Un célèbre producteur hollywoodien était un espion israélien

On lui doit des films cultes, tels que “Pret­ty Woman” ou “Fight Club”. Mais der­rière son métier de pro­duc­teur, Arnon Mil­chan menait une double-vie.

Le nom d’Ar­non Mil­chan ne vous dit sans doute rien. Pour­tant, on ne compte plus les films mon­dia­le­ment connus qu’il a pro­duits, comme “Il était une fois en Amé­rique”, “Bra­zil”, “Heat”, “Copy­cat”, “L.A. Confi­den­tial” ou les deux pré­ci­tés quelques lignes plus haut. Au total, son nom est asso­cié à plus de cent-vingt films hol­ly­woo­diens.

Recruté par Shimon Peres

Cette “suc­cess sto­ry” s’ac­com­pagne aujourd’­hui de révé­la­tions pour le moins sur­pre­nantes. Car ce magnat du ciné­ma, né il y a 68 ans en Pales­tine — à l’é­poque sous man­dat bri­tan­nique -, a mis un terme à des années de rumeurs qui cir­cu­laient dans l’in­dus­trie hol­ly­woo­dienne. Il était bel et bien un espion des ser­vices secrets israé­liens. Tout est par­ti d’une bio­gra­phie non auto­ri­sée publiée en 2011. Dans “Confi­den­tial : The Life of Secret Agent Tur­ned Hol­ly­wood Tycoon-Arnon Mil­chan”, Meir Doron et Joseph Gel­man révé­lait la face-cachée d’Ar­non Mil­chan qui, jus­qu’au milieu des années 80, était un agent du Lekem, une agence de ren­sei­gne­ment israé­lienne spé­cia­li­sée dans l’es­pion­nage tech­no­lo­gique. Une affir­ma­tion confir­mée dans ce livre par l’ac­tuel pré­sident israé­lien, Shi­mon Per­es, qui dit l’a­voir recru­té.

Arsenal nucléaire

Il était char­gé notam­ment de créer des socié­tés écrans au béné­fice des ser­vices de ren­sei­gne­ment de son pays et d’a­che­ter des com­po­sants uti­li­sés pour la construc­tion et la main­te­nance de l’ar­se­nal nucléaire du pays. “Je l’ai fait pour mon pays et j’en suis fier”, a‑t-il décla­ré dans une inter­view télé­vi­sée accor­dée à “Uvda”, un maga­zine d’in­ves­ti­ga­tion israé­lien dif­fu­sé le 25 novembre. “Quand je suis arri­vé à Hol­ly­wood, je me suis com­plè­te­ment déta­ché de mes acti­vi­tés pour me consa­crer au ciné­ma, ma pas­sion. Mais par­fois, j’ai fait les deux”. Selon lui, il tra­vaillait secrè­te­ment avec d’autres grands noms d’Hol­ly­wood.

Les pre­mières rumeurs ont com­men­cé à cir­cu­ler en 1985, suite à l’in­cul­pa­tion de Richard Kel­ly Smyth, pré­sident d’une socié­té d’im­port export cali­for­nienne, pour tra­fic illé­gal de déto­na­teurs d’armes nucléaires. Ceux-ci étaient expé­diés vers Israël grâce à l’une des socié­tés de Mil­chan. Comme le pré­cise Asso­cia­ted Press, L’a­gence Lekem a été dis­soute en 1987, après avoir été liée au scan­dale d’es­pion­nage pour laquelle l’an­cien ana­lyste de la marine amé­ri­caine Jona­than Pol­lard, accu­sé d’a­voir four­ni à Israël des mil­liers de docu­ments clas­sés secret défense, avait été condam­né à la pri­son à vie au cours de la même année.

Source de l’ar­ticle : 7sur7


Arnon Milchan, producteur de JFK (Oliver Stone), agent du Mossad

Il est évident pour beau­coup, et depuis long­temps, que ce n’est pas par hasard que le film d’O­li­ver Stone a tota­le­ment évi­té la piste israé­lienne concer­nant l’as­sas­si­nat de JFK. Plu­sieurs ont poin­té que le pro­duc­teur était Israé­lien, qu’il était du Mos­sad

Lors­qu’il a fait son alya, Israël val­ley notait :

“…Le pro­duc­teur Arnon Michan rentre d’Amérique

Arnon Mil­chan est un pro­duc­teur israé­lo-amé­ri­cain né en Israël il y a 65 ans. Il a fait toute sa car­rière à l’étranger et on ne compte plus les suc­cès ciné­ma­to­gra­phiques qu’il a pro­duits à Hol­ly­wood (JFK, Sau­vez Willy, Mr. et Mrs. Smith, Pret­ty Woman, etc.). En Israël, Arnon Mil­chan est un des prin­ci­paux action­naires de la Chaîne 10 de la TV israé­lienne. Il vient d’être clas­sé par le Forbes par­mi les grandes for­tunes du monde (334e place) avec un patri­moine éva­lué à 2 mil­liards de dol­lars.

