L’histoire du cinéma sonore est-elle seulement technique ? Une conférence de Claude Bailblé

Ces différentes innovations techniques, en sollicitant l’imagination auditive des cinéastes et des ingénieurs du son, laissent pourtant intacte la question de l’invention artistique, et plus particulièrement celle des nouveaux rapports image-son.

L’his­toire du ciné­ma sonore est-elle seule­ment tech­nique ? Une confé­rence de Claude Bail­blé

Depuis le pho­nau­to­graphe de Léon Scott (1857), nombre d’inventions tech­niques en cas­cade (micro­phone, lampe triode, haut-par­leur, modu­la­teur optique…) finissent par se ren­con­trer en un seul dis­po­si­tif : le ciné­ma sonore des années 1930. Com­mence alors l’exploration des pos­si­bi­li­tés expres­sives de la mono­pho­nie, que d’autres pro­grès tech­no­lo­giques (l’enregistrement magné­tique, la camé­ra silen­cieuse, le mon­tage et mixage mul­ti­pistes) viennent faci­li­ter.

L’enregistreur auto­nome (le Nagra des années 1960) démul­ti­plie ces pos­si­bi­li­tés en libé­rant la prise de son des contraintes de l’énergie élec­trique. On redé­couvre le plein air, les acous­tiques natu­relles et la diver­si­té des sons réels. Avec le numé­rique et la spa­tia­li­sa­tion (en 5.1), la mise en scène du sonore connaît un nou­veau déve­lop­pe­ment : l’immersion audi­tive englo­bante et les effets dyna­miques spec­ta­cu­laires. Ces dif­fé­rentes inno­va­tions tech­niques, en sol­li­ci­tant l’imagination audi­tive des cinéastes et des ingé­nieurs du son, laissent pour­tant intacte la ques­tion de l’invention artis­tique, et plus par­ti­cu­liè­re­ment celle des nou­veaux rap­ports image-son.

Claude Bail­blé est ensei­gnant-cher­cheur, maître de confé­rences au dépar­te­ment Ciné­ma de l’u­ni­ver­si­té de Paris VIII et inter­ve­nant dans des écoles pro­fes­sion­nelles.

Date de réa­li­sa­tion : 3 Décembre 2010

Durée du pro­gramme : 114 min

Source : Les confé­rences du Conser­va­toire des tech­niques ciné­ma­to­gra­phiques. La Ciné­ma­thèque fran­çaise