Expo, films, concert au bord du canal

31.08 2018 /
19h Halle Libelco. Quai de l’Industrie 79 - 1080 Bruxelles
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week-end de PleinOPENair

Le ven­dre­di 31 aout & same­di 1 sep­tembre
Halle Libel­co.
Quai de l’Industrie 79 — 1080 Bruxelles

Tram : 82 (Tri­angle). Tram 51 et Bus 86 (Porte de Ninove)
Métro : 2,6 (Dela­croix).
Bus de nuit/Nachtbus : N13 (Liver­pool) – dir. Gare Centrale/Centraal Sta­tion (dernier/laatste > 2h36).

Au bord du canal, intri­gué, vous voyez des grues métal­liques por­tant le nom de Libel­co et reliant une halle. Il ne s’agit pas d’un ancien mar­ché cou­vert. Cet empla­ce­ment en bor­dure du canal était lié à la fonc­tion his­to­rique de sto­ckage de char­bons de la halle. Elle fut construite en 1910, période où l’activité indus­trielle bat­tait son plein dans le Vieux Molen­beek, et où le canal ser­vait prin­ci­pa­le­ment à ache­mi­ner le char­bon jusqu’à l’usine. Après la 2ème guerre mon­diale, la halle connut une seconde vie pour accueillir des maté­riaux de construc­tions. Son nom actuel vient de la der­nière socié­té l’ayant occu­pé à par­tir de 1979 : la SA Libel­co. A cette époque, les expor­ta­teurs de véhi­cules d’occasion, essen­tiel­le­ment liba­nais, arrivent en masse dans le quar­tier, en s’organisant autour de la rue Hey­vaert, laquelle relie la Porte de Ninove aux Abat­toirs d’Anderlecht. Les gara­gistes pro­fitent du départ des bou­chers et décou­peurs de viandes, suite au déclin de l’abattoir, pour s’installer dans ces grands entre­pôts et la grande halle devient un espace de tran­sit pour les voi­tures d’occasion.
Aujourd’hui, c’est une nou­velle des­ti­na­tion qui attend la halle. Avec l’aide de fonds euro­péens, la com­mune de Molen­beek l’a rache­tée dans l’objectif d’y déve­lop­per un jar­din d’hiver. Le garage doit quit­ter la halle pour la fin de cette année. Ce démé­na­ge­ment illustre un mou­ve­ment beau­coup plus vaste. Ce n’est pas un, mais bien une soixan­taine de garages, que com­munes et Région aime­raient voir par­tir vers le nord de Bruxelles, afin de « revi­ta­li­ser » ce quar­tier cen­tral entre canal et gare TGV. Si on n’y prête pas garde, le risque est bien réel d’assister plu­tôt à une dévi­ta­li­sa­tion du quar­tier, dès lors que les gara­gistes consti­tuent bien plus qu’une acti­vi­té éco­no­mique pri­vée. C’est un sys­tème com­plexe de mon­dia­li­sa­tion par le bas, com­po­sé d’un réseau en myriade assu­rant l’accueil et l’emploi de toute une popu­la­tion migrante, qui trouve là maintes res­sources maté­rielles mais aus­si humaines.

L’équipe du Nova n’a pas déci­dé de trans­for­mer la halle en “drive in” le temps d’un week-end de Plei­nO­PE­Nair, vous pour­rez y regar­der le film à côté des voi­tures, et non dans une voi­ture !

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Le ven­dre­di 31 aout à 19h & same­di 1 sep­tembre à 14h

Expo Hey­vaert : résis­tances ordi­naires d’un quar­tier popu­laire

De nom­breux quar­tiers popu­laires proches des centres villes subissent aujourd’hui des trans­for­ma­tions consé­quentes, sans que les habi­tants et usa­gers pre­miers de ces quar­tiers n’ y trouvent tou­jours leur compte. De ces quar­tiers émergent aus­si des formes de résis­tances ordi­naires, ce qui est le cas du quar­tier Hey­vaert à Cure­ghem. Ce ter­ri­toire joue depuis plu­sieurs décen­nies un rôle de terre d’accueil, tant en termes d’habitats que d’emplois, même si la vie n’y est pas tou­jours rose. Une expo réa­li­sée par le CRU, Forum Abat­toir, IEB et l’ULB, à par­tir de pho­tos et témoi­gnages d’habitants et de tra­vailleurs du quar­tier.

