Protestparade

15.11 2015 /
14h Gare du nord - 1030 Bruxelles
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Protestparade

14h Gare du nord — 1030 Bruxelles

Lut­tez pour une socié­té basée sur la soli­da­ri­té et une répar­ti­tion équi­table de la richesse. Par­ti­ci­pez et expri­mez d’une manière créa­trice votre mécon­ten­te­ment du déman­tè­le­ment social. Appor­tez aus­si votre ins­tru­ment de musique.

Pour infor­ma­tion et ins­pi­ra­tion : ptb.be/protestparade


Le PTB lance sa cam­pagne #assez et appelle à une nou­velle Pro­test­Pa­rade

Le gou­ver­ne­ment a pro­fi­té des vacances d’été pour faire pas­ser son tax shift (glis­se­ment fis­cal) anti­so­cial. A l’oc­ca­sion de Mani­Fies­ta, le PTB a lan­cé sa nou­velle cam­pagne d’automne « Il y en a assez pour tout monde ». Une invi­ta­tion à par­ti­ci­per à la résis­tance et à pro­po­ser des alter­na­tives. Dans cette inter­view à Soli­daire, Peter Mer­tens, le pré­sident du PTB, revient sur ce faux tax shift et sur cette nou­velle cam­pagne.

Cela fait main­te­nant un an que le gou­ver­ne­ment Michel-De Wever est en exer­cice. Com­ment éva­luez-vous la poli­tique de ce gou­ver­ne­ment ?

Peter Mer­tens. Ce gou­ver­ne­ment ne fait en fait rien d’autre que ce qui est fait dans le reste de l’Europe. Seule­ment, chez nous, c’est embal­lé dans un dis­cours très à droite, et il est clair que le gou­ver­ne­ment n’en est encore qu’au début du déman­tè­le­ment de la sécu­ri­té sociale. Lorsque les diri­geants du gou­ver­ne­ment affirment : « Ils sont des cen­taines de mil­liers der­rière nous », il est clair qu’ils ne parlent pas des gens, mais bien des mil­lions du lob­by des banques, du lob­by nucléaire et du lob­by du dia­mant. C’est le vrai visage der­rière le masque de ce gou­ver­ne­ment.

A la fin de l’an der­nier, la force de la résis­tance sociale a un moment fait vaciller le gou­ver­ne­ment.

Peter Mer­tens. C’est exact, et la grande ques­tion pour cet automne sera : le mou­ve­ment popu­laire est-il en état de le faire vaciller une nou­velle fois ? Après la vague d’actions de l’an der­nier, le gou­ver­ne­ment s’est effec­ti­ve­ment retrou­vé en dif­fi­cul­té. Le calme est ensuite reve­nu lorsque que le CD&V a pro­mis d’instaurer un sérieux tax shift. Nor­ma­le­ment, il s’agit d’un glis­se­ment de la pres­sion fis­cale sur les tra­vailleurs vers les riches et les grosses for­tunes. Mais tout le monde sait que ce n’est pas ce qui s’est pas­sé.

De ces 3,7 mil­liards de tax shift, 54% sont direc­te­ment por­tés par les aug­men­ta­tions de TVA et de taxes. Et à peine 8% par une taxe sur la spé­cu­la­tion. Il n’y a abso­lu­ment aucun tax shift, la pres­sion des impôts sur les tra­vailleurs a tout sim­ple­ment été aug­men­tée.

Il n’y a abso­lu­ment aucun tax shift, la pres­sion des impôts sur les tra­vailleurs a tout sim­ple­ment été aug­men­tée.

Com­ment ce mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion a‑t-il pu mettre le gou­ver­ne­ment autant sous pres­sion ?

Peter Mer­tens. Le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion a sim­ple­ment dis­po­sé de plu­sieurs atouts forts. Le plus fort d’entre eux, c’était l’énorme uni­té : entre les deux grands syn­di­cats, entre le Nord et le Sud du pays, entre les dif­fé­rents sec­teurs. Le mou­ve­ment était en outre éga­le­ment com­po­sé d’initiatives citoyennes comme Hart boven Hard, du mou­ve­ment pour le cli­mat, du mou­ve­ment étu­diant… Ils ont for­te­ment élar­gi la base et ouvert le mou­ve­ment vers d’autres thèmes, comme l’enseignement, la diver­si­té et le cli­mat.

