Rassemblement à Bruxelles : Libérez Assange !

Rassemblement en soutien à Julian Assange # Acte 46

24.02 2020
17h - 19h
Ambassade de Grande Bretagne

pour sou­te­nir Julian Assange :

COMITEASSANGEBELGIUM

Une réa­li­sa­tion : PVLS — Per­ma­nence vidéo des luttes sociales

Julian Assange est un réfu­gié poli­tique sen­sé être pro­té­gé par le droit inter­na­tio­nal. En le pri­vant de liber­té, la Grande-Bre­tagne, l’É­qua­teur et l’UE se sont ali­gnés à Donald Trump et sont désor­mais com­plices !

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Les fake-news cir­culent libre­ment et ceux qui révèlent la véri­té sont per­sé­cu­tés et empri­son­nés.

Ce lun­di 15 avril 2019, à Bruxelles s’est tenu un ras­sem­ble­ment devant l’Am­bas­sade de Grande Bre­tagne pour exi­ger la libé­ra­tion de Julian Assange… et de rap­pe­ler le besoin de pro­té­ger les lan­ceurs d’alertes ! Julian Assange est un réfu­gié poli­tique sen­sé être pro­té­gé par le droit inter­na­tio­nal. En le pri­vant de liber­té, la Grande-Bre­tagne, l’É­qua­teur et l’UE se sont ali­gnés à Donald Trump et sont désor­mais com­plices ! Alors que c’est un droit et un devoir de dénon­cer les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ! A tra­vers ce qui est repro­ché à Julian Assange, c’est aus­si la liber­té de l’information qui est mena­cée.

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Assange puni par les méchants

Il ne reste pas grand-chose à ajou­ter à tout ce qui a déjà été dit, et l’a été, sur l’af­faire Assange. Une opé­ra­tion qui viole abso­lu­ment le droit inter­na­tio­nal tel qu’é­ta­bli par le Groupe de tra­vail des Nations Unies contre la déten­tion arbi­traire, qui, dans une réso­lu­tion exhaus­tive datée du 4 décembre 2015, a éta­bli que la déten­tion du fon­da­teur de Wiki­leaks était arbi­traire et illé­gale et devait être libé­ré. En outre, le para­graphe 100 exi­geait que “les Gou­ver­ne­ments sué­dois et bri­tan­nique garan­tissent la situa­tion de M. Assange afin d’as­su­rer sa sécu­ri­té et son inté­gri­té phy­sique, de faci­li­ter l’exer­cice de son droit à la liber­té de cir­cu­la­tion aus­si rapi­de­ment que pos­sible et de garan­tir le plein exer­cice des droits garan­tis par les normes inter­na­tio­nales en matière de déten­tion des per­sonnes”.

Dans un sys­tème inter­na­tio­nal où la léga­li­té dure­ment acquise depuis la fin de la Seconde Guerre mon­diale est de plus en plus bafouée, ce qui s’est pas­sé n’a rien d’é­ton­nant. Dans cette véri­table tra­gé­die pour l’hu­ma­ni­té — car c’est bien ce que signi­fie la per­sé­cu­tion de Julian Assange — il y a quelques méchants.

L’un, Lenín More­no, une syn­thèse répu­gnante de Judas et Barabás qui prive l’Australien natio­na­li­sé équa­to­rien de l’a­sile diplo­ma­tique accor­dé il y a sept ans. Peu après l’avoir pri­vé d’ac­cès à Inter­net et au télé­phone, il est accu­sé d’être celui qui a mis en lumière les négo­cia­tions obs­cures de More­no. Le pré­sident de l’Équateur “Judas” est d’au­tant plus détes­table qu’il n’a même pas eu le cou­rage d’ex­pul­ser le requé­rant du siège de l’am­bas­sade de l’Équateur à Londres, mais a plu­tôt deman­dé à la police métro­po­li­taine, en vio­la­tion de son immu­ni­té diplo­ma­tique, de péné­trer dans le bâti­ment et de l’ap­pré­hen­der de force. Rare­ment un tel exemple de vile­nie et de ser­vi­li­té n’a été vu face aux ordres de l’empire, dési­reux de don­ner une leçon exem­plaire à Assange comme un signal inti­mi­dant à ceux qui, comme lui, veulent garan­tir le droit à l’in­for­ma­tion, une com­po­sante essen­tielle d’un ordre poli­tique démo­cra­tique.

