La Tuerka, une émission de débat politique de PODEMOS

Avec la Tuerka, l’extrême gauche espagnole tient sa télé. «Une sorte de catalyseur de la vaste mouvance des Indignés, qui permet de véhiculer la révolte, le désarroi, les analyses alternatives...

En Espagne, le talk-show de Pode­mos envoie du bois

A deux mois des élec­tions géné­rales, les chaînes espa­gnoles riva­lisent de débats poli­tiques. Ceux de « La Tuer­ka », l’émission du par­ti de Pablo Igle­sias, détonnent. Et ça marche : l’ex-télé de quar­tier s’est muée en machine média­tique.


Les médias de Pode­mos

« La Tuer­ka » n’est pas le seul outil média­tique du jeune par­ti de gauche. L’émission « Fort Apache », bien qu’elle ne soit pas pro­duite par Pode­mos, est éga­le­ment pré­sen­tée par Pablo Igle­sias, et dif­fu­sée sur la chaîne ira­nienne His­pan TV. Le lea­der de Pode­mos a d’ailleurs dû essuyer de nom­breuses cri­tiques l’accusant d’avoir finan­cé son émis­sion grâce au gou­ver­ne­ment ira­nien.

Plus récem­ment, le par­ti de gauche radi­cale a éga­le­ment créé l’Institut 25‑M, à l’origine du maga­zine tri­mes­triel La Cir­cu­lar, qui accorde une large place à la culture, ain­si qu’aux débats poli­tiques et phi­lo­so­phiques. A la fin du mois d’octobre, le par­ti va même ouvrir son propre centre cultu­rel, bap­ti­sé La Mora­da, où se mêle­ront débats, théâtre, espaces de cowor­king, et même… une bou­tique Pode­mos.


(De Madrid) Devant les portes aux vitres tein­tées, Noe­lia récite son texte à voix basse, en finis­sant sa ciga­rette :

« Bon­soir à toutes et à tous, et bien­ve­nue sur “La Tuer­ka”... »

En haut d’une tour don­nant sur les grands bou­le­vards, quelques minutes avant le début de l’enregistrement, les invi­tés défilent, maquillés, jusqu’au pla­teau.

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Noe­lia Vera, seule jour­na­liste de « La Tuer­ka » — Adrien Ortavent/Rue89

Autour de la table au desi­gn futu­riste, des tasses aux camé­ras, tout est flo­qué « La Tuer­ka ». Les néons éclairent un stu­dio rouge et blanc flam­bant neuf. Noe­lia Vera, la pré­sen­ta­trice de l’émission, fait cli­quer son sty­lo machi­na­le­ment, avant que le géné­rique ne com­mence.

Tous les soirs de la semaine, l’extrême gauche a son propre talk-show, dif­fu­sé via le site du quo­ti­dien de gauche radi­cale Públi­co. Après quatre sai­sons, « La Tuer­ka » est deve­nue une réfé­rence en Espagne. Et plus seule­ment pour les mili­tants.

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Sur le pla­teau de « La Tuer­ka » : seul le Par­ti popu­laire n’a pas répon­du pré­sent — Adrien Ortavent/Rue89

Aujourd’hui, autour de la table, l’émission accueille des repré­sen­tants des prin­ci­paux par­tis en lice pour les élec­tions légis­la­tives de décembre : d’un côté, Noe­lia Martí­nez, conseillère socia­liste à la mai­rie de Madrid, de l’autre, Dolores Pas­tor du par­ti de centre-droit Ciu­da­da­nos, ou encore Ramón Espi­nar, séna­teur Pode­mos. Depuis ses débuts en 2010, la petite télé asso­cia­tive a fait du che­min.