La résis­tance sociale a réus­si à ame­ner dans la rue des gens très divers, tant à la grande mani­fes­ta­tion de 120 000 per­sonnes, le 6 novembre, qu’à la Grande Parade, le 29 mars, alors même qu’il pleu­vait à verse.

Tous ces points forts de la résis­tance sociale, on espère qu’ils seront à nou­veau pré­sents si une nou­velle vague de pro­tes­ta­tion s’organise contre les nou­velles mesures. Ce dont nous par­lons, c’est de la mise sur pied d’un contre-pou­voir.

Même si c’est bien sûr dif­fi­cile, car nous lut­tons contre un adver­saire qui dis­pose de bien plus d’argent, de bien plus de groupes de médias et, au bout du compte, du pou­voir.

Et c’est un adver­saire qui va dans le même sens que la vague qui déferle sur toute l’Europe.

Peter Mer­tens. Dans toute l’Europe, l’élite veut faire en sorte que les gens adhèrent à son idée – fausse – qu’il faut déman­te­ler la pro­tec­tion sociale pour aug­men­ter la com­pé­ti­ti­vi­té et relan­cer l’économie. Depuis la crise de Leh­man Bro­thers en 2008, cela fait sept ans que l’on fait des éco­no­mies de manière obses­sion­nelle, et l’économie ne redé­marre abso­lu­ment pas.

La seule chose qui se passe, c’est que l’austérité conti­nue un trans­fert gigan­tesque des tra­vailleurs vers le monde du capi­tal, un trans­fert depuis les gens qui tra­vaillent et trans­pirent pour vivre vers ceux qui vivent de leurs rentes. C’est ce qui se passe déjà depuis sept ans en Europe et aux Etats-Unis.

L’an der­nier, le PTB a aus­si vu ses pre­miers dépu­tés entrer dans les Par­le­ments. Quel a été le rôle du par­ti dans cette résis­tance sociale ?

Peter Mer­tens. Le PTB a la construc­tion d’un contre-pou­voir, une force d’opposition, dans son ADN. Je l’ai très for­te­ment consta­té durant les jour­nées d’action de l’automne chaud de 2014. Beau­coup de gens du PTB sont actifs dans un syn­di­cat, dans le mou­ve­ment citoyen. Les membres du PTB sont très conscients du fait que tous les droits sociaux dans notre pays – comme les congés payés, la jour­née de huit heures, le droit de vote, la sécu­ri­té sociale… – ont été arra­chés par des actions de masse. Ils sont donc de toute façon prêts à construire une force d’opposition. Ils apportent de la soupe aux piquets, les méde­cins de Méde­cine pour le Peuple sont à l’écoute, les jour­na­listes de Soli­daire montrent l’autre côté de l’info… Notre par­ti est construit sur cela. Nous avons donc essayé de ren­for­cer ce mou­ve­ment, et je pense que c’est appré­cié.

Ce qui est bien sûr nou­veau, c’est que nous sommes un méga­phone pour le mou­ve­ment au Par­le­ment. Des per­sonnes des syn­di­cats et du mou­ve­ment citoyen s’adressent à nous pour inter­ve­nir au Par­le­ment ou pour faire pas­ser de l’information qui, autre­ment, res­te­rait der­rière des portes closes.

Le fait que Raoul Hede­bouw et Mar­co Van Hees soient main­te­nant dépu­tés fédé­raux PTB est impor­tant pour nous, en tant que par­ti, pour être plus visibles. Les grands médias ont pour règle que l’on n’existe en tant que par­ti que lorsque celui-ci est repré­sen­té au Par­le­ment. Une règle très étrange, cer­tai­ne­ment lorsqu’elle vient s’ajouter au gigan­tesque seuil élec­to­ral qui n’existe pas dans la plu­part des pays. Je veux une fois de plus rap­pe­ler qu’avec, par exemple, le sys­tème élec­to­ral néer­lan­dais, nous aurions eu six à huit sièges au Par­le­ment fédé­ral.

A Mani­Fies­ta, le PTB lance sa cam­pagne d’automne « Il y en a assez pour tout monde ». Pou­vez-vous résu­mer de quoi il s’agit ?

