Conférence-débat : “La révolte des coursiers”

24.04 2018 /
19h - ULB, Avenue Franklin Roosevelt 50, 1050 Bruxelles

Deli­ve­roo, Uber, Airbnb, les socié­tés de pla­te­forme ont fait une entrée ful­gu­rante dans nos vies quo­ti­diennes, mais, der­rière une image moderne et alter­na­tive, la réa­li­té pour les tra­vailleurs de l’économie digi­tale est bien moins enviable.

C’est contre les condi­tions de tra­vail hyper-flexibles et ultra-pré­caires que plus de 200 cour­siers Deli­ve­roo ont menés des actions pen­dant un mois en jan­vier 2018. La rai­son de leur colère, le pas­sage for­cé au sta­tut d’indépendant et au paie­ment à la course.

Beau­coup d’observateurs l’affirment, l’économie digi­tale n’est pas un simple sec­teur éco­no­mique mais un cadre nou­veau qui vient redé­fi­nir l’ensemble de l’économie tra­di­tion­nelle. Elle oblige éga­le­ment les tra­vailleurs à renou­ve­ler leur forme de résis­tance et la manière dont ils s’organisent.

À l’heure où l’enseignement est de plus en plus inéga­li­taire, de nom­breux étu­diants ont recours à des jobs pour finan­cer leurs études, cer­tains se tournent alors vers le sta­tut de faux indé­pen­dant. Ain­si, 84% des cour­siers ont entre 18 et 24 ans et presque tous sont sous contrat étu­diant.

L’économie de pla­te­forme pré­tend offrir un tra­vail faci­le­ment acces­sible et flexible à des per­sonnes à la recherche d’un com­plé­ment de reve­nu ou en phase d’insertion sur le mar­ché du tra­vail. En réa­li­té, dans le contexte de chô­mage actuel, il s’agit, pour beau­coup de tra­vailleurs de pla­te­forme, de leur seule et unique acti­vi­té de sub­sis­tance. Au lieu d’aider l’insertion des jeunes vers un emploi stable, c’est le contraire qui se pro­duit. Le tra­vail « aty­pique » vient concur­ren­cer le tra­vail for­mel et se sub­sti­tue de plus en plus au sala­riat, par­ti­cu­liè­re­ment chez les jeunes.

Au pro­gramme de la confé­rence :

Evo­lu­tion du capi­ta­lisme de pla­te­forme en Bel­gique et en Europe. Vers la pré­ca­ri­sa­tion du sala­riat ?

La lutte des cour­siers Deli­ve­roo. Pour­quoi ont-ils mené des actions pen­dant plu­sieurs semaines ? Quelle est la situa­tion actuelle des cour­siers ? Quelles sont les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par ces der­niers pour s’organiser, etc. ?

Les enjeux des luttes des tra­vailleurs et le renou­vel­le­ment des formes de résis­tance syn­di­cale dans les sec­teurs pré­caires de l’économie.

Inter­ve­nant-e‑s
 — Le Col­lec­tif des cour­siers
 — Un ex-cour­sier de Take Eat Easy,
 — Yoann Jun­gling de la FGTB Liège, auteur de « Vivre à l’ère d’Uber et d’Atlas, entre pro­grès et régres­sion »
 — L’U­nion Syn­di­cale Etu­diante
 — Les Jeunes FGTB

Où ?
 — Uni­ver­si­té Libre de Bruxelles, Audi­toire H.1302

Quand ?
 — Le mar­di 24 avril à 19H


Une confé­rence orga­ni­sée par les Jeunes FGTB dans le cadre de la cam­pagne « S’unir-lutter-gagner » avec la par­ti­ci­pa­tion du Col­lec­tif des cour­siers et de l’Union Syn­di­cale Etu­diante.