Manifestation pour la libération de Biram Dah Abeid

10.08 2018 /
11h Ambassade de Mauritanie, 6 Avenue de la Colombie à 1000 Bruxelles.

A la veille des élec­tions où il est can­di­dat, Biram Dah Abeid, le Pré­sident de l’IRA, est arrê­té. Les mili­tants de l’IRA Bel­gique mani­festent ce ven­dre­di 10 août de 11h à 13h devant l’Ambassade de Mau­ri­ta­nie, 6 Ave­nue de la Colom­bie à 1000 Bruxelles.

Le com­mu­ni­qué :

INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE

Biram Dah Abeid : le lea­der abo­li­tion­niste et can­di­dat aux élec­tions
de sep­tembre en Mau­ri­ta­nie est arrê­té

« La police vient de me réveiller pour me dire qu’ils ont reçu l’ordre d’en haut de m’arrêter et que je dois les suivre au com­mis­sa­riat. » Voi­là le der­nier mes­sage envoyé par Biram Dah Abeid, Pré­sident de l’IRA Mau­ri­ta­nie, à
ses proches ce mar­di 7 août à midi.

Depuis lors, Biram Dah Abeid est déte­nu au com­mis­sa­riat 1 de Riyadh et ses avo­cats se sont vus inter­dire l’accès à leur client. Depuis l’alliance signée entre le RAG (Par­ti Radi­cal pour une Action Glo­bale), l’aile poli­tique du mou­ve­ment abo­li­tion­niste IRA, et le Par­ti al Sawab pour les élec­tions légis­la­tives du 1er sep­tembre et les pré­si­den­tielles de 2019, le Pré­sident Abdel Aziz cherche par tous les moyens à sabor­der l’émergence d’une force poli­tique de plus en plus
impor­tante qui ras­semble les Mau­ri­ta­niens au lieu de les divi­ser.

A pre­mière vue, les pré­textes de cette arres­ta­tion sont doubles. D’abord, en tant que tête de liste RAG/Sawab aux élec­tions de sep­tembre, Biram Dah
Abeid a tenu trois réunions publiques dans les quar­tiers de Nouak­chott les 3, 4 et 5 août où il a reçu un sup­port impor­tant de mili­tants, hommes, femmes et jeunes. Biram Dah Abeid a réité­ré l’en­ga­ge­ment de la coa­li­tion contre le racisme, contre l’es­cla­va­gisme et pour l’é­di­fi­ca­tion d’un État de droit dans le pays. Il a lan­cé un appel à la jeu­nesse Hara­tin libé­rée, aux Maures en quête d’é­man­ci­pa­tion, de bien-être et de paix civile durable, et aux groupes d’a­fro-des­cen­dants mau­ri­ta­niens aspi­rants à recou­vrir une citoyen­ne­té pleine, à concou­rir d’une seule voix, à la démo­li­tion des chaînes d’es­cla­vage qui main­tiennent encore plus de 20% de Mau­ri­ta­niens au banc de l’hu­ma­ni­té.

Mais plus grave, c’était ce 7 août que la CENI (Com­mis­sion Elec­to­rale Natio­nale
Indé­pen­dante) devait remettre les actes de vali­da­tion nomi­nale des can­di­dats ins­crits sur la liste natio­nale des dépu­tés, can­di­dats aux élec­tions. Du côté du pou­voir on allègue, sans craindre d’être la risée de l’opinion inter­na­tio­nale,
que l’arrestation de Biram Dah Abeid serait due à une plainte dépo­sée par un jour­na­liste pour « injures » lors d’une inter­view. L’équipe de cam­pagne de Biram Dah Abeid a pu entrer en contact avec ce jour­na­liste qui dément caté­go­ri­que­ment ces allé­ga­tions. D’ores et déjà les avo­cats euro­péens du lea­der abo­li­tion­niste ont aler­té la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale. William Bour­don (France) et Georges Hen­ri Beau­thier (Bel­gique) déclarent que « le pou­voir mau­ri­ta­nien ne cesse de pour­suivre une poli­tique obs­ti­née de pré­da­tion des res­sources publiques et de son cor­ro­laire, la mal­trai­tance de toute voix
dis­si­dente ».

Ils sou­lignent que « plus per­sonne ne peut être dupe du cynisme avec lequel le Pré­sident Aziz a ins­tru­men­ta­li­sé la lutte contre le ter­ro­risme pour obte­nir une forme de com­plai­sance qui est deve­nue aujourd’hui un silence cou­pable. »
De son côté, la coa­li­tion RAG/Sawab a lors d’une confé­rence de presse ce 7 août dénon­cé une ten­ta­tive d’intimidation du can­di­dat Biram Dah Abeid et une manoeuvre visant à désta­bi­li­ser ses sou­tiens. Cette coa­li­tion a pré­sen­té des listes de can­di­dats dans 87 cir­cons­crip­tions com­mu­nales, 9 listes pour les conseils régio­naux et des dizaines de listes pour les légis­la­tives par­mi les­quelles la liste natio­nale emme­née par Biram Dah Abeid.

Ce 8 août, lors d’une confé­rence de presse à Nouak­chott, le vice pré­sident du Par­ti Sawab, Oumar Yal­ly, et le res­pon­sable des rela­tions exté­rieures de l’IRA, Bal­la Tou­ré, ont déplo­ré une arres­ta­tion rele­vant de l’intimidation d’un can­di­dat qui dérange le pou­voir sans élé­ments de jus­tice consis­tants.
Arrê­té à de nom­breuses reprises, Biram Dah Abeid, est de nou­veau aux mains d’un pou­voir dic­ta­to­rial qui nie l’évidence d’une socié­té qui sou­haite l’avènement d’un vivre ensemble et qui fabrique de fal­la­cieux pré­textes qui ne convain­cront per­sonne pour main­te­nir en déten­tion un mili­tant des droits civiques, par­ti­san de la non vio­lence, prix des Droits de l’Homme de l’ONU et cham­pion de la lutte contre le racisme et l’extrémisme reli­gieux en Mau­ri­ta­nie.

Toutes les sec­tions de l’IRA dans le monde et les orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales de défense des droits de l’homme sont mobi­li­sées pour exi­ger la libé­ra­tion immé­diate de Biram Dah Abeid, lea­der abo­li­tion­niste et can­di­dat à la pré­si­den­tielle de 2019.

Bruxelles, 9 août 2018
Contact : IRA Mau­ri­ta­nie Bel­gique 0478/503 727 et 0492/504 092
INITIATIVE DE RESURGENCE DU MOUVEMENT ABOLITIONNISTE EN MAURITANIE