Peter Mer­tens. L’an pas­sé, nous avons lan­cé la cam­pagne #laré­sis­tan­ce­so­ciale, avec le cac­tus sym­bo­li­sant le « Pas touche à notre pro­tec­tion sociale ». Cela a été un automne de résis­tance pour repous­ser les attaques du gou­ver­ne­ment. Main­te­nant, nous devons aller une étape plus loin : non pas seule­ment contri­buer à ren­for­cer la résis­tance sociale, mais aus­si pro­po­ser des solu­tions. A l’encontre du disque usé des diri­geants qui répètent que « tout le monde doit se res­treindre », nous, nous disons très fer­me­ment : « Il y en a assez pour tout le monde ».
Dans quels domaines y en a‑t-il assez pour tout le monde ?

Peter Mer­tens. La pre­mière signi­fi­ca­tion est bien sûr fis­cale : il faut orga­ni­ser la fis­ca­li­té d’une manière équi­table. Non à cet actuel tax shift, vive la taxe des mil­lion­naires. Cette reven­di­ca­tion per­siste plus que jamais, car il y a suf­fi­sam­ment de richesse dans notre pays pour don­ner une juste par­tie du gâteau à ceux qui pro­duisent cette richesse – les tra­vailleurs.

On peut alors faire en sorte que les gens aient une pen­sion décente et qu’on ne les oblige pas à tra­vailler encore plus long­temps. On peut alors aus­si faire en sorte que la plus grande pau­vre­té dis­pa­raisse de ce pays. Qu’il n’y ait plus d’enfant qui doive aller à l’école avec une boîte à tar­tines vide. Et alors, on peut éga­le­ment inves­tir dans un renou­veau social et éco­lo­gique. C’est pour­quoi cette taxe des mil­lion­naires est tel­le­ment néces­saire.

Une deuxième reven­di­ca­tion impor­tante est qu’il y ait aus­si assez de tra­vail pour don­ner à cha­cun un emploi stable. La deuxième révo­lu­tion tech­no­lo­gique, celle du numé­rique, que nous connais­sons main­te­nant coûte en effet énor­mé­ment d’emplois. Si nous n’organisons pas le tra­vail de manière radi­ca­le­ment dif­fé­rente et que nous ne le redis­tri­buons pas, nous chas­sons des masses de jeunes de la socié­té. La solu­tion à cela, c’est : redis­tri­buer le tra­vail exis­tant. Il y a cent ans était ins­tau­rée la jour­née de tra­vail de 8 heures. Nous vou­lons mettre le débat sur la semaine de 30 heures à l’agenda.

Troi­siè­me­ment. Lorsque nous disons qu’ « il y en a assez pour tout le monde », nous par­lons bien évi­dem­ment aus­si de la pla­nète. Nous sommes la der­nière géné­ra­tion à pou­voir encore entre­prendre quelque chose pour que la tem­pé­ra­ture moyenne mon­diale n’augmente pas au-des­sus des deux degrés Cel­sius. Ce dont nous avons besoin au som­met sur le cli­mat à Paris, ce ne sont pas des enga­ge­ments à faire des efforts, mais de vrais accords sur la réduc­tion des émis­sions.

le 15 novembre, nous ferons, comme l’an der­nier, une parade. Une parade « Il y en a assez pour tout le monde ».
Quels sont les pro­chains ren­dez-vous impor­tants pour cette cam­pagne d’automne ?

Peter Mer­tens. Le pre­mier est le 28 sep­tembre, date à laquelle Hart boven Hard pré­sen­te­ra sa Décla­ra­tion de sep­tembre alter­na­tive, un an après la créa­tion de cet impres­sion­nant mou­ve­ment citoyen. Nous sou­te­nons cette ini­tia­tive.

Le deuxième est la grande mani­fes­ta­tion syn­di­cale, le 7 octobre. Nous sou­te­nons la mobi­li­sa­tion des syn­di­cats et de Hart boven Hard-Tout Autre Chose pour don­ner à nou­veau un signal fort un an après la pres­ta­tion de ser­ment de ce gou­ver­ne­ment de droite et d’austérité.

Et, le 15 novembre, nous ferons, comme l’an der­nier, une parade. Une parade « Il y en a assez pour tout le monde ».