Le quo­ti­dien Globes révèle ces jours-ci qu’il aura fal­lu quelques mois à son avo­cat israé­lien, Me Pini Rubin, pour convaincre le mil­liar­daire israé­lien de « ren­trer » dans son pays natal. Mais aujourd’hui, Arnon Mil­chan déclare être un « juif fier et heu­reux de reve­nir s’installer en Israël ». La moti­va­tion prin­ci­pale de ce regain sou­dain de sio­nisme est claire : béné­fi­cier des exo­né­ra­tions fis­cales réser­vées aux expa­triés qui reviennent s’installer en Israël…”

On peut l’é­cou­ter dans une ancienne vidéo INA, avant d’ap­prendre, en détail, cet été, lors de la paru­tion de ce livre, qu’il fut bien agent du Mos­sad, recru­té par Shi­mon Per­es, qu’il a tra­vaillé avec Rafi Eitan et Ben­ja­min Blum­berg.

Pas éton­nant donc que la piste isré­lienne ait été évacuée…ce, d’au­tant plus qu’il s’est tant inves­ti dans le domaine du nucléaire, négo­ciant pour obte­nir tech­no­lo­gies et maté­riaux ‑jus­qu’en 1990- quand JFK ne ces­sait de deman­der des ins­pec­tions de Dimo­na, déter­mi­né qu’il était à contrô­ler le nucléaire…

Source de l’ar­ticle : le blog de Nicole


Un agent du Mossad sous couverture Hollywoodienne

Une bio­gra­phie a récem­ment révé­lé que Arnon Mil­chan, pro­duc­teur proche des Pre­miers ministres israé­liens et des stars hol­ly­woo­diennes, avait été recru­té par Shi­mon Per­es pour tra­vailler au sein du Mos­sad.

Le livre de Meir Doron et Joseph Gel­man relate la vie de l’ « agent secret israé­lien » deve­nu l’un des pro­duc­teurs de ciné­ma les plus célèbres d’Hollywood.

Les mis­sions de Lar­non Mil­chan pour les ser­vices de sécu­ri­té israé­liens avaient été ren­dues publiques, mais il refu­sait jusqu’à pré­sent de le recon­naître. C‘est la pre­mière fois que M. Mil­chan confirme les doutes.
L’une des prin­ci­pales sources du livre fut le pré­sident israé­lien Shi­mon Per­es, un ami proche de Lar­non Mil­chan. « Je suis celui qui l’a recru­té », a ain­si affir­mé M. Per­es.

Dans les années soixante, Shi­mon Per­es qui était le ministre adjoint de Défense l’avait recru­té comme agent pour Lakam dans le pro­gramme nucléaire israé­lien.
Pen­dant des années, M. Mil­chan a opé­ré clan­des­ti­ne­ment. Cepen­dant au milieu des années quatre-vingt, la douane amé­ri­caine a décou­vert une ten­ta­tive de contre­bande d’équipement par la socié­té Mil­co qui appar­te­nait à Arnon Mil­chan.

Le FBI a ain­si com­men­cé une enquête sur les affaires de M. Mil­chan, mais ce der­nier n’a jamais été incul­pé. Il a tout de même été sui­vi de près, ain­si que ses comptes, par les ser­vices de sécu­ri­té amé­ri­cains, même après son départ de monde du ciné­ma.

D’aprés guysen.com

Source de l’ar­ticle : Judai­cine


L’espion qui produisait des films

L’homme que Hol­ly­wood célé­brait était un des plus grands maîtres espions d’Israël, et il avait pro­cu­ré à son pays, une quan­ti­té impres­sion­nante de tech­no­lo­gies amé­ri­caines…

Arnon Mil­chan est né en 1944 au sein d’une famille nom­breuse dans la ville de Reho­vot, alors une des plus dyna­miques de la Pales­tine sous man­dat bri­tan­nique, sur une terre de vignobles et d’orangers autre­fois culti­vée par son grand-père.

Quatre ans plus tard, grâce à un vote des Nations unies, Reho­vot se trou­vait faire par­tie d’un petit pays de pion­niers et de sur­vi­vants des camps, bien­tôt assié­gé par ses voi­sins arabes. Après la guerre, la région enta­ma sa trans­for­ma­tion en centre tech­no­lo­gique et scien­ti­fique. La famille Mil­chan se lan­ça dans l’industrie des fer­ti­li­sants et la dis­tri­bu­tion de car­bu­rants. Après ses pre­miers suc­cès, elle ins­tal­la ses bureaux à Tel-Aviv.

