Projection film : El Gort + rencontre avec Hamza Ouni

24.01 2016 /
17h Cinéma Nova. Rue D'Arenberg 3, 1000 Bruxelles

Tuni­sie : El Gort + Le bar­bier de Tunis

dimanche 24 jan­vier à 17h au Ciné­ma Nova.

Rue D’A­ren­berg 3, 1000 Bruxelles

Tour­nés l’un de 2006 à 2013 par un Tuni­sien, l’autre lors d’un voyage effec­tué en 2012 par un Belge, ces deux docu­men­taires pro­posent un regard sur la période qui a pré­cé­dé et sui­vi la “révo­lu­tion tuni­sienne” (2010 – 2011) et la chute du régime Ben Ali, avec ses espoirs et ses décep­tions. Deux films qui en disent beau­coup, cha­cun à sa manière, sur la Tuni­sie d’aujourd’hui. Et qui seront sui­vis de dis­cus­sions avec leurs réa­li­sa­teurs.

17h : El Gort d’Ham­za Ouni, 2013, TN, video, vo st fr, 87′

(Pro­jec­tion sui­vie d’une ren­contre avec Ham­za Ouni)
Fil­mé en grande par­tie dans la cabine d’un vieux camion, sur les routes des fau­bourgs de Tunis, à proxi­mi­té de la fron­tière algé­rienne, ce docu­men­taire auto-pro­duit narre le vécu de deux jeunes Tuni­siens tra­vaillant dans le trans­port et le com­merce du foin (el gort). Dans l’intimité offerte par la cabine, ce sont six années de tour­nage entre l’ère Ben Ali et la période post-révo­lu­tion qui défilent devant le pare-brise du camion. Le réa­li­sa­teur Ham­za Ouni nous emmène avec lui. Il sait de quoi il parle, il a gran­di là. Son père, à qui ce film rend hom­mage, était lui-même trans­por­teur de foin. Comme lui, les deux pro­ta­go­nistes du film sont sou­mis à l’esclavage quo­ti­dien d’une besogne épui­sante qu’ils effec­tuent par néces­si­té, n’ayant pas trou­vé d’autre bou­lot ni réus­si à quit­ter clan­des­ti­ne­ment le pays. N’omettant aucun sujet de dis­cus­sion, ils sont visi­ble­ment très à l’aise sous la camé­ra de Ham­za. Ils parlent ouver­te­ment, et avec déri­sion, du labeur et des tra­fics, des plai­sirs refou­lés et de leur ave­nir bou­ché. Le Prin­temps arabe n’est pas loin et ses signes annon­cia­teurs sont tan­gibles dans ces tranches de vie mues par une éner­gie sau­vage emplie d’amertume. Mal­gré la proxi­mi­té pal­pable du cinéaste à son sujet, le film ne sombre jamais dans le pathos. Au contraire : l’honnêteté du ton et les paroles, par­fois crues, des per­son­nages touchent.

Tarif : 3,5€ par film (2,5€ en réduc­tion) ou 5€ pour les deux films (3,5€ en réduc­tion).