Film : Electro Chaâbi, en présence de la réalisatrice

11.03 2015 /
20h Centre culturel Jacques Franck; Chaussée de Waterloo 95 - 1060 Bruxelles
f_electro.jpg

Elec­tro Chaâ­bi est un docu­men­taire qui suit les arti­sans d’un nou­veau son issu des quar­tiers les plus popu­laires du Caire, mélange sul­fu­reux de fête et de contes­ta­tion sociale qui enflamme la jeu­nesse égyp­tienne et a pré­cé­dé et ampli­fié le Prin­temps arabe.

Tra­vaillant sur les connec­tions entre musique et poli­tique et les formes d’art émer­geant au Moyen Orient, notam­ment pour compte de l’émission Tracks (ARTE), la jour­na­liste fran­co-tuni­sienne Hind Med­deb découvre au cours de ses péré­gri­na­tions ce mou­ve­ment artis­tique au début 2011. Né dans les bidon­villes de la méga­pole du Caire, il remixe le chaâ­bi clas­sique avec les beats élec­tro, le flow du rap, le scratch de vieux syn­thés égyp­tiens et le reg­gae­ton jamaï­cain. Camé­ra au poing, Hind Med­deb en devient une obser­va­trice pri­vi­lé­giée, ren­con­trant ses figures de proue, cap­tu­rant sa créa­ti­vi­té et son bouillon­ne­ment jubi­la­toire.

Ima­gi­née au départ pour faire dan­ser les foules, cette musique devient le porte-voix de toute une géné­ra­tion et per­son­ni­fie sa révolte. Qua­rante ans après la nais­sance du rap aux Etats-Unis, les stars de l’électro chaâ­bi renouent avec les ori­gines du hip hop : ils fabriquent une musique poli­tique et contes­ta­taire qui s’insurge contre les dis­cri­mi­na­tions et les injus­tices. Ils impro­visent des dan­ce­floors à même la pous­sière des ruelles, se débrouillent pour bri­co­ler des sound­sys­tems et trans­forment les mariages en clubs à ciel ouvert. Ils télé­chargent leurs beats élec­tro et se font connaître grâce à des vidéos fil­mées par télé­phones por­tables et balan­cées sur You­Tube.

Leurs textes dénoncent les dérives du régime, sont por­teurs de reven­di­ca­tions, mais parlent aus­si de fête et d’exultation. L’électro chaâ­bi brise les tabous, appellent à la tolé­rance, montrent les espoirs d’une jeu­nesse qui veut vivre en toute liber­té. Les auto­ri­tés sont réti­centes, mais dépas­sées. Un risque pour l’avenir du mou­ve­ment ? A moins qu’il ne suc­combe à une autre menace, celle de la mode et de la com­mer­cia­li­sa­tion…

Une pro­jec­tion en pré­sence de la réa­li­sa­trice Hind Med­deb
Repor­ter, jour­na­liste (ARTE, France Info et France Ô) et chro­ni­queuse dans la mati­nale de France Musique, Hind Med­deb n’a jamais arrê­té de voya­ger entre la France et le Magh­reb, à l’aise de part et d’autre de la Médi­ter­ra­née. Son pre­mier film de Casa au para­dis retrace le des­tin des 14 kami­kazes maro­cains qui se sont faits sau­ter à Casa­blan­ca en mai 2003.

f_electro.jpg

11 mars 2015 à 20h

Centre cultu­rel Jacques Franck — chaus­sée de Water­loo 95 — 1060 Bruxelles

infos : 02/538 15 12

www.lezarts-urbains.be