Arnon fut donc éle­vé au milieu de l’élite ash­ké­naze (issue de l’émigration euro­péenne) et se dis­tin­gua rapi­de­ment par sa viva­ci­té d’esprit et son hyper­ac­ti­vi­té. L’adolescent fut envoyé dans une école chic anglaise, afin de lui don­ner un ver­nis cos­mo­po­lite.

Il s’y dis­tin­gua par ses talents au foot­ball et y fit aus­si sa pre­mière expé­rience de l’antisémitisme. Après son ser­vice mili­taire, le jeune homme fut envoyé en Suisse pour y suivre des études de chi­mie et se pré­pa­rer à tra­vailler dans l’entreprise fami­liale de fer­ti­li­sants. Mais en 1965, il dut inter­rompre bru­ta­le­ment ses études pour ren­trer au che­vet de son père, mou­rant. A 21 ans, il lui fal­lut reprendre les rênes de l’entreprise fami­liale. A cette époque, la socié­té était au bord de la faillite et ses par­te­naires ne don­naient pas cher du nou­veau P‑DG.

En inven­to­riant les dos­siers de son père, Arnon fit une décou­verte qui allait chan­ger le cours des évé­ne­ments. La socié­té n’était pas seule­ment, comme il le croyait, enga­gée dans le domaine agri­cole. Dans le plus grand secret, elle avait aus­si déve­lop­pé une petite mais pro­met­teuse acti­vi­té d’import-export en arme­ment ! Capi­ta­li­sant sur cette pre­mière expé­rience, Arnon réus­sit à main­te­nir la socié­té à flot et à la déve­lop­per au-delà de tout ce que l’on aurait cru pos­sible.

Tota­le­ment igno­rant en matière d’armes, le jeune homme s’abonna à toutes les revues spé­cia­li­sées de la pla­nète, apprit par cœur les noms de tous les fabri­cants et les contac­ta tous en leur pro­po­sant de deve­nir leur repré­sen­tant exclu­sif en Israël. Il obtint plu­sieurs ren­dez-vous et quelques contrats. Il fit à cette époque la connais­sance de deux per­son­nages capi­taux pour son tra­vail mais aus­si pour le tour qu’allait prendre sa vie.

L’un d’eux était le célèbre Moshe Dayan, vété­ran de Tsa­hal et ministre de la Défense ; l’autre, moins célèbre à l’époque, se nom­mait Shi­mon Per­es : il était alors sous-ministre de la Défense après avoir été direc­teur géné­ral du minis­tère, en charge d’achats d’armes. Ce fut le début d’une rela­tion qui allait faire bas­cu­ler Arnon dans le monde obs­cur du ren­sei­gne­ment.

Après quelques mois de fré­quen­ta­tion ami­cale, Per­es infor­ma Mil­chan du “grand secret” d’Israël : son pro­gramme nucléaire clan­des­tin, déve­lop­pé avec l’aide des Fran­çais. Il lui pré­sen­ta l’homme à qui il avait confié la sécu­ri­té du pro­gramme : Ben­ja­min Blum­berg, ancien res­pon­sable du contre-espion­nage et de la sécu­ri­té au minis­tère de la Défense.

Ce der­nier était en train de mon­ter une agence secrète, char­gée de se pro­cu­rer l’équipement et les maté­riels indis­pen­sables au pro­gramme israé­lien, mais en prin­cipe impos­sibles à acqué­rir sur le mar­ché légal. Cette agence, ins­tal­lée dans un bâti­ment du minis­tère de la Défense, serait si secrète que même le Mos­sad ne serait pas infor­mé de son acti­vi­té.

Au début des années 1970, elle serait bap­ti­sée “Bureau de liai­son scien­ti­fique” ou Lakam, et sur­nom­mée par cer­tains ini­tiés le “Mos­sad II”. Elle devait acqué­rir les équi­pe­ments néces­saires au pro­gramme nucléaire par tous les moyens, y com­pris la trom­pe­rie, le vol et la force. En effet, à cette époque la rela­tion avec la France était en train de se refroi­dir et il était urgent de trou­ver d’autres canaux d’approvisionnement.

Sys­tème de gui­dage de mis­siles, cen­tri­fu­geuses, car­bu­rant pour fusées, équi­pe­ment de vision noc­turne, lasers… la liste des demandes allait bien­tôt res­sem­bler à un inven­taire à la Pré­vert et excé­der lar­ge­ment les besoins du pro­gramme nucléaire pour cou­vrir tous les sec­teurs de la défense israé­lienne au fur et à mesure que les suc­cès s’accumuleraient et que la noto­rié­té du Lakam débor­de­rait cer­tains cercles étroits.

