Réunion de mobilisation pour le statut d’artiste

18.02 2012 /
14h ULB- Auditoire Paul-Emile Janson 48, Avenue Franklin Roosevelt 1050 Bxl

Appel aux artistes, aux créa­teurs et aux tech­ni­ciens !

Une vaste réunion d’in­for­ma­tion (pour ceux qui ne sont pas encore tou­chés), de mobi­li­sa­tion et de réflexion sur les atteintes actuelles à la pro­tec­tion sociale des artistes et des tech­ni­ciens. Elle concerne tous les métiers de la créa­tion ; du spec­tacle, des arts plas­tiques, de la musique, du ciné­ma, de la danse, de la lit­té­ra­ture, de l’i­mage et du son. On y évo­que­ra la mise en œuvre d’une fédé­ra­tion. Une chambre repré­sen­ta­tive des­ti­née à per­mettre aux pro­fes­sion­nels de l’Art et de la Culture de faire valoir la spé­ci­fi­ci­té de leurs métiers.

Bref rap­pel de la situa­tion

Vous le savez peut-être, le sys­tème par­ti­cu­lier de pro­tec­tion sociale des artistes et des tech­ni­ciens adap­té au carac­tère inter­mit­tent de leur acti­vi­té (rému­né­rée), est mis à mal depuis l’automne der­nier.

En effet, l’ONEM a impo­sé une nou­velle lec­ture des textes défi­nis­sant les condi­tions d’accès à cette pro­tec­tion sociale spé­ci­fique. De fait, cette lec­ture beau­coup plus res­tric­tive exclut un grand nombre de pra­tiques artis­tiques recon­nues jusqu’à ce jour et qui com­posent la richesse du pay­sage cultu­rel que vous connais­sez.

Bien que le chan­ge­ment de poli­tique au sein de l’ONEM se carac­té­rise par un manque total de trans­pa­rence et des appli­ca­tions contra­dic­toires d’un bureau à l’autre, les consé­quences sont bien réelles et ne se font plus attendre : divi­sions arbi­traires entre « artistes créa­teurs » et « artistes inter­prètes » ; exclu­sions de toute pro­tec­tion sociale spé­ci­fique pour les « artistes créa­teurs » à moins qu’ils ne soient liés au monde du spec­tacle ; refus de recon­naître la nature inter­mit­tente du tra­vail des tech­ni­ciens du spec­tacle ; mépris pour le tra­vail d’enseignement artis­tique ; mises en place de for­ma­li­tés admi­nis­tra­tives nou­velles qui rendent plus dif­fi­cile la valo­ri­sa­tion de pres­ta­tions à l’étranger…

L’horizon de ces réformes est clair : la pré­ca­ri­sa­tion orga­ni­sée des pro­fes­sions artis­tiques ne peut mener qu’à la réduc­tion de l’activité créa­tive et à son ali­gne­ment sur une norme mar­chande.

Face à cette attaque en règle de la richesse cultu­relle de notre pays, et contre la divi­sion qu’essaie d’instaurer l’ONEM (entre « tra­vailleurs » et « artistes », et au sein des artistes entre eux), nous devons nous unir pour réagir !

Enga­ge­ment citoyen

Qu’elle soit por­tée par des ques­tions esthé­tiques ou cri­tiques, la culture est une expres­sion publique. Et c’est donc une res­pon­sa­bi­li­té citoyenne, pour cer­tains affir­mée, pour d’autres impli­cite, qui donne à l’artiste une place inalié­nable au cœur de nos socié­tés.

Bien­tôt une fédé­ra­tion pour les artistes ?

Si l’on sou­haite main­te­nir la vigueur de la créa­tion dans notre pays et prendre en compte son impor­tance dans le déve­lop­pe­ment éco­no­mique et socié­tal, il est temps de réagir et d’obtenir qu’une réflexion soit menée pour confir­mer les dis­po­si­tifs qui per­mettent aux artistes et aux tech­ni­ciens pro­fes­sion­nels de tra­vailler dans de bonnes condi­tions.

Il est désor­mais néces­saire de sol­li­ci­ter les pou­voirs publics afin que soit éla­bo­ré un socle qui per­mette aux artistes et aux tech­ni­ciens de béné­fi­cier d’une pro­tec­tion sociale garan­tis­sant que la sin­gu­la­ri­té de leurs pro­fes­sions soit recon­nue.