« Deviens toi-même le média »

Quand Pablo Igle­sias, le lea­der de Pode­mos, a eu l’idée de lan­cer sa propre émis­sion de débat poli­tique, « La Tuer­ka » n’était encore qu’un débat ama­teur et mili­tant sur les bancs de la fac. Consi­dé­rant la télé­vi­sion comme « une chose étran­gère à la gauche », plu­tôt que de la bou­der, il décide d’en faire un ins­tru­ment poli­tique :

« Si les médias ne viennent pas à toi, deviens toi-même le média. »

Avec d’autres pro­fes­seurs de l’université Com­plu­tense de Madrid, dont Juan Car­los Mone­de­ro et Iñi­go Erre­jón, deux des fon­da­teurs du par­ti, il forme le réseau La Pro­mo­to­ra, et s’unit à l’association d’étudiants en sciences poli­tiques Contra­po­der. Noe­lia Vera se sou­vient :

« Les deux asso­cia­tions ont alors com­men­cé à orga­ni­ser ensemble des débats poli­tiques fil­més à la fac, sur des sujets qui n’étaient pas abor­dés par les médias tra­di­tion­nels. »

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Un mug « La Tuer­ka » — Adrien Ortavent/Rue89

Igle­sias et Mone­de­ro financent l’émission en payant de leur poche, et font avec les moyens du bord. Avec des capa­ci­tés tech­niques réduites, et sans aucun jour­na­liste, les débats attirent pour­tant chaque semaine plus de par­ti­ci­pants et de public. Jusqu’à se faire remar­quer par Paco Pérez, direc­teur de la télé­vi­sion du quar­tier madri­lène de Val­le­cas Tele K, qui pro­pose à Igle­sias d’héberger ses débats sur la chaîne.

Le ren­dez-vous poli­tique des mili­tants de gauche, jusqu’ici infor­mel et sans moyen, devient télé­vi­sé et régu­lier. « La Tuer­ka » est née.

Aux côtés des Indi­gnés

Mal­gré un décor un peu ban­cal et des rideaux noirs en guise de fond, la « télé­vi­sion de gauche » est lan­cée. Mais elle reste très confi­den­tielle, et son public, très enga­gé. Noe­lia Vera raconte :

« C’est grâce au mou­ve­ment des Indi­gnés que l’émission a décol­lé. Au début des mani­fes­ta­tions du 15‑M, nous étions face à un grand silence média­tique. Peu de chaînes cou­vraient ce qu’il se pas­sait. Alors Pablo et les autres sont des­cen­dus dans la rue, pour enre­gis­trer “La Tuer­ka” pra­ti­que­ment en direct de la Puer­ta del Sol. »

Avec un dis­cours anti-aus­té­ri­té et en don­nant la parole aux Indi­gnés qui vivaient jour et nuit sur la place, l’émission devient popu­laire et tourne sur les réseaux sociaux. « La Tuer­ka » com­mence à faire par­ler, et son créa­teur avec elle.

Pablo Igle­sias, bête média­tique

Noe­lia le recon­naît :

« “La Tuer­ka” a énor­mé­ment aidé à faire connaître Pablo. Il était de plus en plus invi­té sur les pla­teaux de télé : lorsque les médias avaient besoin d’un inter­lo­cu­teur pour par­ler du 15‑M, ils pen­saient tout de suite à lui. »

Peu à peu, le pro­fil des invi­tés de l’émission se diver­si­fie. « La Tuer­ka » passe d’une à quatre émis­sions heb­do­ma­daires, dont un débat poli­tique, une chro­nique fémi­niste, un JT sati­rique, une ana­lyse de sujets d’actualité par Mone­de­ro, et un face-à-face.

Au fur et à mesure des tour­nages, Pablo Igle­sias s’habitue à la camé­ra et muscle son dis­cours, avant même la créa­tion de Pode­mos en jan­vier 2014. Pour Noe­lia, c’est évident :

« C’est, entre autres, grâce à son expé­rience à “La Tuer­ka” que Pablo a pu prendre la tête du par­ti. »

L’emballement média­tique fait le reste. Pablo Igle­sias et Juan Car­los Mone­de­ro, qui assu­raient la pré­sen­ta­tion et l’organisation des émis­sions, n’ont plus assez de temps à accor­der aux tour­nages. Ils passent le relais à Noe­lia Vera, qui don­nait un coup de main à la com­mu­ni­ca­tion du par­ti. Pas­sée par CNN et l’agence espa­gnole EFE, elle est la toute pre­mière jour­na­liste à inté­grer l’équipe.