En tant que par­ti poli­tique, pour­quoi des­cendre à nou­veau dans la rue ?

Peter Mer­tens. Pour nous, c’est un signal pour sou­li­gner que le mou­ve­ment ne s’arrête pas après la mani­fes­ta­tion du 7 octobre. L’an pas­sé, avec notre Pro­test­pa­rade du 19 octobre, nous avons contri­bué à lan­cer la pro­tes­ta­tion contre le gou­ver­ne­ment. Aujourd’hui, nous vou­lons don­ner une pers­pec­tive après la grande mani­fes­ta­tion.

Le PTB lance immé­dia­te­ment une deuxième cam­pagne à Mani­Fies­ta. Cette fois, elle concerne le cli­mat, à la veille du som­met sur le cli­mat qui se tien­dra à Paris en décembre. La cam­pagne est inti­tu­lée « Red is the new green », le rouge est le nou­veau vert. N’est-ce pas quelque peu pro­vo­cant ?

Peter Mer­tens. C’est un titre qui pro­voque le débat, ce qui est néces­saire. Aujourd’hui, per­sonne ne peut plus nier la pro­blé­ma­tique du cli­mat. Nous assis­tons déjà main­te­nant à des inon­da­tions et à des séche­resses sans pré­cé­dent, à des tem­pêtes et oura­gans bien plus ter­ribles et à des hivers plus rigou­reux. Si nous dépas­sons cette limite des deux degrés de tem­pé­ra­ture, ce sera encore bien plus grave. Cela mène­ra à des catas­trophes et à des exodes mas­sifs de nou­veaux réfu­giés qui fui­ront ces inon­da­tions et ces séche­resses. Main­te­nant, nous pou­vons encore y faire quelque chose.

Pour pou­voir don­ner un ave­nir à ce rouge-gorge, nous devons oser abor­der la ques­tion d’un chan­ge­ment de sys­tème.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de jeter quelques gouttes d’eau pour éteindre un incen­die, mais de chan­ger la manière de pro­duire pour qu’elle devienne propre et neutre en CO2. C’est un objec­tif ambi­tieux qui exige des inter­ven­tions macro-éco­no­miques, comme la socia­li­sa­tion de la pro­duc­tion de l’énergie et une manière plus ration­nelle de gérer l’agriculture et la dis­tri­bu­tion ali­men­taire. C’est pour­quoi nous disons : pour défendre un ave­nir vert, il faut aus­si un autre sys­tème éco­no­mique. C’est le mes­sage der­rière « Red is the new green ». Nous avons cou­plé cela à un mes­sage posi­tif : « Change the sys­tem to save the pla­net », chan­ger le sys­tème pour sau­ver la pla­nète.

Le sym­bole de la cam­pagne est un rouge-gorge…

Peter­Mer­tens. Le rouge-gorge est un petit oiseau au plas­tron rouge : il a le cœur à la bonne place, avec la bonne cou­leur et il est très popu­laire. Pour pou­voir don­ner un ave­nir à ce rouge-gorge, nous devons oser abor­der la ques­tion d’un chan­ge­ment de sys­tème. Et, par là, nous contri­buons à notre manière à la dis­cus­sion qui pré­cède le som­met cli­ma­tique de Paris.
A pro­pos de réfu­giés : à en croire des poli­ti­ciens comme la pré­si­dente de l’Open Vld Gwen­do­lyn Rut­ten, la ministre N‑VA Lies­beth Homans et le pré­sident de la N‑VA Bart De Wever, ceux-ci consti­tue­raient une menace pour la sécu­ri­té sociale.

Peter Mer­tens. (Aga­cé) Le gou­ver­ne­ment le dit lui-même : si nous accor­dons le reve­nu d’intégration aux réfu­giés qui rentrent dans les cri­tères de ce sta­tut, cela va coû­ter 120 mil­lions d’euros. Cela, c’est sur un bud­get total de la sécu­ri­té sociale de 80 mil­liards. Or il faut savoir que le gou­ver­ne­ment a lui-même déjà enle­vé, rien que cet été, deux mil­liards d’euros de la caisse de la sécu­ri­té sociale en rédui­sant les charges patro­nales. Cela me dérange ter­ri­ble­ment que ce gou­ver­ne­ment, qui est en train de saper et évi­der la sécu­ri­té sociale, pré­tende que des gens qui fuient la guerre et la misère consti­tuent la plus grande menace pour la sécu­ri­té sociale. C’est reje­ter la res­pon­sa­bi­li­té sur les gens qui sont les plus vul­né­rables.