Il est essen­tiel de démon­trer une capa­ci­té de mobi­li­sa­tion du sec­teur à un endroit qui dépasse lar­ge­ment celui d’une contes­ta­tion éphé­mère. Ce qui est évo­qué ici, c’est la créa­tion d’une large fédé­ra­tion ou d’une chambre repré­sen­ta­tive ren­con­trant les pro­blé­ma­tiques que connaissent les artistes et les tech­ni­ciens. Un pro­jet démo­cra­tique et citoyen qui ne porte aucune vel­léi­té de se sub­sti­tuer à l’action des syn­di­cats ou d’autres orga­ni­sa­tions qui repré­sentent déjà cer­tains champs par­ti­cu­liers.

Notre sec­teur d’activité est le seul qui ne béné­fi­cie pas d’une repré­sen­ta­ti­vi­té uni­taire. Ce pro­jet est à construire ensemble, dans un esprit fédé­ra­teur et citoyen.

C’est pour­quoi nous vous invi­tons à par­ti­ci­per à cette vaste réunion de mobi­li­sa­tion !!!

Ini­tia­tive

1. Artist Pro­ject

Res­pon­sable du déve­lop­pe­ment au sein d’Ar­tist Project/iles asbl, j’ai été natu­rel­le­ment sen­sible à la pro­blé­ma­tique que ren­contre, depuis quelques temps, le sec­teur.

Artist Pro­ject est une pla­te­forme trans­dis­ci­pli­naire d’ac­com­pa­gne­ment aux artistes. Il s’a­git d’une asso­cia­tion dont la voca­tion pre­mière est d’ai­der les artistes à déve­lop­per leurs pro­jets, accroître leurs réseaux et mul­ti­plier leurs sources de finan­ce­ments. Nous rem­plis­sons éga­le­ment une mis­sion d’in­for­ma­tion. Enfin, nous sommes voués à rele­ver des pro­blé­ma­tiques afin de les tra­duire en dis­po­si­tifs et pro­po­si­tions. Nous avions orga­ni­sé une séance d’in­for­ma­tion en novembre der­nier (en par­te­na­riat avec la SOFAM), afin de sen­si­bi­li­ser les artistes aux ques­tions que sou­lèvent les nou­velles inter­pré­ta­tions de l’O­NEM. C’est dans ce cadre, autour de nom­breuses ren­contres, d’é­changes avec les artistes, des repré­sen­tants des syn­di­cats, des pou­voirs publics et d’autres opé­ra­teurs, que nous avons mené une réflexion sur les solu­tions à appor­ter pour sor­tir les artistes et les tech­ni­ciens de la fra­gi­li­té dans laquelle ils se retrouvent plon­gés. Il n’est tou­te­fois pas ques­tion qu’Ar­tist Pro­ject exerce un quel­conque contrôle sur le deve­nir d’une fédé­ra­tion, ni n’en assume la charge. Une fédé­ra­tion n’a de sens que si elle est l’expression directe de ceux qui la consti­tuent.

Gaë­tan Van­de­plas

2. Les groupes

Depuis plu­sieurs semaines, des artistes ont com­men­cé à se mobi­li­ser. Groupes de réflexions et ini­tia­tives per­son­nelles com­mencent à se mul­ti­plier.
L’un de ces ras­sem­ble­ments a été à l’o­ri­gine d’une action col­lec­tive de sen­si­bi­li­sa­tion réa­li­sée lors de la céré­mo­nie des Magritte.

Un groupe d’ar­tistes, ouvert, s’emploie actuel­le­ment à mettre en place la jour­née du 18 février.

3. Accom­pa­gne­ment

Pro­fes­seur de droit à l’Université libre de Bruxelles, direc­teur du Centre de Recherche et Pros­pec­tive en droit social, André Nayer porte un inté­rêt pour le pro­jet de fédé­ra­tion.

Il dis­pose d’une exper­tise pro­fonde dans l’étude de l’intermittence des artistes face au tra­vail. André Nayer est dis­po­sé à par­ta­ger ses com­pé­tences dans l’ac­com­pa­gne­ment de nos tra­vaux.

D’autres juristes et membres de la com­mu­nau­té scien­ti­fique sont éga­le­ment sen­sibles à cette action.

Infor­ma­tions pra­tiques :

Contact : culture18.02@gmail.com

Date : le same­di 18 février 2012 à 14h00

Lieu : Uni­ver­si­té Libre de Bruxelles (ULB)

Audi­toire Paul-Emile Jan­son

48, Ave­nue Frank­lin Roo­se­velt

1050 Bruxelles

Accès : Tram­way 25, 94 // Bus 71, 72

Par train : gare du midi, métro jusqu’à Louise, ensuite tram 94