Une com­mis­sion secrète de scien­ti­fiques fut for­mée pour défi­nir les besoins prio­ri­taires. Elle se réunis­sait chaque semaine pour éta­blir les listes d’objectifs, pré­ci­sant où on pou­vait se les pro­cu­rer. Qui s’en char­geait ensuite et par quels moyens ? Les membres n’avaient pas besoin de le savoir. Pen­dant les années 1970, le Lakam fut si dis­cret qu’aucune des agences de ren­sei­gne­ment occi­den­tales ne soup­çon­na son exis­tence, alors même qu’il agis­sait sur la plu­part de leurs ter­ri­toires.

Dans son étude sur le sys­tème du ren­sei­gne­ment israé­lien sai­sie par les Ira­niens lors de la prise d’otages de l’ambassade des Etats-Unis à Téhé­ran en 1979, la CIA iden­ti­fie cor­rec­te­ment la recherche tech­no­lo­gique dans les pays amis comme une des prio­ri­tés israé­liennes. Mais elle ne soup­çonne pas l’existence d’une agence dis­tincte char­gée de cette mis­sion. De ce fait, les soup­çons et la sur­veillance du contre-espion­nage res­tèrent long­temps foca­li­sés sur les équipes du Mos­sad, lais­sant le champ libre aux francs-tireurs du Lakam. D’autant plus francs-tireurs que cer­tains, à l’image d’Arnon Mil­chan, avaient sur le ter­ri­toire amé­ri­cain une véri­table et légi­time acti­vi­té éco­no­mique.

Après avoir révé­lé à son ami Arnon les des­sous de la poli­tique de défense israé­lienne, et consta­té avec satis­fac­tion que sa moti­va­tion à ser­vir Israël dans un envi­ron­ne­ment dan­ge­reux était inchan­gée, Shi­mon Per­es le mit entre les mains de Ben­ja­min Blum­berg, dont le jeune entre­pre­neur allait deve­nir un des plus impor­tants agents. En appa­rence, le quin­qua­gé­naire Blum­berg tenait plus du bureau­crate que du maître espion, avec son phy­sique quel­conque, sa voix douce et son air sinistre. Mais les deux hommes déve­lop­pèrent rapi­de­ment une ami­tié durable, au point que Mil­chan fut vite consi­dé­ré au sein du ser­vice comme le chou­chou du patron.

Aux yeux de Blum­berg, l’audacieux et créa­tif Arnon Mil­chan cor­res­pon­dait par­fai­te­ment au pro­fil d’agents qu’il sou­hai­tait recru­ter pour com­plé­ter son réseau d’attachés mili­taires : des hommes d’affaires légi­times, avec de véri­tables acti­vi­tés, et suf­fi­sam­ment patriotes pour prendre des risques au ser­vice du Lakam. On le for­ma donc à toutes tech­niques qu’il aurait besoin de maî­tri­ser au cours de ses mis­sions : com­ment créer des socié­tés écrans, jon­gler avec les comptes ban­caires off­shore, la tech­nique des faux docu­ments de des­ti­na­tion pour le com­merce d’armes, etc.

Des com­pé­tences qui lui seraient éga­le­ment d’une grande uti­li­té pour déve­lop­per ses affaires. Arnon reçut aus­si une for­ma­tion sur le recru­te­ment et la mani­pu­la­tion de sources. Et il se fit la main avec quelques petites “courses” pour le Lakam. Besoin de 1000 tonnes de per­chlo­rate d’ammonium ? De radars de pré­ci­sion ? A chaque fois, Arnon trou­vait la solu­tion. Pas de doute, il était prêt pour des mis­sions à risque…

Après quelques mois d’immersion dans le monde du ren­sei­gne­ment, Mil­chan put prendre l’initiative et sur­prendre ses recru­teurs. Il fit à ses amis Shi­mon Per­es et Moshe Dayan une pro­po­si­tion qu’ils ne pou­vaient pas refu­ser. D’ores et déjà, sa socié­té était le repré­sen­tant non exclu­sif en Israël de plu­sieurs indus­triels de l’armement et de l’aviation.

Si le minis­tère de la Défense expli­quait de façon offi­cieuse à ces indus­triels que Mil­chan était doré­na­vant le point de pas­sage obli­gé, ce der­nier s’engageait à rever­ser ses com­mis­sions sur les contrats aux fonds secrets du minis­tère, et donc du Lakam ! Les com­mis­sions seraient ver­sées par les indus­triels sur des comptes secrets à l’étranger, ce qui per­met­trait ensuite de finan­cer des mis­sions qui ne devaient lais­ser aucune trace.