La sécu­ri­té sociale n’est pas pillée par les réfu­giés, mais par ce gou­ver­ne­ment, il faut que ce soit très clair.

La sécu­ri­té sociale n’est pas pillée par les réfu­giés, mais par ce gou­ver­ne­ment, il faut que ce soit très clair. Je com­prends la peur des gens qui ont déjà des dif­fi­cul­tés dans notre socié­té et sont sur une liste d’attente pour un loge­ment social. Actuel­le­ment à Anvers, déjà un enfant sur quatre gran­dit dans la pau­vre­té. Mais nous devons pou­voir offrir un ave­nir en éli­mi­nant la pau­vre­té de notre pays – cela coûte 1,5 mil­liard, ce qui est tout à fait fai­sable – et, en même temps, endos­ser notre devoir envers les réfu­giés dans le cadre de la Conven­tion de Genève. Nous devons abso­lu­ment com­bi­ner les deux.

Et ne vous y trom­pez pas : ceux qui aujourd’hui clament haut et fort que c’est l’un OU l’autre, ne veulent en fait NI l’un NI l’autre. Il est tota­le­ment faux de croire qu’ils refusent d’octroyer leurs droits aux réfu­giés pour ensuite résoudre le pro­blème des loge­ments sociaux.

Quand on com­mence à déshu­ma­ni­ser l’autre, on crée une socié­té à deux vitesses. Et, ce qui aujourd’hui peut être appli­qué aux réfu­giés, comme des sta­tuts spé­ciaux, sera dans cinq ans uti­li­sé contre les gens qui d’une manière ou d’une autre se retrouvent exclus du sys­tème dans notre pays. Et ça, vous pou­vez être abso­lu­ment cer­tain de ce que je dis, haut et fort, aujourd’hui, le 8 sep­tembre 2015.

On ne peut évi­dem­ment pas consi­dé­rer le pro­blème des réfu­giés indé­pen­dam­ment de la ques­tion de la guerre.

Peter Mer­tens. En 2011, le PTB était le seul par­ti qui était contre l’intervention en Libye. J’avais alors écrit une carte blanche dans De Stan­daard où j’expliquais que l’intervention mène­rait à la désta­bi­li­sa­tion de la région, et à l’essor de tous les dji­ha­distes-sala­fistes. Jamais nulle part, une inter­ven­tion mili­taire de l’Otan n’a encore amé­lio­ré la situa­tion. Au bout du compte, notre posi­tion s’est avé­rée juste : cette inter­ven­tion a contri­bué à désta­bi­li­ser toute une région.

Si on fait le bilan de toutes ces guerres d’intervention en Afgha­nis­tan, en Irak, en Libye, et qu’on pose la ques­tion : avons-nous sta­bi­li­sé ou désta­bi­li­sé la situa­tion ? La réponse est claire comme de l’eau de source : désta­bi­li­sé. Et cela a cau­sé des afflux mas­sifs de réfu­giés.

Nous vou­lons évi­dem­ment un accueil humain pour les réfu­giés, mais il faut aus­si une fin à la poli­tique de guerre inter­ven­tion­niste qui ne fait que gros­sir la vague des gens qui fuient.

L’Otan vient mettre le feu, et ensuite les déten­teurs du pou­voir uti­lisent la crise des réfu­giés pour s’attaquer aux acquis sociaux de toute la classe des tra­vailleurs. Et ils uti­lisent les réfu­giés pour reje­ter sur eux la res­pon­sa­bi­li­té de la casse sociale. Tous les jours, les jour­naux ne parlent que des réfu­giés, afin que tout le monde prenne peur et que per­sonne ne pense encore aux mesures d’austérité et à l’augmentation du prix de l’électricité. Nous ne devons pas subir cette volon­té des plus puis­sants de manière rési­gnée. Nous ne devons pas les lais­ser nous mon­ter les uns contre les autres. Ensemble, nous pou­vons agir et appor­ter du chan­ge­ment.