projection-débat autour du film « Des terroristes à la retraite »

18.01 2012 /
20h30 Café Dolle Mol, Rue des eperonniers - 1000 Bxl
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Des “ter­ro­ristes” à la retraite

Docu­men­taire (70′)

Réa­li­sé par Mos­co Bou­cault

Pro­duc­tion : Zek

Juifs et com­mu­nistes, émi­grés en France dans les années 30, ils ont été les prin­ci­paux acteurs de la gué­rilla urbaine menée à Paris contre l’occupation alle­mande. Il y a bien­tôt vingt ans, Mos­co Bou­cault recueillait le témoi­gnage de ces anciens “ter­ro­ristes”.

Ils étaient juifs, com­mu­nistes et étran­gers. Venus de Pologne, de Rou­ma­nie, de Hon­grie et d’Arménie, ils ont immi­gré en France dans les années 30 pour échap­per aux per­sé­cu­tions raciales et poli­tiques. Pour la plu­part, ils étaient tailleurs ou four­reurs. Le pacte de non-agres­sion entre Sta­line et Hit­ler, en août 1939, les débous­sole.

Ils s’engagent mais trouvent une armée fran­çaise sans âme, en déroute. La pro­mul­ga­tion du sta­tut des juifs par Vichy les oblige à se faire enre­gis­trer au com­mis­sa­riat. Bien­tôt, ils sont inter­nés dans des camps fran­çais et emme­nés en Alle­magne. Lorsque l’Allemagne enva­hit l’URSS, en août 1941, ils retrouvent leurs repères.

À Paris, le PCF lance une gué­rilla urbaine contre l’occupant. Mais ses mili­tants fran­çais n’ont pas la culture de la clan­des­ti­ni­té. Le par­ti s’adresse alors aux mili­tants de la MOI (Main‑d’œuvre immi­grée) : le tra­vail sou­ter­rain leur est fami­lier et ils n’ont rien à perdre…

Des bombes sous la veste

Orga­ni­sés en tri­angles cloi­son­nés, les FTP-MOI (Francs-tireurs par­ti­sans de la Main‑d’œuvre immi­grée) fabriquent des bombes arti­sa­nales, puis de moins en moins arti­sa­nales. Leurs actions se mul­ti­plient et sont effi­caces : à Paris, entre mars 1942 et novembre 1943, 92 hôtels alle­mands sont atta­qués à la bombe, 33 à la gre­nade, 15 bureaux de recru­te­ment sont incen­diés, 125 camions mili­taires sont détruits, 11 traîtres sont abat­tus…

En août 1943, les FTP-MOI orga­nisent un atten­tat contre von Schaum­burg, géné­ral com­man­dant de Paris. En sep­tembre, ils exé­cutent le res­pon­sable du STO en France, Julius Rit­ter. Mais, en octobre, un de leurs res­pon­sables est arrê­té. Mis­sak Manou­chian cherche en vain à obte­nir de la direc­tion du mou­ve­ment l’autorisation de quit­ter pro­vi­soi­re­ment Paris. En novembre, la plu­part des mili­tants sont arrê­tés et exé­cu­tés. Leurs visages figu­re­ront sur la célèbre “affiche rouge” pla­car­dée sur tous les murs de Paris…

Lors de sa pre­mière dif­fu­sion, ce docu­men­taire a eu un reten­tis­se­ment consi­dé­rable, d’abord parce qu’il met­tait en avant la res­pon­sa­bi­li­té des ins­tances diri­geantes des FTP et du PCF, ensuite à cause de l’extrême huma­ni­té des témoins, fil­més en situa­tion, sur les lieux de leurs actions rejouées pour la camé­ra ou dans les ate­liers de confec­tion où ils ont conti­nué de tra­vailler.

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