De fac­to, Mil­chan deve­nait le ban­quier occulte des grosses opé­ra­tions secrètes du ren­sei­gne­ment israé­lien à l’étranger : non seule­ment celles du Lakam, mais aus­si par­fois celles du Mos­sad. Lui seul connais­sait l’ensemble des comptes ouverts un peu par­tout dans le monde et les avoirs dis­po­nibles dans cha­cun d’eux. En fonc­tion des besoins, il fai­sait mettre à dis­po­si­tion de tel agent dans tel pays une somme en liquide dont la pro­ve­nance serait impos­sible à éta­blir. Il pour­rait aus­si s’en ser­vir pour régler des achats de maté­riels… ou pour payer une ran­çon ou un pot-de-vin.

Ce qui ne signi­fie pas que Mil­chan soit infor­mé de chaque mis­sion en détail : il devait en savoir le moins pos­sible, uni­que­ment ce qui était néces­saire pour mettre à dis­po­si­tion une cer­taine somme à l’usage d’une cer­taine per­sonne… Ce seul rôle don­nait au jeune homme un pou­voir consi­dé­rable, mais ses ambi­tions ne s’arrêtaient pas là.
L’entrepreneur fit à ses amis une deuxième sug­ges­tion : il offrit d’établir notam­ment aux Etats-Unis des filiales de son groupe, qui ser­vi­raient de cou­ver­ture aux acti­vi­tés du ser­vice. Il deve­nait ain­si un rouage essen­tiel du dis­po­si­tif. Ce qui ne pou­vait avoir que des effets posi­tifs sur son busi­ness avec le minis­tère de la Défense.Comment en effet refu­ser à un allié si pré­cieux un petit coup de pouce de temps à autre, sur­tout s’il ne laisse pas de trace ?
(…)

Après la guerre de Kip­pour de 1973, qui avait mon­tré pour la pre­mière fois l’armée d’Israël en dif­fi­cul­té, la prio­ri­té du minis­tère de la Défense fut à la moder­ni­sa­tion de ses troupes. Il deve­nait cru­cial qu’elles dis­posent tou­jours des tech­no­lo­gies les plus en pointe pour ne pas se retrou­ver accu­lées lors de la pro­chaine guerre. De leur côté, les Etats-Unis accor­daient désor­mais à Israël des aides tou­jours plus consi­dé­rables… à dépen­ser auprès de l’industrie amé­ri­caine. Ce fut une période faste pour les entre­prises d’Arnon Mil­chan et pour ses clients, en par­ti­cu­lier Ray­theon.

C’est lors d’une visite pri­vée dans les ins­tal­la­tions nucléaires de Dimo­na que Mil­chan enten­dit pour la pre­mière fois par­ler du kry­tron. Les kry­trons sont uti­li­sés dans les pho­to­co­pieuses et nombre d’appareils médi­caux. Ils ont aus­si un usage comme déto­na­teur de bombe nucléaire, ce qui est moins connu.

Une seule socié­té les fabri­quait aux Etats-Unis à l’époque et leur expor­ta­tion était sérieu­se­ment régle­men­tée. En 1975, on deman­da à Smyth d’en ache­ter quatre cents et, comme c’était la règle, il rem­plit la licence d’exportation de muni­tions requise pour ce type de maté­riel, qui fut cette fois refu­sée. En 1976, un nou­vel essai fut à nou­veau infruc­tueux. Cette fois, la CIA com­men­ça à se poser des ques­tions sur les acti­vi­tés de Mil­co.

Pen­dant ce temps, celles de Mil­chan conti­nuaient à se déve­lop­per un peu par­tout dans le monde. L’homme d’affaires fut infor­mé par son men­tor Per­es du rap­pro­che­ment en cours entre Israël et l’Afrique du Sud. Ce pays afri­cain allait deve­nir le pre­mier mar­ché israé­lien pour l’armement. Cette fois encore, Mil­chan allait ser­vir d’agent com­mer­cial à cette part de l’industrie israé­lienne, alors en plein essor. On deman­da aus­si à Mil­chan de secon­der l’effort de réha­bi­li­ta­tion média­tique ten­té par le gou­ver­ne­ment sud-afri­cain, qui consis­tait à rache­ter les jour­naux et maga­zines sus­cep­tibles de faire évo­luer l’opinion publique inter­na­tio­nale.

Après quelques séjours en Afrique du Sud, Mil­chan, de plus en plus mal à l’aise avec les réa­li­tés du régime, lais­sa vite tom­ber cette acti­vi­té.
Pen­dant cette époque, il déve­lop­pa aus­si des rela­tions com­mer­ciales avec Taï­wan, qui souf­frait alors du rap­pro­che­ment diplo­ma­tique entre la Chine conti­nen­tale et les Etats-Unis. L’oncle Sam ne pou­vait plus décem­ment vendre d’armes au frère enne­mi taï­wa­nais de ses nou­veaux amis chi­nois, mais rien n’empêchait qu’Israël se sub­sti­tue à lui comme par­te­naire com­mer­cial. C’est ain­si que jusqu’à 20 % du chiffre d’affaires de Mil­co fut réa­li­sé à la fin des années 1970 avec Taï­wan. Dans les années 1980, le rap­pro­che­ment entre la Chine et Israël condui­rait l’Etat hébreu à réduire à son tour ses expor­ta­tions vers Taï­wan, mais entre­temps le groupe Mil­chan aurait béné­fi­cié de plu­sieurs beaux mar­chés.
(…)

