Vingt-trois journalistes assassinés au Honduras en deux ans

Un témoignage d'Alexander Main, du Center for economic and policy research de Washington.

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Par Ber­nard Cas­sen | 29 juillet 2012

Secré­taire géné­ral de Mémoire des luttes, pré­sident d’honneur d’Attac

Bien qu’elles soient loin d’être exemptes de biais idéo­lo­giques, les orga­ni­sa­tions de défense des droits de l’homme et de la liber­té d’expression font en géné­ral leur tra­vail. L’important est ce qu’il advient de leurs rap­ports. Qu’en font les grands médias sans les­quels ces docu­ments n’ont aucune chance d’exercer une pres­sion sur les Etats « délin­quants » ?

En Amé­rique latine, le cas du Hon­du­ras est exem­plaire à cet égard. Depuis l’élection à la pré­si­dence, en jan­vier 2010, de Por­fi­rio Lobo, orga­ni­sée par les put­schistes qui avaient ren­ver­sé, en juin 2009, le pré­sident Manuel Zelaya, 23 jour­na­listes ont été assas­si­nés dans ce pays de 6,5 mil­lions d’habitants (soit dix fois moins que la France). Des dizaines d’autres ont été vic­times de vio­lences, ont reçu des menaces de mort ou se sont trou­vés dans l’impossibilité de faire leur tra­vail.

C’est ce que rap­pelle et docu­mente le témoi­gnage d’Alexander Main (docu­ment pdf ci-des­sous) pré­sen­té à la Com­mis­sion Tom Lan­tos des droits de l’homme du Congrès des Etats-Unis, qui porte le nom de son fon­da­teur, le Repré­sen­tant du 12ème dis­trict de Cali­for­nie Tom Lan­tos, décé­dé en 2008.

Fai­sons un test média­tique. Le Monde du 18 juillet der­nier a consa­cré un article sur 4 colonnes au rap­port de Human Rights Watch (HRW) sur le Vene­zue­la, qui dénonce ce qu’il consi­dère comme « une jus­tice aux ordres du pré­sident et des médias contraints à l’autocensure ». Le même HRW, Amnes­ty Inter­na­tio­nal, Repor­ters sans fron­tières, l’Organisation des Etats amé­ri­cains (OAS) et bien d’autres ont mis en lumière la situa­tion du Hon­du­ras où des jour­na­listes risquent tous les jours leur vie en fai­sant leur métier. Certes on objec­te­ra que le gou­ver­ne­ment de Por­fi­rio Lobo est un « ami » des Etats-Unis, ce qui n’est évi­dem­ment pas le cas de Hugo Cha­vez. Alors, pour le petit Etat cen­tra­mé­ri­cain, bien­tôt une simple « brève » ou 4 colonnes dans le quo­ti­dien de réfé­rence fran­çais ?

Tes­ti­mo­ny of Alexan­der Main Testimony_of_Alexander_Main-FINAL.pdf”>(PDF)Testimony_of_Alexander_Main-FINAL.pdf

Source de l’ar­ticle : mede­lu