Prêts à tuer parce qu’ils ne veulent pas de collectif ?

par la ZAD de NDDL

Cet après-midi dans la foule prise en étau entre des rangs de poli­ciers, il était clair pour tous que l’État serait désor­mais prêt à tuer pour finir son opé­ra­tion.

COMMUNIQUÉ (jeudi 12 avril)

Mer­cre­di 11 avril, 6 lieux de vie et habi­tats sup­plé­men­taires de la zad ont été détruits : Séche­rie, Aca­trelle, Iso­lette, Boîte noire, Entre deux, Gaie­té… Ils conti­nuent d’essayer d’éradiquer nos vies, notre his­toire.

Des cen­taines de sou­tiens étaient pré­sents pour un pique-nique de pro­tes­ta­tion ce midi. A 14h un défer­le­ment de gaz lacry­mo­gènes et de gre­nades, per­çant les chairs, s’est abat­tu sur une foule fes­tive et mul­ti­gé­né­ra­tion­nelle qui dan­sait avec une batu­ca­da sur un champs à côté des Fosses Noires.

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Cette attaque ain­si que celles extrê­me­ment bru­tales qui ont sui­vi immé­dia­te­ment autour de la mai­son de la Grée et au car­re­four de la Saulce ont pro­vo­qué de très nom­breuses bles­sures. L’équipe médic fait état de plus de 80 bles­sés Le bilan de 17h45 (non exhaus­tif et sous-éva­lué du fait des dif­fi­cul­tés de cir­cu­la­tion sur la zone empê­chant d’atteindre tous les bles­sés) fait état de 15 bles­sures au Fla­sh­ball, dont une grave au visage ; 16 bles­sures suite à des tirs ten­dus de gre­nades lacry­mo­gènes à la tête. Il y a aus­si eu 22 bles­sures liées à des explo­sions de gre­nades : une quin­zaine liées à des éclats, y com­pris à la gorge, et avec des séquelles sus­pec­tées au niveau des ten­dons et des nerfs. Par ailleurs, des troubles audi­tifs liées aux explo­sions de gre­nade F4 tirées à l’aveugle sur les gent.te.s ont été consta­tées, ain­si que plus de 12 bles­sures diverses à la tête, cer­taines tou­chant l’œil. Une per­sonne gra­ve­ment bles­sée a dû être éva­cuée par des aides-soignant.e.s dont le véhi­cule a été blo­qué pen­dant plus de 30 minutes, avant d’avoir accès au SAMU, sans que les soignant.e.s soient autorisé.e.s à reve­nir vers le QG medic. Trois jour­na­listes ont été bles­sés après avoir été déli­bé­re­ment visés. La pré­fec­ture a aus­si fait le choix de cou­per l’électricité dans les mai­sons en dur encore lais­sées debout, autour des habi­tats atta­qués. Une femme enceinte et deux enfants en bas âge sont ce soir pri­vés d’électricité.

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Une ques­tion est ce soir sur toute les lèvres, dans les lieux encore debouts dans le bocage, dans les foyers des cen­taines de mil­liers de per­sonnes dans ce pays pour qui la zad repré­sente tou­jours un espoir : jusqu’où le gou­ver­ne­ment Macron ira-t-il ? Cet après-midi dans la foule prise en étau entre des rangs de poli­ciers, il était clair pour tous que l’État serait désor­mais prêt à tuer pour finir son opé­ra­tion. Ces chairs bles­sées, ces morts pos­sibles dans l’acharnement poli­cier sont désor­mais le prix que l’État macro­nien est prêt à payer pour ne lais­ser aucune place à un espace d’expérimentation col­lec­tive, pour enrayer la soli­da­ri­té.

Nous conti­nuons à exi­ger la fin des expul­sions et des vio­lences poli­cières. Nous n’avons d’autres choix que de conti­nuer à défendre nos vies ici et nos mai­sons sur le ter­rain. Il est incom­pré­hen­sible de pré­tendre vou­loir, comme l’a fait aujourd’hui encore la pré­fète Nicole Klein, un retour au dia­logue tout en menant une telle opé­ra­tion d’éradication. La zad est meur­trie mais la zad est encore debout.

Nous appe­lons toutes celles et ceux qui le peuvent à nous rejoindre dès jeu­di et en masse dimanche

Nous rap­pe­lons le ren­dez vous de jeu­di à 9h devant le Tri­bu­nal de Nantes où la pré­fète devra s’expliquer devant la jus­tice quant aux expul­sions illé­gales, notam­ment celle des 100 Noms.

Nous rap­pe­lons les ren­dez vous de same­di 14, pour la mani­fes­ta­tion à Nantes contre les expul­sions de la zad (ren­dez-vous 16h30 place du cirque) et dimanche 15 pour une grande conver­gence sur la zad pour répondre sur le ter­rain à l’opération d’expulsion.

[Zone à Defendre->https://zad.nadir.org/]