En 1981, le Lakam chan­gea de tête pour la pre­mière fois, sur déci­sion du nou­veau ministre de la Défense, Ariel Sha­ron, qui trou­vait Blum­berg trop proche de Per­es à son goût pour un poste aus­si sen­sible. Il le rem­pla­ça par Rafi Eitan, un ami et ancien du Mos­sad alors âgé de 55 ans. Eitan était déjà à l’époque une légende du ren­sei­gne­ment israé­lien.

Ancien du Shin Bet et du Mos­sad, il avait com­man­dé l’équipe qui cap­tu­ra Eich­mann à Bue­nos Aires en 1960. A la fin des années 1960, il fai­sait par­tie de l’équipe qui tra­vailla sur l’affaire NUMEC, per­met­tant le rapa­trie­ment d’une grosse quan­ti­té d’uranium enri­chi. Ce qui montre au pas­sage que le Lakam n’était pas sans contact avec le Mos­sad, comme on l’a dit par la suite.

Dans les années 1970, Eitan devint direc­teur adjoint des opé­ra­tions du Mos­sad. C’était un petit homme myope et presque sourd d’une oreille, mais il ne fal­lait pas se fier à son allure. John Le Car­ré prit Eitan comme modèle pour son per­son­nage de Mar­ty Kurtz dans La Petite Fille au tam­bour, qui traque sans relâche les ter­ro­ristes pales­ti­niens.

En 1976, Eitan quit­ta le Mos­sad pour tra­vailler auprès de son ami Ariel Sha­ron, deve­nu conseiller de Rabin pour les affaires de sécu­ri­té. Puis il par­tit dans le pri­vé, où il s’ennuya ferme. C’est pour­quoi il accep­ta bien volon­tiers en 1978 de deve­nir conseiller anti­ter­ro­risme du Pre­mier ministre Begin, à l’instigation de son men­tor Sha­ron.

Et il sau­ta en 1981 sur l’opportunité de diri­ger le Lakam. Il avait conser­vé avec lui un fichier de sources et de saya­nim du Mos­sad en ter­ri­toire amé­ri­cain, pen­sant que cer­tains noms pour­raient lui être utiles. Par­mi eux, un cer­tain Jona­than Pol­lard, ana­lyste du ren­sei­gne­ment naval, affec­té au centre anti­ter­ro­riste de Suit­land dans le Mary­land.

Pol­lard était un Juif mili­tant, cho­qué de voir que le ren­sei­gne­ment amé­ri­cain ne par­ta­geait pas toutes ses infor­ma­tions sur le Moyen-Orient avec le Mos­sad. Il avait com­men­cé à four­nir des copies de rap­ports d’une grande valeur. Après plu­sieurs mois de pro­duc­tion, le Mos­sad avait déci­dé de lais­ser cette source “en jachère” pour ne pas l’exposer inuti­le­ment. Eitan sai­sit l’occasion de la réac­ti­ver, dans un pre­mier temps pour sa plus grande satis­fac­tion, sans savoir que Pol­lard allait le mener à perdre son poste quelques années plus tard.
(…)

Quelques jours plus tard, au Nou­vel An 1983, un ou des cam­brio­leurs péné­traient dans les entre­pôts et les bureaux de Mil­co et sai­sis­saient les ordi­na­teurs. Smyth ne put que décla­rer l’effraction et répondre aux ques­tions du FBI. Très effrayé par ce qui était en train de se pas­ser, il men­tion­na les kry­trons et le fait qu’il avait peut-être com­mis une erreur invo­lon­taire en les expé­diant. Il ten­ta ensuite de joindre Mil­chan, qui ne répon­dit pas. Le Lakam était déjà pas­sé en mode “contrôle des dom­mages” et Mil­chan avait ins­truc­tion de ne plus par­ler à Smyth.

Le FBI ne tar­da pas à mettre la main sur l’auteur du cam­brio­lage, un ado­les­cent qui avait sto­cké le pro­duit de son lar­cin dans le garage de ses parents. Mais cela ne met­tait pas un point final à l’affaire. Désor­mais le FBI s’intéressait de très près aux pro­duits com­mer­cia­li­sés par Mil­co, et res­ser­rait son étreinte sur Smyth et son épouse, éga­le­ment sala­riée de la société.Pendant ce temps, Mil­chan avait ces­sé toute com­mande, et la socié­té n’enregistrait plus aucune entrée de fonds.

