Plus chaud que le climat !

Réa­li­sa­tion : PVLS — Per­ma­nence vidéo des luttes sociales

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Une mobilisation record : la plus grande manifestation pour le climat, ce dimanche 2 décembre à Bruxelles avec la participation de 75.000 personnes. Depuis la signature de l’Accord de Paris en 2015, les ambitions belges s’effondrent, tandis que les émissions de CO2 augmentent.

Beau­coup de per­sonnes à la manif … mais par­mi elles Marie Chris­tine Mar­ghem, ministre MR de l’en­vi­ron­ne­ment, et le Pre­mier ministre qui s’est même féli­ci­té de la mobi­li­sa­tion !

Et pour­tant, deux jours seule­ment après cette marche record pour le cli­mat à Bruxelles, le 4 décembre 2018, la Bel­gique a voté contre deux textes euro­péens sur le cli­mat. Ces textes pré­voient que d’i­ci à 2030 l’U­nion euro­péenne devra atteindre 32% d’éner­gie renou­ve­lable et 32,5% d’ef­fi­ca­ci­té éner­gé­tique, des objec­tifs remis en ques­tion par les auto­ri­tés belges.

« il faut plus d’ambition de la part de nos déci­deurs belges sur le plan euro­péen et inter­na­tio­nal en dépas­sant les cli­vages entre Fédé­ral et Régions ou entre par­tis poli­tiques. » comme le sou­ligne Nico­las Van Nuf­fel, pré­sident de la Coa­li­tion Cli­mat. Le cap a été don­né par le rap­port du GIEC : « nous ne pou­vons dépas­ser 1,5°C de réchauf­fe­ment et pour y arri­ver, nos émis­sions doivent être réduites d’au moins 55% d’ici 2030. Nous atten­dons de la Bel­gique qu’elle rejoigne le camp des pays ambi­tieux au sein de l’Union euro­péenne. »

Le mou­ve­ment pour le cli­mat est-il uni­taire ? Le socio­logue Raz­mig Keu­cheyan s’affaire à décons­truire le consen­sus qui règne sur le sujet, non pour dénon­cer les idéaux éco­lo­gistes, mais pour faire appa­raître l’écologisme tel qu’il l’ob­serve : un simu­lacre. La cause envi­ron­ne­men­tale est, selon lui, pro­gres­si­ve­ment inves­tie par des dyna­miques capi­ta­listes qui, si elles peuvent sem­bler com­pa­tibles avec l’écologie, n’ont pour but pre­mier que l’accumulation de pro­fits. Pour l’auteur, ce fait doit être ana­ly­sé.

Ain­si, les catas­trophes natu­relles annon­cées, la lutte contre la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive de la bio­di­ver­si­té font désor­mais l’objet de spé­cu­la­tions finan­cières à très grande échelle, à tra­vers l’expansion d’un mar­ché de la réas­su­rance pro­li­fique, et l’échange de « droits à pol­luer » ou d’« obli­ga­tions catas­trophe ». Fina­le­ment, la lutte pour la sau­ve­garde de la nature consti­tue l’opportunité d’ouvrir de nou­veaux mar­chés, sources de pro­fits inédits. La pro­tec­tion de l’environnement se tra­duit éga­le­ment dans le ren­for­ce­ment d’inégalités exis­tantes.
Ce sont évi­dem­ment les pays les plus pauvres qui souf­fri­ront le plus des consé­quences du dérè­gle­ment cli­ma­tique, et au sein même des pays, les « inéga­li­tés éco­lo­giques » vont se creu­ser. Ain­si, aux États-Unis, c’est bien sou­vent dans les régions habi­tées par des mino­ri­tés raciales que l’on trouve, de nos jours, les décharges de déchets toxiques…

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