Pablo Igle­sias conserve son émis­sion du ven­dre­di, « Otra Vuel­ta de Tuer­ka », un entre­tien en face-à-face avec un poli­tique ou intel­lec­tuel. Il reçoit entre autres l’économiste Tho­mas Piket­ty, la phi­lo­sophe Chan­tal Mouffe, ou encore la future maire de Madrid, Manue­la Car­me­na, et atteint des cen­taines de mil­liers de vues sur You­Tube.

« C’est d’abord un pro­jet poli­tique »

S’il y a une chose qui n’a pas chan­gé à « La Tuer­ka », c’est le conte­nu des débats. Il s’agit de don­ner la parole à des intel­lec­tuels, des poli­to­logues, avec des idées de droite ou de gauche, peu importe, mais pour par­ler enfin « des sujets qui n’avaient pas leur place dans le pay­sage média­tique clas­sique : la crise sociale, les coupes bud­gé­taires, la cor­rup­tion, l’emploi, tout ce qui touche vrai­ment les Espa­gnols ».

Igle­sias refuse pour­tant d’accoler les termes d’« alter­na­tif » ou de « contre-infor­ma­tion » à sa télé. Il pré­fè­re­rait qu’on parle de « La Tuer­ka » comme d’une vraie télé de gauche.

Noe­lia, dont le JT est réa­li­sé en une seule prise, sou­ligne :

« Les poli­tiques peuvent argu­men­ter pen­dant plu­sieurs minutes, sans coupe ni mon­tage, et déve­lop­per libre­ment leurs idées. Impos­sible sur les chaînes tra­di­tion­nelles. »

Mais à quelques semaines des élec­tions géné­rales, qui auront lieu le 20 décembre, les sujets d’actualités brû­lants ont vite fait de se trans­for­mer en thèmes de cam­pagne, quitte à s’assoir un peu sur les débats de fond.

Au len­de­main du face-à-face oppo­sant Pablo Igle­sias au lea­der de Ciu­da­da­nos Albert Rive­ra, qui a réuni plus de 5 mil­lions de télé­spec­ta­teurs, Noe­lia Vera a du mal à cana­li­ser ses invi­tés. Elle tente de cal­mer le jeu entre la conseillère socia­liste et le poli­to­logue Jorge Vers­trynge, sym­pa­thi­sant de Pode­mos, qui la tacle :

« Par­ti popu­laire et PSOE [Par­ti socia­liste ouvrier espa­gnol, ndlr], c’est la même merde. »

Tous ricanent.

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Sur les écrans de « La Tuer­ka » — Adrien Ortavent/Rue89

Pen­dant cette période, « La Tuer­ka » ne va-t-elle se réduire à un moyen pour Pode­mos de dif­fu­ser ses idées ? Noe­lia se défend :

« C’est d’abord un pro­jet poli­tique, on ne s’en est jamais cachés. Mais je suis jour­na­liste d’abord, mili­tante ensuite. Et en aucun cas porte-parole du par­ti. »

Elle assure qu’elle confron­te­ra tous les can­di­dats dans son JT avant l’élection. Y com­pris Igle­sias, à qui, c’est pro­mis, elle ne fera pas de faveur.
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Dans le stu­dio de « La Tuer­ka », héber­gé par la rédac­tion de Públi­co — Adrien Ortavent/

Par Aman­dine Sanial, jour­na­liste. Publié le 23/10/2015

Source de la publi­ca­tion : Rue89


Libé : Espagne, la télé des Indi­gnés allume le sys­tème

Le suc­cès du JT sati­rique « la Tuer­ka » et de l’émission de débats « Fort Apache », pro­duits par Pode­mos, est à la mesure de l’engouement pour le par­ti d’extrême gauche.