Début 1985, Smyth était dans le col­li­ma­teur de la jus­tice amé­ri­caine, qui avait obte­nu la preuve des pré­cé­dentes demandes de licence d’exportation de Mil­co pour des kry­trons. Smyth ne pou­vait donc plus pré­tendre avoir agi par igno­rance des règles. Mil­co était la pre­mière vic­time d’un pro­gramme d’action des douanes, iro­ni­que­ment bap­ti­sé opé­ra­tion “Exo­dus”, pour mettre fin à l’exportation de tech­no­lo­gies duales. Sur le point d’être incul­pé, Smyth s’envola avec sa famille. Ils arri­vèrent en Israël comme tou­ristes, alors que la presse amé­ri­caine annon­çait son incul­pa­tion. Sa pré­sence sur le sol israé­lien deve­nait embar­ras­sante. Il était temps de pas­ser au niveau poli­tique pour mettre fin à l’affaire.

Des repré­sen­tants du gou­ver­ne­ment israé­lien expli­quèrent à l’administration Rea­gan que les kry­trons acquis par Israël avaient ser­vi pour des appli­ca­tions mili­taires clas­siques, autre­ment dit non nucléaires. En toute bonne foi, Israël pro­po­sait de res­ti­tuer ceux qui n’avaient pas été uti­li­sés, ce qui fut fait.
Presque au même moment, Shi­mon Per­es rece­vait la visite offi­cieuse d’un conseiller de Ronald Rea­gan, qui sol­li­ci­tait son aide pour obte­nir de l’Iran la libé­ra­tion d’otages amé­ri­cains rete­nus au Liban. C’était le début de l’affaire “Iran-Contra”, dans laquelle Israël ven­dit des armes à l’Iran dans l’espoir d’obtenir des libé­ra­tions d’otages.

Mil­chan n’y prit aucune part, son adver­saire Nim­ro­di ayant pré­emp­té le mar­ché afin de réta­blir sa posi­tion en Iran. Ce que l’on peut en revanche obser­ver, c’est qu’à par­tir de ce moment où l’administration Rea­gan sol­li­ci­tait les Israé­liens pour une mis­sion clan­des­tine des plus déli­cates, il ne fut plus ques­tion d’Arnon Mil­chan et des acti­vi­tés occultes du Lakam. De retour en Cali­for­nie, Smyth dut en revanche affron­ter la pers­pec­tive d’un pro­cès des plus sévères : il encou­rait jusqu’à cent cinq ans de pri­son !

Entre­temps, en novembre 1985, le public amé­ri­cain avait appris l’arrestation par le FBI d’un espion au ser­vice d’Israël : Jona­than Pol­lard, une affaire qui allait gros­sir jusqu’à deve­nir l’une des plus grandes crises entre Israël et les Etats-Unis. On com­men­çait alors dans les médias à par­ler du Lakam. Le couple Smyth déci­da à cette époque de s’enfuir pour de bon, et par­tit s’installer en Suisse, avant d’emménager en 1986 dans la sta­tion bal­néaire espa­gnole de Mala­ga.

C’est là qu’il devait être retrou­vé par la jus­tice amé­ri­caine en juin 2001, pour une rai­son des plus banales : ayant atteint l’âge de 65 ans, et presque à bout de res­sources, Smyth s’était ris­qué à faire valoir ses droits à la retraite auprès de la sécu­ri­té sociale amé­ri­caine, cal­cu­lant que l’énorme machine admi­nis­tra­tive ne ferait pas le lien avec un fugi­tif. Il avait tort.

Vingt ans après les faits qui lui étaient repro­chés, Smyth fut donc arrê­té et extra­dé vers les Etats-Unis. La jus­tice le condam­na à une peine de qua­rante mois de pri­son. Il fut libé­ré et mis en pro­ba­tion en 2005, et tota­le­ment libre en 2006.

Il serait rai­son­nable de pen­ser que pen­dant toute cette affaire, ou du moins la période la plus chaude, entre 1983 et 1985, Arnon Mil­chan fit pro­fil bas dans le monde des affaires et évi­ta de visi­ter les Etats-Unis. Il n’en est rien. Dans les années 1980, le tou­jours hyper­ac­tif et insa­tiable Arnon Mil­chan ajou­ta une corde à son arc : après quelques inves­tis­se­ments ponc­tuels dans le ciné­ma, il aspi­rait à deve­nir un pro­duc­teur à part entière. Bien enten­du, il ne pou­vait pour cela faire valoir aucune expé­rience sérieuse du métier.

