Toutes devant chez Francken

04.02 2016 /
16h30 - rue de la Loi 18, 1000 Bruxelles
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“Mr. Fran­cken le sexisme n’est pas un pro­blème étran­ger, le fémi­nisme n’est pas une valeur occi­den­tale. Ce sont vos poli­tiques racistes et celles de votre gou­ver­ne­ment aus­té­ri­taire qui oppriment les femmes”

Nous ne lais­se­rons pas Fran­cken et toutes et tous les autres racistes usur­per les valeurs fémi­nistes pour ali­men­ter leurs poli­tiques néo­co­lo­niales.

Nous nous réunis­sons ce 4 février devant le Minis­tère de l’Im­mi­gra­tion pour dénon­cer plus par­ti­cu­liè­re­ment les pro­pos de Théo Fran­ken, qui pro­fite de la sur-média­ti­sa­tion des évé­ne­ments de viols qui se sont dérou­lés à Cologne la nuit du 31 décembre, pour pro­po­ser l’ins­tau­ra­tion de cours de « res­pect de la femme » pour les réfu­giés.

Le viol est un phé­no­mène social grave qui est bien trop sou­vent sous-esti­mé ou bana­li­sé. En Bel­gique, ce ne sont pas moins de 3000 viols qui sont enre­gis­trés chaque année. Cela équi­vaut à 8 viols par jour. Sans comp­ter que beau­coup de vic­times ne portent pas plainte. Ce phé­no­mène est une des consé­quences les plus graves d’une socié­té domi­née par les hommes, dans laquelle la femme est sou­vent réduite à un rôle de repro­duc­trice et d’objet sexuel, consi­dé­rée comme devant satis­faire les dési­rs de l’homme. Loin du cli­ché du vio­leur en puis­sance qui se bala­de­rait dans les rues le soir à l’affût d’une vic­time poten­tielle, rap­pe­lons que les vio­lences sexuelles ont lieu dans plus de 98% des cas par des hommes proches de la vic­time (conjoint : 48%, membre de la famille, connais­sance ou per­sonne liée au tra­vail).

Les études fai­sant état de cette réa­li­té ne manquent pas et les nombres de plaintes dépo­sées tous les jours sont nom­breuses. Mais Mr Théo Fran­ken et bien d’autres ne s’y inté­ressent que lorsqu’un cas par­mi les mil­liers recen­sés chaque année est sus­cep­tible de ser­vir leur dis­cours xéno­phobe. Seule­ment si l’au­teur des faits est d’o­ri­gine étran­gère ou musul­mane. Lar­ge­ment aidés par les médias, les racistes de tous bords ont pro­fi­té des évé­ne­ments sur­ve­nus à Cologne le soir du 31 décembre pour ali­men­ter un cli­mat de peur et de divi­sion visant à la poli­tique du bouc émis­saire pour nous éloi­gner des vraies causes de l’aug­men­ta­tion de la pré­ca­ri­té sociale.

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Ce dont on est sûres c’est que deux per­sonnes ont por­té plainte pour viol à Cologne ce soir-là et que des cen­taines d’autres femmes ont été agres­sées. Ce n’est pour­tant pas un évè­ne­ment iso­lé. Que ce soit en Alle­magne ou ailleurs, des abus sexuels se pro­duisent mal­heu­reu­se­ment trop sou­vent lors de fêtes bien alcoo­li­sées. Chaque année, à la fête de la bière à Munich, au moins une plainte pour viol est enre­gis­trée chaque jour dans l’en­ceinte de l’Ok­to­ber­fest. Les viols sont nom­breux lors des bap­têmes et autres fêtes estu­dian­tines, les auteurs des faits pro­fi­tant de la vul­né­ra­bi­li­té de leur vic­time en état d’é­brié­té. Il n’existe pas de chiffres fai­sant état de cette réa­li­té en Bel­gique mais si l’on prend l’exemple des États-Unis, des études estiment qu’une fille sur 5 est vic­time d’a­gres­sion sexuelle sur les cam­pus uni­ver­si­taires. Est-ce que notre gou­ver­ne­ment va, par consé­quent, mettre en place des cours de « res­pect de la femme » à des­ti­na­tion des étu­diants ?

Les viols et autres agres­sions faites aux femmes concernent tous les milieux sociaux et cultu­rels. Le sexisme n’est pas l’a­pa­nage des migrants ou des musul­mans comme on le laisse trop sou­vent entendre sous cou­vert de l’é­ga­li­té homme-femme. Il suf­fit pour s’en convaincre de regar­der com­ment notre socié­té capi­ta­liste met en vente le corps des femmes : publi­ci­té, salon de l’au­to, etc.

Nous vou­drions don­ner un petit cours de res­pect des femmes à Mr Fran­cken et à son gou­ver­ne­ment en leur expli­quant que ce sont leurs poli­tiques qui oppriment les femmes. Fran­ken n’a vrai­ment aucune leçon à don­ner quand on sait que ces poli­tiques de res­tric­tions au droit d’é­ta­blis­se­ment en Bel­gique tuent les pos­si­bi­li­tés d’é­man­ci­pa­tion de mil­liers de femmes qui se voient contraintes de sur­vivre dans la clan­des­ti­ni­té, pous­sées vers des bou­lots au noir extrê­me­ment pré­caires et dont cer­taines se retrouvent par­fois pié­gées par des réseaux de pros­ti­tu­tion et de traite des êtres humains !

Quant au gou­ver­ne­ment dans son ensemble, ses poli­tiques d’aus­té­ri­té mènent, elles aus­si, à l’effondrement des droits des femmes en les plon­geant dans la pré­ca­ri­té. Beau­coup de femmes sans emploi ont vu leurs allo­ca­tions bais­ser et cer­taines se sont vues tout bon­ne­ment exclues de leurs droits aux allo­ca­tions de chô­mage. Les femmes sont mises sous pres­sion sur le mar­ché de l’emploi alors que l’on sait qu’il n’y a pas assez d’offres dis­po­nibles pour cou­vrir la demande et que le nombre de places en crèche sont insuf­fi­santes.

Pour défendre notre digni­té nous nous devons donc de lut­ter contre toutes les formes de domi­na­tions qui s’en­tre­mêlent : patriar­cale, raciale et capi­ta­liste !

Les Affran­chies (groupe fémi­niste).

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