto­ri­tés refusent de leur octroyer.

Pour bon nombre d’observateurs, dont les asso­cia­tions qui œuvrent aux côtés de ces citoyen·ne·s mais aus­si les par­tis poli­tiques de l’opposition et même cer­tains membres des par­tis de la majo­ri­té, le Gou­ver­ne­ment fédé­ral pro­jette de sacri­fier nos droits fon­da­men­taux puisqu’il per­met­trait aux forces de police d’arrêter les migrants direc­te­ment à leur rési­dence, ou dans celle d’un tiers où il y aurait des motifs rai­son­nables de pen­ser que l’étranger en situa­tion « illé­gale » se trou­ve­rait.

Ce pro­jet de loi cri­mi­na­li­se­rait encore davan­tage les per­sonnes en séjour illé­gal mais aus­si l’aide aux migrant·e·s. Le témoi­gnage d’une héber­geuse de migrant du parc Maxi­mi­lien ayant fait l’objet en octobre d’une per­qui­si­tion par sept poli­ciers en armes et sus­pec­tée de tra­fic d’être humain alors qu’elle accueillait sim­ple­ment un mineur sonne comme un aver­tis­se­ment. Une grande mani­fes­ta­tion est d’ores et déjà pré­vue le dimanche 25/02 afin de dénon­cer cette pro­po­si­tion de loi. On y attend plus de 10.000 per­sonnes.

Sans comp­ter que ce texte est éga­le­ment cri­ti­qué par la magis­tra­ture, qui y voit un risque en terme d’indépendance de la jus­tice puisqu’il ins­tru­men­ta­li­se­rait le rôle du juge d’instruction en ne lui lais­sant aucune marge d’appréciation pour en faire le bras droit de l’Office des étran­gers.

En vain, les repré­sen­tants du gou­ver­ne­ment essaient de cal­mer les esprits et affirment non sans une pointe de cynisme que ce pro­jet de loi n’aura aucune consé­quence sur l’hébergeant·e ou que sa seule ambi­tion est de pro­té­ger les per­sonnes en situa­tion illé­gale cla­ri­fiant et enca­drant les pra­tiques déjà exis­tantes de la police.

Entre les décla­ra­tion ras­su­rante du gou­ver­ne­ment et les nom­breuses son­nettes d’alarme, que pen­ser ? Faut-il s’inquiéter pour la démo­cra­tie et le rôle de la jus­tice ? Et sur­tout com­ment y réagir ? Quels en sont ses véri­tables objec­tifs ? Que risquent les hébergeur·eue·s si ce pro­jet de loi était voté ? Et quelle consé­quence pour les migrant·e·s ? Que signi­fie ce pro­jet de loi pour nos droits fon­da­men­taux ? Quel est le véri­table agen­da de ce pro­jet de loi alors qu’au même moment cer­tains envi­sagent de sup­pri­mer les juges d’instruction ?

Serions-nous en train d’assister à une dérive auto­ri­taire ou à une révo­lu­tion silen­cieuse qui fera flé­chir la poli­tique du Gou­ver­ne­ment ?


📍 : Mou­ve­ment Pré­sence et Action Cultu­relles — Rue Lam­bert Cri­ckx 5 — 1070 Bruxelles (5min. à pied de la gare de Bruxelles-Midi)
☎ : 02/545.77.68 ou par cour­riel : concetta.amella@pac‑g.be (nombre de places limi­té, pos­si­bi­li­té de sand­wich sur demande)