L’Europe et la Palestine : Responsabilité historique et engagements rhétoriques

Cette confé­rence inti­tu­lée “L’Europe et la Pales­tine : Res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique et diplo­ma­tie décla­ra­toire” a eu lieu le 13 mars 2025 à la Mai­son du Livre de Saint-Gilles à l’initiative de Démo­cra­tie Active Bruxelles, un col­lec­tif citoyen indé­pen­dant né à Saint-Gilles, au cœur des mobi­li­sa­tions contre les vio­lences poli­cières et les logiques sécu­ri­taires qui marquent les quar­tiers popu­laires de Bruxelles. 

Fon­dé par Theo Mewis et Bin­ta Lieb­mann Dial­lo, le groupe s’est consti­tué autour de la jus­tice sociale, la liber­té d’expression et la par­ti­ci­pa­tion poli­tique des habitant·es trop sou­vent tenu.es à l’écart du débat public. Iels ont invi­té Bicha­ra Kha­der, pro­fes­seur émé­rite et fon­da­teur du Centre d’études et de recherches sur le monde arabe contem­po­rain à l’UCL, à prendre la parole à Saint-Gilles suite à l’annulation de sa confé­rence pré­vue à Water­loo début févruer. La bourg­mestre de Waterloo, Flo­rence Reu­ter (MR), en déci­dant d’an­nu­ler cette confé­rence, avait pré­fé­ré céder aux pres­sions de quelques uns et à une énième ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la lutte contre l’antisémitisme. Pour le col­lec­tif Démo­cra­tie Active Bruxelles, le choix de repro­gram­mer une inter­ven­tion de Bicha­ra Kader s’est impo­sé comme un acte de répa­ra­tion poli­tique et sym­bo­lique. Lorsque la parole d’un uni­ver­si­taire est cen­su­rée du fait de son ori­gine ou de son sujet, c’est notre res­pon­sa­bi­li­té col­lec­tive de lui redon­ner un espace.

Réorga­ni­ser cette confé­rence n’était pas seule­ment une réponse à une inter­dic­tion : c’était une manière d’affirmer que les savoirs cri­tiques ont droit au cha­pitre, que les habitant·es ont le droit de com­prendre, de débattre et de se posi­tion­ner sur des ques­tions inter­na­tio­nales que comme sur leurs réa­li­tés locales.
La confé­rence de Mon­sieur Kader consti­tue un bref mais salu­taire rap­pel his­to­rique des res­pon­sa­bi­li­tés de l’Europe dans le drame pales­ti­nien via sa par­ti­ci­pa­tion dans l’é­ta­blis­se­ment du pro­jet colo­nial sio­niste en Pales­tineElle per­met de recen­trer le débat sur les faits mais aus­si sur les res­pon­sa­bi­li­tés dans un contexte de géno­cide, sur le silence diplo­ma­tique et la cri­mi­na­li­sa­tion de la solidarité.

Rap­pe­lons que plus d’un an et demi après le début du géno­cide en Pales­tine, l’Union Euro­péenne, qui est le pre­mier par­te­naire com­mer­cial d’Israël, n’a tou­jours pas pris une seule mesure pour ten­ter de faire ces­ser ce mas­sacre. Il existe pour­tant des leviers d’action à sa por­tée. Entre autres, sus­pendre l’Accord d’association avec Israël, un trai­té qui régit les rela­tions entre l’UE et Israël à tous les niveaux. Au contraire, il sem­ble­rait l’UE compte plu­tôt inten­si­fier ses rela­tions avec le régime israélien… 

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