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Concert

Afro-Sou­kous

Le ven­dre­di 31 aout à 20h & 23h30 : Le groupe Afro-Sou­kous per­pé­tue la tra­di­tion du sou­kous et de la rum­ba congo­laise à haut niveau de transe et de bonne humeur. Lors de leurs longues nuits d’animation des bars de Maton­gé, d’Anderlecht et autres lieux inter­lopes bruxel­lois (dont le fameux Afri­ca Moto de Ton­ton Roger), ils chauffent et brouillent les pistes, les cos­tumes impec­cables contras­tant avec les murs suin­tants, fai­sant oublier aux dan­seurs et dan­seuses étour­dis de ren­trer chez eux. On ne sait plus alors si l’on est à Kin­sha­sa ou à Bruxelles, tan­dis que bat­te­rie, basse, chants et bien sûr les gui­tares, reines de la rum­ba, nous rap­pellent les grands orchestres que furent le TPKO jazz ou Zaï­ko Lan­ga Lan­ga. Avec Zico Man aux com­mandes, Afri­ca-Sou­kous enchaîne les mor­ceaux congo­lais aux durées impro­bables, d’une maî­trise effa­rante, ne lais­sant sur le côté de la piste que les plus réfrac­taires au plai­sir de la danse. Imman­quable pour ceux/celles habi­tués à par­ta­ger leurs nuits blanches avec eux, et aux chanceux(ses) qui vont les décou­vrir pour la pre­mière fois !

Le ven­dre­di 31 aout à 21h30

Film : The Blues Bro­thers
John Lan­dis, 1980, US, 35mm > video, vo ang st fr, 130′

A sa sor­tie de pri­son de Chi­ca­go, Jack Blues est emme­né par son frère, Elwood, pour rendre visite à la « pin­gouin », direc­trice stricte d’un orphe­li­nat où ils ont gran­di. Cet orphe­li­nat est voué à être démo­li par des pro­mo­teurs si les taxes de la ville ne sont pas payées en temps et en heure. Pour trou­ver les 5000 $ « hon­nê­te­ment », les fran­gins ne voient d’autre solu­tion que de refor­mer leur groupe, les « Blues Bro­thers », pour un super show, tan­dis que pas mal de monde sou­haite tom­ber sur leur pomme : la police, un groupe de coun­try, un par­ti nazi, une ancienne fian­cée de Jack, l’armée… Tous ont un œuf à peler avec ces fleg­ma­tiques croque-morts si groo­vy. Il s’agit ici d’une comé­die musi­cale bien déjan­tée avec, entre autres, James Brown en prê­cheur, Are­tha Frank­lin en tenan­cière de snack ou encore Ray Charles en mar­chand d’instruments d’occasion. Rythm’n’blues, situa­tions cocasses, courses pour­suites déli­rantes, dont une dans une gale­rie mar­chande, avec le score de plus de 100 voi­tures sinis­trées dont une lâchée depuis un héli­co­ptère. Gran­diose !


Le same­di 1er sep­tembre de 16h à 20h sous la Halle Libel­co.

Ate­lier : explo­ra­tion murale du quar­tier des garages

En 2006, le col­lec­tif “Au Quai” s’installait au bord du canal à Molen­beek. Tou­jours pré­sent aujourd’hui, il a ini­tié en 2017 la Lab­Ga­le­rie, un labo­ra­toire artis­tique à l’attention des familles du quar­tier Hey­vaert. Une gale­rie iti­né­rante urbaine, par et pour les habi­tants. Elle est déjà venue mettre sa patte sur la façade d’un des gara­gistes du quar­tier. Pour­sui­vant dans la fou­lée, la Lab­Ga­le­rie vous pro­pose cette fois-ci une inter­ven­tion artis­ti­co-ludique pour petits et grands sur l’un des murs de la halle Libel­co sur le thème du quar­tier des garages. Ren­sei­gne­ments et ins­crip­tions : pleinopenair@nova-cinema.org.

