Depuis plus d’une vingtaine d’années, de plus en plus de “projets” avec / pour / par des personnes sans-papiers émergent. Associations socio-culturelles, reconnues en éducation permanente ou en cohésion sociale, des universités et hautes écoles, des festivals, des centres culturels et des bibliothèques, des collectifs d’artistes avec papiers… Que les personnes sans-papiers s’identifient artistes ou pas, ces personnes aux multiples parcours d’exils sont sollicitées pour participer, nourrir des pièces de théâtre, des documentaires, des résidences, des œuvres collaboratives, etc. Intuitivement, on peut penser que c’est inévitablement pour un mieux, que cela permet à leur combat de prendre plus de place dans le débat public. Pourtant le constat de nombreuses de personnes sans-papiers est globalement celui d’un échec. Entre récupération, promesse de visibilité, esthétique aliénante, opacité des procédés de production, instrumentalisation des vécus et solidarité de surface, la liste des écueils et des déceptions est longue.
Exil.s & Création.s, à l’initiative de personnes sans-papiers rejointes par des soutiens, de collectifs et d’institutions, tente de définir, selon les termes des exilé·es, une éthique de la relation, de la collaboration. Depuis 2019, des temps d’études ont permis aux personnes sans papiers de déterminer des recommandations et revendications face à ces divers projets : Quels récits par et pour les sans-papiers ? Quelles perspectives servent leur lutte ? Quelles sont les limites du témoignage et quelles sont les fictions possibles ? Que dire encore sur les phénomènes migratoires et leurs conséquences ? Selon quelles esthétiques, quels procédés de production et de diffusion ? Quel droit du “travail”, quelles marges de manœuvres financières pour les personnes sans papiers et quelle solidarité effective de la part des institutions et collectifs en ce sens ? …
Le samedi 6 juin 2026 de 9h30 à 18h30, aura lieu la 5ème édition publique d’ateliers collectifs de “bonnes” pratiques et de moments festifs pour interroger les rapports de pouvoir qui traversent les projets artistiques, culturels et sociaux liés à l’exil, dans un contexte belge marqué par des politiques migratoires restrictives, des mécanismes de tri administratif et des violences institutionnelles. Un espace-temps pour déplacer les regards, partager des expériences et expérimenter d’autres manières de lier exil, création et engagement.
Pourquoi venir ?
* Prendre un espace-temps pour penser autrement les narratifs d’exil et les projets socio-culturels impliquant les personnes sans papiers
* Partager des expériences et des pratiques collectives avec des personnes “concernées” par les violences institutionnelles multidirectionnelles
* Rencontrer d’autres personnes engagées, se tenir informé·es des revendications et réalités de la lutte des sans-papiers, tisser des liens entre les luttes.
Infos pratiques
Entrée libre — inscription souhaitée / non obligatoire
Inscription recommandée pour les ateliers du matin : https://kanal.brussels/fr/exils-creations-outils-de-luttes-par-les-collectifs-sans-papiers
Repas préparé par les collectifs — à partir de 7 € (option végé aussi)
Environ 20 langues parlées : Français, Wolof, Lingala, Pulaar, Arabe, Anglais, etc.
Pas d’accès PMR
Par ailleurs, une exposition « Nous ne sommes pas dangereux, nous sommes en danger » portée par La Voix des Sans-Papiers Bruxelles (VSP) en collaboration avec la Vrije Universiteit Brussel (CRiS et BIRMM) avec le soutien du Collectif Formation Société (CFS) aura lieu du 21/05 au 18/06 au KVS Box.
Pour plus d’infos : https://www.kvs.be/fr/Evenement/expo-nous-ne-sommes-pas-dangereux-nous-sommes-en-danger‑5
