Et si c’était moi ?

Une video avec

Agir pour la paix
Ligue des droits humains

La liste est à dis­po­si­tion du public sur le site : http://www.unitedagainstregugeedeaths.eu/

#say­their­names ! (dites leurs noms !)

Réalisation

ZIN TV — juin 2019

Le 20 juin, à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, des citoyens ont participé à une lecture publique de cette liste à Bruxelles, capitale de l’Europe.

20/06/2019 — Jour­née mon­diale des réfugié.e.s

Depuis quelques années un col­lec­tif d’ONG appe­lé UNITED col­lecte et com­pile les don­nées concer­nant les per­sonnes dis­pa­rues en essayant d’atteindre l’Europe for­te­resse. La liste est mise à dis­po­si­tion du public sur leur site inter­net. L’Union euro­péenne, en géné­ral si prompte à mettre la vie des euro­péens en sta­tis­tique, ne tient aucune comp­ta­bi­li­té de ces morts là. Pour­quoi ?

“Parce que les comp­ter ça serait recon­naître leur exis­tence et donc s’interroger sur les consé­quences meur­trières de ces poli­tiques migra­toires. ”

Le 20 juin, à l’occasion de la jour­née mon­diale des réfu­giés, des citoyens ont par­ti­ci­pé à une lec­ture publique de cette liste à Bruxelles, capi­tale de l’Europe.

36.570 per­sonnes. La liste de la honte est longue est cer­tai­ne­ment pas com­plète. Com­bien ont dis­pa­ru sans même qu’on retrouve une trace ?

#say­their­names ! (dites leurs noms !)

 


Par­don la mer… lettre d’un homme mort.

Par­don ma femme, je ne pour­rai faire construire la mai­son de nos rêves
et tu ne pour­ras y accro­cher ton man­teau.

Par­don mon fils, je vou­lais t’acheter le por­table que tu dési­rais tant,
comme tes copains. Mais je ne le pour­rai pas.

Par­don mon frère, je vou­lais t’envoyer chaque mois l’argent pour tes études.
Mais je ne le pour­rai pas.

Par­don maman, je vou­lais t’envoyer le médi­ca­ment pour ta tête et l’argent pour ton appa­reil den­taire.
Mais je ne le pour­rai pas.

J’ai dépen­sé toutes nos éco­no­mies et ça n’aura ser­vi à rien.
Le bateau a cou­lé.

Je n’attendrai pas l’Europe.
Ne sois pas triste si on ne retrouve pas mon corps.
Cela t’évitera les frais de trans­port et les funé­railles.

Par­don­nez-moi vous qui me repê­chez
quand nous ne sommes plus que des cha­rognes gon­flées d’eau.

Je vou­drais vous aider, mais je ne sais même pas où je me noie.

Par­don la mer.

Mer­ci de m’accepter dans tes eaux sans visa ni pas­se­port.

Par­don de souiller ta beau­té en finis­sant ain­si.

Mer­ci à vous pois­sons qui man­ge­rez ma chair.

Me voi­là libé­ré.

Je n’étais qu’un far­deau.

Libre­ment ins­pi­ré d’une lettre trou­vée sur le corps sans vie d’un migrant ayant ten­té la tra­ver­sée de la Médi­ter­ra­née.
Source : dro­ne­ca­mer

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