Présentation du livre “Les féministes blanches et l’empire”

05.01 2013 /
18h30 Rue du Chevreuil 4 à 1000 Bruxelles

Ren­contre avec Félix Bog­gio Éwan­jé-Épée &Stella Maglia­ni-Bel­ka­cem autour du livre “Les fémi­nistes blanches et l’empire”

Félix Bog­gio Éwan­jé-Épée est étu­diant en phi­lo­so­phie et membre des comi­tés édi­to­riaux de Contre­Temps et de RdL, La Revue des Livres

Stel­la Maglia­ni-Bel­ka­cem tra­vaille aux édi­tions La fabrique. Ensemble, ils ont contri­bué à Contre l’arbitraire du pou­voir (2012) et ont coor­don­né Race et capi­ta­lisme (Syl­lepse, 2012)

Pré­sen­ta­tion

Depuis la loi dite « sur le voile à l’école » de réelles frac­tures sont appa­rues entre les dif­fé­rentes com­po­santes du mou­ve­ment fémi­niste pour abou­tir à des cli­vages pro­fonds en termes de mots d’ordre, d’actions et de mobi­li­sa­tions. Dans le même temps, l’offensive raciste s’est affer­mie, gref­fant à sa rhé­to­rique la ques­tion des « droits des femmes ». Il est de plus en plus cou­rant d’analyser ce virage en terme d’« ins­tru­men­ta­li­sa­tion du fémi­nisme à des fins racistes ». Ce livre entend pré­ci­sé­ment inter­ro­ger et dis­cu­ter cet énon­cé.

L’idée qu’un mou­ve­ment social, une poli­tique d’émancipation, puissent être sim­ple­ment uti­li­sés, ou récu­pé­rés par l’ordre exis­tant pour ren­for­cer son dis­cours ren­contre bien des limites. Com­ment expli­quer que la réac­tion ait pu sou­dai­ne­ment se parer de ver­tus « fémi­nistes », elle qui a tou­jours été si hos­tile aux mou­ve­ments fémi­nistes, elle qui est si prompte à défendre le patriar­cat ? Pour com­prendre ce tour­nant, il faut envi­sa­ger la chose non comme une simple « récu­pé­ra­tion » ou « ins­tru­men­ta­li­sa­tion » mais plu­tôt comme une conver­gence d’intérêt, comme une affi­ni­té entre les objec­tifs, à court ou moyen terme, de larges franges du fémi­nisme et du pou­voir raciste et impé­ria­liste, à des moments his­to­riques pré­cis.

C’est dans cette pers­pec­tive que les auteur-e‑s de ce court essai entre­prennent une généa­lo­gie des stra­té­gies fémi­nistes : non pas une his­toire détaillée, mais plu­tôt un coup de pro­jec­teur sur des situa­tions his­to­riques où la ques­tion raciale et/ou colo­niale s’est trou­vée au cœur du dis­cours des fémi­nistes. Les suf­fra­gettes et « la mis­sion civi­li­sa­trice », le fémi­nisme de la deuxième vague et, plus près de nous, l’épisode de la loi sur le voile à l’école ou encore celui de la soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, consti­tuent ces « moments » dont l’étude met à jour les logiques qui ont conduit cer­taines fémi­nistes à pro­mou­voir leurs objec­tifs aux dépens des colo­ni­sé-e‑s et des­cen­dant-e‑s de colo­ni­sé-e‑s.

Le livre pro­pose une dis­cus­sion stra­té­gique sur le fémi­nisme et le racisme, un récit des occa­sions per­dues et de cer­taines fai­blesses héri­tées que les mou­ve­ments pro­gres­sistes doivent com­prendre et dépas­ser pour inven­ter des futurs éman­ci­pa­teurs.

Same­di 5 Jan­vier 2013 de 19h00 à 22h00

Rue du Che­vreuil, 4 à 1000 Bruxelles

Info : 0476/84.19.69 et/ou info.egalite@gmail.com

Prix : 2 Euros

Ren­dez-vous au local d’ ÉGALITÉ à par­tir de 18h30.

Bonnes feuilles : http://www.egalite.be/?p=5012