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Les indi­gnés espa­gnols se sont ras­sem­blés avant la mani­fes­ta­tion devant le Congrès des dépu­tés, mar­di 25 sep­tembre 2012. Pho­to Susa­na Vera. Reu­ters

Espagne : la télé des Indi­gnés allume le sys­tème

Tout d’abord ultra­con­fi­den­tielle, qua­si clan­des­tine, la télé de l’extrême gauche vient de fêter ses 150 pro­grammes en sabrant le cava, le cham­pagne espa­gnol. Même si son audience ne peut concur­ren­cer les prin­ci­pales chaînes com­mer­ciales, l’émission la Tuer­ka, dif­fu­sée via le site du quo­ti­dien de gauche Públi­co, dépasse désor­mais ses rivales hert­ziennes d’extrême droite, qui, tard en soi­rée, mul­ti­plient les débats sul­fu­reux depuis une bonne décen­nie — Inter­eco­nomía ou el Gato al Agua.

La « Tuer­ka », c’est la vis, une façon de signi­fier — selon l’expression de ses ins­ti­ga­teurs — qu’il faut « ser­rer la vis au sys­tème », à la classe poli­tique tra­di­tion­nelle, à l’establishment, à la « caste ». Du lun­di au ven­dre­di, à 22 heures, dans une satire de JT, les nou­velles du jour sont lues sur un ton neutre par un très sérieux et cra­va­té pré­sen­ta­teur ; à ses côtés, le fan­tasque Facu Diaz, che­ve­lure ample et mimiques exa­gé­rées, balance des com­men­taires d’une iro­nie mor­dante. Un énième cas de cor­rup­tion ? « Ces pauvres hommes poli­tiques, qui ont la lourde charge de gérer l’argent public, ont bien du mérite à être si hon­nêtes. » L’infection d’une aide-soi­gnante madri­lène par le virus Ebo­la, accu­sée d’imprudence par les auto­ri­tés sani­taires régio­nales ? « Cette infir­mière est vrai­ment écer­ve­lée, si seule­ment elle avait bien écou­té la leçon. » L’argent en Andorre et au Luxem­bourg du lea­der natio­na­liste cata­lan Jor­di Pujol ? « Quelle pudeur, quelle dis­cré­tion ! Il a pré­fé­ré pla­cer sa for­tune dans un para­dis fis­cal pour ne pas gêner les 25% de chô­meurs !»

« Cata­ly­seur ».

Avec la Tuer­ka, l’extrême gauche espa­gnole tient sa télé. « Une sorte de cata­ly­seur de la vaste mou­vance des Indi­gnés, qui per­met de véhi­cu­ler la révolte, le désar­roi, les ana­lyses alter­na­tives, sou­ligne le poli­to­logue Enrique Gil Cal­vo. C’est un for­mi­dable trem­plin de dif­fu­sion des idées d’un par­ti en pleine hausse. » L’émission quo­ti­dienne dif­fu­sée sur le site de Públi­co est en effet pro­duite par Pode­mos, une récente for­ma­tion qui a créé la sur­prise au mois de mai en obte­nant aux élec­tions euro­péennes 1,2 mil­lion de suf­frages et cinq dépu­tés. D’après les der­niers son­dages, cette ini­tia­tive citoyenne née dans la fou­lée du mou­ve­ment des Indi­gnés serait aujourd’hui cré­di­tée des meilleures inten­tions de vote, juste der­rière le Par­ti popu­laire (PP), au pou­voir, et bien devant le Par­ti socia­liste qui a gou­ver­né pen­dant plus de deux décen­nies depuis la mort de Fran­co.

