Bernie président ? Rencontre avec Ginger Jentzen

20.02 2020 / 19h - 21h
ULB Campus Du Solbosch - H2111 - Av. Franklin Roosevelt 50, 1050 Bruxelles
Aux USA, Ber­nie San­ders fait trem­bler l’es­ta­blish­ment capi­ta­liste autant qu’il fait rêver nombre d’A­mé­ri­cains ordi­naires.

Peut-il vaincre cet esta­blish­ment ? La pré­si­dence lui est-elle acces­sible ? Com­ment le “socia­lisme” a‑t-il pu deve­nir aus­si popu­laire aux États-Unis ? A quel point les vic­toires pour un salaire mini­mum de 15 dol­lars de l’heure ont eu une impor­tance ? Que signi­fie la “révo­lu­tion poli­tique contre la classe des mil­liar­daires” à laquelle appelle Ber­nie San­ders ?

Nous dis­cu­te­rons de tout cela et de bien d’autres choses en pré­sence de GINGER JENTZEN, acti­viste amé­ri­caine che­vron­née et mili­tante socia­liste de Min­nea­po­lis. Elle fut notam­ment l’or­ga­ni­sa­trice de la cam­pagne 15NOW à Min­nea­po­lis et a par­ti­ci­pé acti­ve­ment à la cam­pagne élec­to­rale de San­ders en 2016.

Elle sera excep­tion­nel­le­ment pré­sente en Bel­gique pour une tour­née qui l’emmènera à Anvers, Bruges, Bruxelles, Lou­vain, Liège et Mons.

— —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  —  — –

Ber­nie San­ders, futur pré­sident ?
En 2016, le séna­teur gri­son­nant et jusque-là rela­ti­ve­ment incon­nu Ber­nie San­ders est sou­dai­ne­ment deve­nu l’homme poli­tique le plus popu­laire des Etats-Unis, sans tou­te­fois par­ve­nir à deve­nir le can­di­dat du Par­ti démo­crate à la pré­si­dence. L’échec ne s’ex­plique pas par un manque de sou­tien pour ses idées : il a obte­nu une vic­toire dans 22 Etats et 12 mil­lions de voix. Mais il avait été sabo­té avec achar­ne­ment par l’es­ta­blish­ment démo­crate et les médias domi­nants pour faire gagner Hil­la­ry Clin­ton. Mani­pu­la­tion aux consé­quences dra­ma­tiques puisque les élec­teurs la consi­dé­raient pour ce qu’elle était : un pilier de l’es­ta­blish­ment poli­tique si détes­té. Trump a par­fai­te­ment joué cette carte et a réus­si ce que per­sonne n’imaginait : deve­nir pré­sident.
Ber­nie peut-il accé­der à la pré­si­dence cette année ? Il est en tout cas le meilleur can­di­dat pour empê­cher un second man­dat de Trump.

Le moment Ber­nie
Quand Trump a twee­té ‘‘San­ders le fou est pre­mier’’ [dans les can­di­dats aux pri­maires démo­crates] à la mi-jan­vier, Ber­nie a répon­du : ‘‘Ça signi­fie que tu vas perdre’’. Il y a quatre ans, Ber­nie a appe­lé à juste titre à une révo­lu­tion poli­tique contre la classe des mil­liar­daires. Aujourd’­hui, il conti­nue sur la même voie. Le sys­tème amé­ri­cain est en faillite et Ber­nie a des pro­po­si­tions inté­res­santes en faveur des inté­rêts de la popu­la­tion et non des capi­ta­listes.
Ber­nie défend qu’un autre ave­nir est pos­sible. Il appelle la classe ouvrière à s’or­ga­ni­ser. Le slo­gan de sa cam­pagne est ‘‘Pas moi. Nous’’. Il popu­la­rise des idées socia­listes et sti­mule des cam­pagnes de ter­rain en faveur d’un salaire mini­mum de 15$ de l’heure et d’un Green New Deal pour les tra­vailleurs. Plu­sieurs mil­lions de per­sonnes regardent cette cam­pagne comme un exemple de cam­pagne mili­tante, qui se reven­dique ouver­te­ment du socia­lisme et qui parle à l’esprit des vic­times du capi­ta­lisme.

Dans l’antre de la bête
La cam­pagne de Ber­nie est un sou­la­ge­ment dans le débat public. Mais sa cam­pagne com­porte aus­si des contra­dic­tions impor­tantes. Le par­ti pour lequel il veut être can­di­dat à la pré­si­dence, bien qu’il ait l’au­dience élec­to­rale la plus pro­gres­siste, est minu­tieu­se­ment contrô­lé par l’es­ta­blish­ment capi­ta­liste. Il doit créer un par­ti au sein de ce par­ti, pour ain­si dire, afin de ne pas être écra­sé par cet esta­blish­ment. Il est fort pro­bable qu’il ne rem­porte pas la bataille mal­gré le fait qu’il obtien­dra le plus de voix.
Sa cam­pagne peu-elle consti­tuer une base pour construire un par­ti socia­liste de masse aux États-Unis dans le but de ren­ver­ser le capi­ta­lisme ? Un tel pro­jet sus­ci­te­rait l’en­thou­siasme dans le monde entier.

Gin­ger Jent­zen abor­de­ra la dyna­mique de la cam­pagne de Ber­nie tout en répon­dant aux ques­tions sou­le­vées ci-des­sus, par­mi d’autres. Cette acti­viste che­vron­née a joué un rôle-clé dans la lutte pour le salaire mini­mum de 15$ de l’heure à Min­nea­po­lis. Ce sera une évé­ne­ment de dis­cus­sion fas­ci­nant au sujet de la popu­la­ri­té nou­velle des idées socia­listes en plein cœur du bas­tion du capi­ta­lisme.