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Ate­lier séri­gra­phie

Le same­di 1er sep­tembre de 16h : C’est deve­nu un habi­tué du Plei­nO­PE­Nair. Titom et ses des­sins déca­pants nous rejoin­dra avec son ate­lier de séri­gra­phie sur T‑shirt de 16 à 20h. Ame­nez vos vieux T‑shirts pour y faire impri­mer l’un de ceux-ci, un clin d’oeil sur la ville et une autre façon de por­ter la parole des habi­tants.

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Concert à 20h

Baba Sis­so­ko. Né à Bama­ko au Mali, Baba Sis­so­ko est le maître incon­tes­té du Tama, nom­mé éga­le­ment “tam­bour par­lant”. Mul­ti-ins­tru­men­tiste au talent incon­tes­té, il joue éga­le­ment le ngo­ni, le Kamal ngo­ni, la gui­tare, le bala­fon, la cale­basse, l’Hang… et chante ! Baba aime inté­grer les mélo­dies et les rythmes de la musique tra­di­tion­nelle du Mali (Bam­ba­ra, Peul, Man­dingue et Son­ghaï) aux sono­ri­tés du jazz et du blues, créant un effet musi­cal fan­tas­tique et ori­gi­nal.
Sa capa­ci­té à jouer un large éven­tail d’instruments, la par­ti­cu­la­ri­té de sa voix chaude et douce et sa sen­si­bi­li­té extrême envers d’autres genres et d’autres expres­sions musi­cales, l’ont ame­né à col­la­bo­rer avec de nom­breux musi­ciens de renom­mée inter­na­tio­nale tels que Habib Koite, Rokia Traore, Don Moye and Art Ensemble of Chi­ca­go, Chris Joris, Aka Moon, Phi­lippe Cathe­rine, Tou­ma­ni Dia­bate, ou encore Toots Thie­le­mans.

Films à 21h

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Coco­ri­co Mon­sieur Pou­let
Jean Rouch, 1977, NE, 16mm, 93′

Dans sa 2 CV brin­gue­ba­lante nom­mée “Patience”, Lam, alias Mr Pou­let, part dans la brousse cher­cher des pou­lets pour aller ensuite les revendre à la ville de Nia­mey. Tal­lou, son appren­ti, et Damou­ré, un oppor­tu­niste, se joignent à lui pour ce voyage cen­sé durer un jour. Les trois com­parses espèrent faire des affaires juteuses. Mais les pou­lets sont introu­vables. La tra­ver­sée du fleuve Niger s’avère plus dif­fi­cile et mou­ve­men­tée que pré­vu. Les auto­ri­tés sur­veillent le trio. Et une dia­blesse ne cesse de lui jeter des sorts. La voi­ture, quant à elle, s’avère être une épave. Elle accu­mule les inci­dents et d’innombrables bri­co­lages n’y changent rien. Et il ne s’agit pas de fic­tion : pen­dant le tour­nage, la 2 CV de Lam n’avait ni freins, ni phares, ni papiers. Ses pannes conti­nuelles ont sans cesse modi­fié le scé­na­rio pré­vu par le cinéaste-eth­no­graphe Jean Rouch et ses trois amis acteurs d’un film, dépas­sant la fic­tion. Ain­si, ce qui devait être au départ un docu­men­taire sur le com­merce du pou­let est deve­nu un savou­reux périple impro­vi­sé humo­ris­tique et poé­tique, petit bijou du style Ciné­ma-véri­té.

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Kin
Ate­lier Col­lec­tif — Zoro­ba­bel, 2011, BE, 35mm, vo fr , 11′

Cette ani­ma­tion en stop-motion raconte le quo­ti­dien de Kin­sha­sa, par­mi lequel le des­tin d’une voi­ture d’occasion arri­vée de Bruxelles. Voi­tures ou per­son­nages, tout est construit de canettes ou de fils de fer,… car la débrouille est un art kinois.

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