Rapport d’une délégation de la CGT à la grève générale en Belgique

Même si la bourgeoisie va tout faire pour minimiser votre mouvement, les travailleurs de chez nous vous regardent.

Un tour dans la Bel­gique en Grève…
de : UL CGT Tour­coing
lun­di 30 jan­vier 2012

C’est une Bel­gique sans trans­ports en com­mun et aux indus­tries blo­quées que notre délé­ga­tion de l’Union Locale de Tour­coing a visi­té ce jour de grève géné­rale.

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Bel­gique : Gréve géné­rale

Nous avons pu nous rendre, dans la ban­lieue de Cour­trai, sur trois sites indus­triels blo­qués, où le taux de gré­vistes appro­chait les 100 %.

L’accueil que nous avons reçu fut très cha­leu­reux. L’effort que nous avions fait, de tra­duire notre tract en fla­mand, ajou­ta à la consi­dé­ra­tion qui nous entou­rait.

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A Cour­trai

Les tra­vailleurs belges se sont mon­trés curieux de la situa­tion chez nous : est-ce que nous vivions les mêmes attaques contre les retraites ? Les mêmes attaques contre les salaires, contre l’emploi, contre le pou­voir d’achat ? Le tra­vail était-il si dur du côté de “nos” usines ? Le patro­nat était-il aus­si féroce dans sa volon­té de cas­ser le syn­di­cat ? Les médias qui, en Bel­gique, titraient bien sou­vent sur les “gênes” occa­sion­nées par la grève, et donc sur la néces­si­té de légi­fé­rer contre le droit de grève, fai­saient-ils le même tra­vail en France ? Enfin, notre gou­ver­ne­ment, était-il, comme le leur, au ser­vice exclu­sif de la finance ?

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A toutes ces ques­tions nos mili­tants ont répon­du avec évi­dence par l’affirmative. Ils ont sou­li­gné la démarche inter­na­tio­na­liste qui était la leur, et la néces­si­té de créer des liens entre les tra­vailleurs, et d’abord entre tous ceux qui luttent pied à pied contre le capi­tal des­truc­teur.

Ils ont don­né ren­dez-vous à leurs cama­rades de Bel­gique pour le mou­ve­ment social qui ne tar­de­ra pas à naître chez nous, et ont sou­li­gné le carac­tère exem­plaire de leur grève géné­rale.

Même si le syn­di­ca­lisme belge reste glo­ba­le­ment mar­qué par des concep­tions plus proches de la com­pli­ci­té de classe de type CES que de la lutte des classes, les mili­tants réso­lus que nous avons ren­con­trés nous ont dit tout le tra­vail qu’ils fai­saient pour réorien­ter leurs syn­di­cats dans un sens plus com­pa­tible avec les inté­rêts concrets des sala­riés et pour iso­ler l’opportunisme. Face à l’intimidation et aux pres­sions anti-syn­di­cales, très sen­sibles à la veille de cette jour­née de grève, ils ont aus­si insis­té sur la néces­si­té de l’unité et du “tra­vail par étapes”.

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C’est sur ces consi­dé­ra­tions que s’est ache­vée notre “jour­née belge”, autour d’un verre, en com­pa­gnie de Eddy Van Lan­cker, Secré­taire fédé­ral FGTB, Erik Van­deur­sen Secré­taire Pro­vin­cial Inter­pro (Flandre Occi­den­tale) FGTB, et un autre res­pon­sable FGTB, par ailleurs notre guide, le cama­rade Filip Des­met.

Le com­bat ne fait que com­men­cer.

UL CGT Tour­coing


Notre tract :

UNION LOCALE DE TOURCOING ET ENVIRONS

TRAVAILLEURS BELGES,

En venant à vous, notre délé­ga­tion de tra­vailleurs syn­di­qués à la CGT de Tour­coing, a quelques mes­sages à vous trans­mettre :

- En ce jour de grève géné­rale, même si la bour­geoi­sie va tout faire pour mini­mi­ser votre mou­ve­ment, les tra­vailleurs de chez nous vous regardent, vous encou­ragent et vous féli­citent. Nous sou­hai­tons vive­ment la réus­site de votre grève, et qu’elle soit le début d’un mou­ve­ment encore plus large ; qu’elle donne l’exemple aux autres tra­vailleurs d’Europe.

- En vous mobi­li­sant mas­si­ve­ment contre le patro­nat et le gou­ver­ne­ment nom­mé par les banques, contre la remise en cause de vos droits à la retraite, contre la remise en cause de l’index, contre une exploi­ta­tion tou­jours plus féroce, vous mon­trez la voie à suivre !

- Non, cette dette n’est pas la nôtre, qu’elle soit « belge », « fran­çaise », « grecque » ou d’ailleurs, c’est la dette du capi­tal envers les tra­vailleurs ! C’est aux patrons de payer ! Et dans ce com­bat radi­cal qu’il nous faut mener tous ensemble, nous disons avec vous que l’ennemi n’est pas le tra­vailleur wal­lon ou fla­mand, n’est pas le tra­vailleur grec ou le tra­vailleur immi­gré… Tous, nous avons les mêmes patrons, les mêmes rapaces volent au des­sus de nos têtes, tous nous avons les mêmes inté­rêts, et c’est tous ensemble que nous pour­rons garan­tir nos emplois, nos salaires, nos droits, un ave­nir pour nos enfants…

IL FAUT FAIRE PAYER CEUX QUI EN ONT LES MOYENS !

PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS


UNION LOCALE DE TOURCOING ET ENVIRONS

AAN DE BELGISCHE WERKNEMERS

Wij willen u bij dit soli­da­ri­teits­be­zoek het vol­gende zeg­gen :

- Het patro­naat doet op deze sta­kers­dag natuur­lijk alles om uw sta­king te mini­ma­li­se­ren. Maar de Franse werk­ne­mers kij­ken naar u op, steu­nen u en feli­ci­te­ren u. Wij hopen echt dat jul­lie sta­king lukt en het begin wordt van een nog gro­tere bewe­ging. Zo wordt het een voor­beeld voor alle werk­ne­mers van Euro­pa.

-Jul­lie mobi­li­sa­tie toont de weg. Tegen het patro­naat en de rege­ring die werkt ten dienste van de ban­ken. Tegen de afbraak van brug­pen­sioen en pen­sioen, tegen het in vraag stel­len van de index, tegen een steeds gro­ter wor­dende arbeid­sdruk.

-De schul­den zijn niet Bel­gisch of Frans of Grieks. Het patro­naat heeft ze gemaakt en het is aan hen om ze te beta­len. De vijand is dus niet de Waalse of de Vlaamse werk­ne­mer, niet de Griekse werk­ne­mer of migrant. Wij staan tege­no­ver dezelfde patroons en spe­cu­lan­ten. Wij heb­ben dezelfde belan­gen en allen samen zul­len we ons werk, ons loon, onze rech­ten en een toe­kom­st voor onze kin­de­ren moe­ten ver­de­di­gen.

ZIJ DIE DE MIDDELEN HEBBEN, MOETEN BETALEN !

SOLIDARITEIT TUSSEN WERKNEMERS VAN ALLE LANDEN !