Deuxiè­me­ment, la Mai­son Blanche… c’est l’autre méchant, et cela depuis l’é­poque du “pro­gres­siste” Barack Oba­ma qui a fait l’im­pos­sible pour extra­der Assange vers les Etats-Unis. Si cela devait se pro­duire, le jour­na­liste devrait, si cette demande était accep­tée, être sou­mis à des “tech­niques d’in­ter­ro­ga­toire très dures” (euphé­misme pour évi­ter de dire tor­ture), à une suc­ces­sion sans fin de pro­cès et d’ac­cu­sa­tions, à la pri­son et, pro­ba­ble­ment, à son meurtre dans une “muti­ne­rie de pri­son­niers” bien orches­tré d’une pri­son peu­plée de voyous, nar­cos et cri­mi­nels de la pire sorte. Sa mort éven­tuelle dans un conflit entre pri­son­niers empê­che­rait les États-Unis d’être accu­sée d’a­voir condam­né à mort un homme qui vou­lait juste que la véri­té soit connue de tous.

Troi­siè­me­ment, les impré­sen­tables “repré­sen­tants du peuple” à la Chambre des com­munes du Royaume-Uni et du Congrès éta­su­nien. Les pre­miers ont à peine répri­mé joie par des grandes mani­fes­ta­tions jubi­la­toires lorsque le Pre­mier ministre The­re­sa May a attes­té de l’ar­res­ta­tion d’As­sange. La même chose s’est pro­duite au Sénat et à la Chambre des repré­sen­tants des États-Unis, com­po­sés en grande par­tie de poli­ti­ciens qui se sont enri­chi par leur fonc­tion légis­la­tive en pro­té­geant les lob­bies et les entre­prises qui finan­çaient leur car­rière poli­tique et en condam­nant la majo­ri­té de la popu­la­tion de leur pays à des dif­fi­cul­tés éco­no­miques crois­santes au point où “le 1% le plus riche des États-Unis pos­sède un reve­nu supé­rieur à 90% de la popu­la­tion”. Ces per­son­nages sont ceux qui ont per­mis au sala­rié moyen de ce pays de “devoir tra­vailler plus d’un mois pour gagner ce qu’un PDG gagne en une heure”. Eh bien : c’est cette racaille-là qui a célé­bré avec joie l’ar­res­ta­tion d’As­sange (voir dans : Nicho­las Kris­tof : “An Idiot’s Guide to Inequa­li­ty”, dans le New York Times, 22 juillet 2014 et dans la note de William Mars­den, “Oba­ma’s State of the Union speech will be call to arms on wealth gap”, 26 jan­vier 2014).

Enfin, qua­triè­me­ment, les gou­ver­ne­ments euro­péens qui non seule­ment consentent à l’at­taque de Washing­ton contre la libre cir­cu­la­tion de l’in­for­ma­tion et la trans­pa­rence essen­tielle de la ges­tion publique, mais admettent aus­si, en tant que vas­saux indignes, que les sou­haits de la Mai­son Blanche et les lois adop­tées par le Congrès de ce pays sont désor­mais extra­ter­ri­to­riaux et appli­qués dans leur propre pays sans ten­ter le moindre signe de contes­ta­tion ou de résis­tance. En ce sens, l’accompagnement embar­ras­sant de l’Europe aux déci­sions de Washing­ton : de l’af­faire Assange aux sanc­tions éco­no­miques contre la Rus­sie ; ou de la cam­pagne cri­mi­nelle contre Kadha­fi en Libye à l’a­gres­sion bru­tale contre la Syrie ; ou du blo­cus de Cuba jusqu’au clown d’o­pé­rette mon­té autour du per­son­nage de Juan Guaidó au Vene­zue­la, disent clai­re­ment que l’art du bon gou­ver­ne­ment est quelque chose qui semble avoir été per­du dans une Europe qui a aban­don­né toute pré­ten­tion de sou­ve­rai­ne­té natio­nale et de digni­té et s’est rési­gnée à rem­plir le rôle désho­no­rant d’un ami fidèle des troupes de l’Em­pe­reur.

Par Ati­lio A. Boron
Socio­logue Argen­tin
Source de l’ar­ticle : Soli­da­ri­dad / tra­duit par ZINTV

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