L’histoire d’Hollywood est d’une cer­taine manière celle d’un gouffre finan­cier qui a vu défi­ler nombre de gogos richis­simes, éblouis par ce monde de stars et d’illusion. Dans les seules années 1980, Sony (acqué­reur de Colum­bia) et le Cré­dit lyon­nais (dans l’affaire MGM) ont payé pour apprendre qu’un inves­tis­se­ment dans un stu­dio hol­ly­woo­dien est rare­ment ren­table et qu’on s’y fait plu­mer plus sou­vent qu’à son tour, avec le sou­rire. C’est dire si l’arrivée d’Arnon Mil­chan dans la Mecque du ciné­ma pro­vo­qua des rica­ne­ments, du moins chez ceux qui prirent la peine de l’écouter.

Néan­moins, avec la même déter­mi­na­tion qu’il avait mis à apprendre le busi­ness des armes, l’entrepreneur déci­da de se réin­ven­ter une nou­velle fois comme pro­duc­teur. Il n’est pas pos­sible de livrer ici le détail de cette odys­sée, que l’on trou­ve­ra dans sa bio­gra­phie offi­cielle. Le démar­rage fut chao­tique, mais témoi­gna d’une cer­taine qua­li­té de juge­ment ciné­phi­lique : Mar­tin Scor­sese (The King of Come­dy, 1983), Ser­gio Leone (Il était une fois en Amé­rique, 1984) et Ter­ry Gil­liam (Bra­zil, 1985).

Trois fortes per­son­na­li­tés, trois tour­nages catas­tro­phiques (dont le der­nier se sol­da par un conflit ouvert avec le stu­dio char­gé de dis­tri­buer le film), mais à l’arrivée au moins deux films cultes. A l’issue de cette pre­mière séquence qui aurait pu tuer la plu­part des pro­duc­teurs expé­ri­men­tés, Arnon Mil­chan recon­nut qu’il fal­lait peut-être deve­nir un peu plus grand public. Après quelques essais moyen­ne­ment convain­cants, il ache­ta pour une bou­chée de pain un scé­na­rio qui avait été reje­té par presque tout Hol­ly­wood. Et qui devint Pret­ty Woman, le “car­ton” de l’année 1990.

Depuis lors, plus per­sonne ne ricane à Hol­ly­wood sur le pas­sage d’Arnon Mil­chan, dont les pro­duc­tions naviguent entre le fami­lial (les séries Sau­vez Willy, Alvin et les Chip­munks, Fan­tas­tic Mr Fox), le film d’action (Under Siege, Mr & Ms Smith), le film de vam­pires et le polar haut de gamme (Heat, LA confi­den­tial). Deve­nu une figure du Tout-Hol­ly­wood, Arnon arrive même à être en affaires simul­ta­né­ment avec des enne­mis jurés comme Sum­mer Red­stone, le patron de Via­com, et Rupert Mur­doch, le pro­prié­taire de la Fox. En 1991, sur­fant sur la vague de Pret­ty Woman, il a créé son propre mini-stu­dio, New Regen­cy, en asso­cia­tion avec War­ner et Canal +, et une par­ti­ci­pa­tion de Sil­vio Ber­lus­co­ni. Le pre­mier gros pro­jet du stu­dio a été JFK d’Oliver Stone. En 2011, New Regen­cy a signé un nou­veau par­te­na­riat avec le stu­dio Fox, qui doit cou­rir jusque 2022.
Arnon aurait-il entre­temps aban­don­né ses autres acti­vi­tés ? Pas davan­tage. Tout occu­pé qu’il était à mon­ter New Regen­cy en 1991, il a aus­si trou­vé le temps au début de la guerre du Golfe de négo­cier pour le minis­tère israé­lien de la Défense l’achat express de mis­siles Patriot pour faire pièce aux Scud que Sad­dam Hus­sein mena­çait de lan­cer sur l’Etat hébreu. Et, depuis lors, il reste un inter­mé­diaire pri­vi­lé­gié pour l’industrie d’armement du monde entier.
Offi­ciel­le­ment, le Lakam a été dis­sous après le scan­dale de l’affaire Pol­lard en 1985.

Offi­cieu­se­ment, il n’en conti­nue pas moins ses acti­vi­tés sous un autre nom, par­tout dans le monde. Sauf aux Etats-Unis, affirme-t-on à Tel-Aviv. De son côté la famille Smyth essaie d’oublier toute cette affaire et vit avec de maigres res­sources dans un cam­ping-car en Cali­for­nie. Arnon Mil­chan, qui fré­quente aus­si bien Brad Pitt et Ange­li­na Jolie que Shi­mon Per­es et Benya­min Neta­nya­hou, est de ceux qui ont per­mis à Israël de mener à bien son pro­gramme de recherche nucléaire. Mais il serait éton­nant qu’il s’arrête là, à seule­ment 68 ans.
(…)

Les guerres secrètes du Mos­sad, d’Yvonnick Denoël.
Edi­tions : Nou­veau Monde. 2012

Lenou­ve­le­co­no­miste