Le conte­nu de la Tuer­ka ne touche pas seule­ment les assi­dus télé­spec­ta­teurs noc­turnes. Ses infor­ma­tions « anti­sys­tème » sont abon­dam­ment reprises sur les réseaux sociaux : Pode­mos compte près de 800 000 visi­teurs sur Face­book et envi­ron 400 000 fol­lo­wers sur Twit­ter — soit le quin­tuple des for­ma­tions tra­di­tion­nelles. Le suc­cès de cette télé­vi­sion a été si rapide que sa socié­té de pro­duc­tion (CMI, contrô­lée par Pode­mos) a aus­si don­né nais­sance à Fort Apache, un pro­gramme de débats télé­vi­sés dif­fu­sé via le canal satel­lite His­panTV, qui émet aus­si au Vene­zue­la et en Iran.

Beau par­leur.

L’animateur de ces débats n’est autre que Pablo Igle­sias, 36 ans, le chef de file de Pode­mos, deve­nu une des per­son­na­li­tés les plus popu­laires du pays. Fin sep­tembre, son compte Twit­ter per­son­nel a dépas­sé celui du chef du gou­ver­ne­ment, Maria­no Rajoy, et il compte aujourd’hui 712 000 fol­lo­wers. Beau par­leur, ce pro­fes­seur de sciences poli­tiques à l’université com­plu­tense de Madrid ras­semble sur Fort Apache (« une ago­ra de résis­tance ») un par­terre d’acteurs sociaux, de mili­tants indi­gnés ou d’économistes anti­li­bé­raux. « L’objectif est pré­vi­sible : “délé­gi­ti­mer” les diri­geants poli­tiques des grands par­tis et, à tra­vers eux, la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans son ensemble », ana­lyse le chro­ni­queur du quo­ti­dien el Mun­do, Arca­di Espa­da. C’est du popu­lisme pur jus et, en pleine crise, cela fonc­tionne, mal­heu­reu­se­ment. »

Pour les diri­geants de Pode­mos, tant la Tuer­ka que Fort Apache consti­tuent une plate-forme à tra­vers laquelle ils peuvent défendre leurs thèses « anti­sys­tème », selon les­quelles le capi­ta­lisme finan­cier ayant vécu, « il convient de régé­né­rer notre démo­cra­tie malade » — dixit Juan Car­los Mone­de­ro, alter ego de Pablo Igle­sias, idéo­logue du par­ti et très pré­sent sur les deux pla­teaux. La Tuer­ka comme Fort Apache ne sont pas riches et ne dépendent que de la bonne volon­té des quelque 200 000 membres de Pode­mos. Les cinq dépu­tés euro­péens du mou­ve­ment, dont Pablo Igle­sias, ayant déci­dé de pla­fon­ner leurs émo­lu­ments à trois fois le salaire mini­mum (soit 1 930 euros men­suels au lieu des 8 020 euros ver­sés par l’Union euro­péenne), la dif­fé­rence est ver­sée à la Tuer­ka et à Fort Apache. En ces temps de cor­rup­tion géné­ra­li­sée, cette règle déon­to­lo­gique leur fait mar­quer des points.

Fran­çois Mus­seau Cor­res­pon­dant à Madrid

Source de la publi­ca­tion : Libé

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Pour aller plus loin :

Com­ment prendre le pou­voir sans être pris par le pou­voir ?

La Tuer­ka : la télé­vi­sion comme ins­tru­ment poli­tique selon Pablo Igle­sias

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Vidéo : Pablo Igle­sias — Comu­ni­ca­ción polí­ti­ca en tiem­pos de cri­sis

Vidéo : La Tuer­ka — El mun­do de la cultu­ra ¿Ven­di­dos o com­pro­me­ti­dos ?

Vidéo : Maquia­ve­lo frente a la gran pan­tal­la — Pablo Igle­sias

Vidéo : J. Car­los Mone­de­ro — Chá­vez y los inte­lec­tuales