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25 avril 2017

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25 avril 2017

ObsPol : un observatoire citoyen

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25 avril 2017

Conférence - Le sionisme en question

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26 avril 2017

Evasion fiscale : conférence-débat

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26 avril 2017

Arnaque : Paradis fiscaux et Argent sale

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27 avril 2017

Et si notre civilisation était au bord de l’effondrement ?

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27 avril 2017

Louise Tassin - Les politiques d’expulsion en pratique(s)

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27 avril 2017

Entre deux tours : bêtes et méchants

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28 avril 2017

Projection film : La Chambre vide de Jasna Krajonovic

12h30 Maison de la francité, 18 rue Joseph II à 1000 Bruxelles


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France, Banlieues : À quoi joue la police ?

Mardi 7 février, des policiers (ou gendarmes) anti-émeutes sont intervenus avec une violence inouïe dans le quartier des Bosquets à Montfermeil. Le blogueur de Politis, Jean-Riad Kechaou, a reçu le témoignage direct d’une des victimes.

Le quartier des Bosquets à Montfermeil, comme de nombreux autres en Seine-Saint-Denis, est sous tension. À Aulnay-sous-Bois, lundi soir, comme pour éteindre par la force la colère légitime des habitants suite aux violences subies par Théo, un hélicoptère survolait le quartier des 3 000 et des policiers ont tiré à balles réelles.

Mardi soir, minuit, quartier des Bosquets, Montfermeil, Seine-Saint-Denis. Suite à des lancements de feux et de jets de pierre par des jeunes, la police anti-émeute est à la recherche d’un groupe d’individus dans la cité.

Des policiers descendent dans le sous-sol d’un petit immeuble où des jeunes adultes jouent tranquillement aux cartes. Plus âgés, ils n’ont rien à voir avec les petits émeutiers. Une vingtaine de policiers leurs foncent littéralement dessus en criant, bouclier et matraque à la main. Les jeunes courent en direction de l’autre sortie du sous-sol mais se font attraper en montant les escaliers par un groupe qui les attendait. Balayettes, coups de pieds dans la tête, coups de matraque, on les traîne par terre dès les escaliers. « Tout se passe tellement vite, j’ai jamais vu des flics aussi violents », déclare Abdel, l’un des jeunes hommes victimes de ces violences.

S’en suit une scène invraisemblable décrite par Abdel :

« On nous a allongés les uns à côté des autres, face contre le sol, il était dégueulasse, presque boueux. Puis on nous a fouillés en nous palpant tout le corps, même les parties intimes ».

Ce n’est pas fini pour eux, malheureusement. Ils doivent se taire et rester allongés les uns à côté des autres sans rechigner. « Les flics nous insultent : "Connard !" "Fils de pute !" "T’as compris maintenant ?" Moi, J’ai pas voulu leur répondre. J’étais trop énervé. Un policier a mis sa matraque derrière ma tête pour que je dise comme tout le monde "J’ai compris" ce que j’ai dû finalement faire. » Un policier écrase ensuite l’une des mains d’Abdel qui contenait un billet de 10 euros. « Ouvre ta main ! » lui dit le policier. Abdel ne veut pas leur donner mais doit finalement l’ouvrir. Son bras lui fait mal.

L’humiliation se poursuit. « Ils ont pris ma sacoche et l’ont vidé par terre objet après objet comme pour m’énerver. Je ne réagis pas. Un policier me prend alors mon téléphone. Il supprime tout mon fichier photo en me regardant puis le jette délibérément face contre le sol pour l’abîmer. » On demande alors à Abdel de se mettre à genoux les mains dans le dos face au mur. Les policiers crient tout en réalisant qu’ils n’ont pas eu affaire aux petits émeutiers. Ils partent sans demander leur reste en prenant avec eux un seul jeune homme pour le mettre en garde à vue laissant Abdel et ses amis hagards et totalement choqués par l’humiliation qu’ils venaient de subir. « J’ai eu de le droit à pas mal de contrôles violents, mais une telle hoggra (humiliation), jamais, c’était un véritable guet-apens ! », déclare Abdel dépité.

Des violences qui n’ont rien d’isolées

Le quartier des Bosquets n’est pas le seul apparemment à avoir connu de telles scènes. On évoque des violences policières dans au moins deux autres quartiers.

Malheureusement, n’ayant aucune confiance dans la police, les victimes montfermeilloises de ces violences refusent de déposer plainte et de faire constater par un médecin les preuves de celles-ci.

La première question que l’on doit légitimement se poser est la suivante : est-ce que ces policiers anti-émeutes ont obéi à des consignes de leur supérieur ? Si c’est le cas, cela remet en cause la venue du Président lui-même au chevet de Théo et les poursuites judiciaires menées à l’encontre des policiers ayant violenté Théo. Néanmoins, cela paraît peu probable car ce n’est pas dans l’intérêt du gouvernement en place de mettre de l’huile sur le feu.

La seconde question qui découle d’une réponse négative à la première doit être posée. Est-ce que des policiers aujourd’hui agissent en roue libre, sachant pertinemment que leurs actes vont aggraver les tensions et déboucheront sur de nouvelles émeutes ? Cette insécurité profiterait bien évidemment au Front national, le parti, faut-il le rappeler, le plus apprécié aujourd’hui chez les policiers et gendarmes français.

Éviter une nouvelle révolte urbaine

On se rappelle encore des événements d’octobre dernier et des manifestations non autorisées de policiers dont une s’était dirigée vers l’Élysée. On a découvert par la suite que l’’un des organisateurs de ces agitations n’était même pas policier mais agent de sécurité chez Carrefour et proche du Front national

Nous sommes au début des vacances scolaires en région parisienne, comme en octobre 2005. Il y a de nombreux adolescents qui se baladent dans leurs quartiers, au pied de leurs immeubles à défaut de partir en vacances. Certains sont en colère, légitimement et le manifestent malheureusement violemment. Je ne le nie pas. Néanmoins, comment peut-il en être autrement face à une police aussi violente et une justice dans laquelle ils n’ont plus confiance. Le préfet de Seine-Saint-Denis et le ministre de l’Intérieur auraient tout intérêt à faire cesser rapidement ces violences policières pour éviter que l’on ne revive une nouvelle fois une révolte urbaine de la même ampleur que celle de 2005.

Car si on voulait que les banlieues s’embrasent de nouveau, on ne s’y prendrait pas autrement.

par Jean-Riad Kechaou
publié le 8 février 2017 dans politis



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