La révolte de Forest, 30 ans après

11.05 > 13.05 2021 /
ZIN TV - www.zintv.org
Ces 11, 12, 13 mai 2021, nous vous proposons trois jours de débats en ligne à suivre sur www.zintv.org.
Des débats organisés par Alter Echo et ZIN TV, en collaboration avec le Ten Weyngaert

Un pro­jet sou­te­nu par la Fédé­ra­tion Wal­lo­nie Bruxelles et la Com­mis­sion Com­mu­nau­taire fran­çaise (COCOF)

Cré­dits image : M. Scordia./T. Dra­maix (illus­tra­tions), K. Brik­ci (pho­to)

Zin TV & Alter Échos vous proposent un débat en 3 épisodes à voir les 11, 12, 13 mai 2021 sur ZIN TV pour marquer les 30 ans des “émeutes” de Forest.

Que s’est-il donc pas­sé à Forest, il y a 30 ans ? Lorsque le quar­tier Saint-Antoine, situé dans le bas de Forest, s’est subi­te­ment embra­sé, pro­vo­quant alors une prise de conscience col­lec­tive devant le malaise de ce quar­tier pau­pé­ri­sé et le dur­cis­se­ment des rela­tions entre les jeunes et la police. 

S’ap­puyant sur les témoi­gnages de socio­logues, de poli­ciers, de tra­vailleurs sociaux, ain­si que de col­lec­tifs citoyens et de jeunes bruxellois.e.s, ce débat revient sur les « émeutes de Forest ». Remet­tant en pers­pec­tive les trans­for­ma­tions en matière de sécu­ri­té et pré­ven­tion qui sui­virent ces évé­ne­ments, le débat fera écho à l’actualité des luttes dans les quar­tiers popu­laires. Dans son essai « Socio­lo­gie des émeutes », le socio­logue fran­çais Michel Koko­reff affirme que « si nous conti­nuons de ne pas com­prendre, d’ou­blier et de refou­ler ce qui s’est pas­sé et dit, alors, les mêmes causes pro­dui­sant les mêmes effets, d’autres embra­se­ments auront lieu. En pire. »

Que nous racontent les « émeutes » de l’histoire et l’actualité de nos quar­tiers, des enjeux sociaux et poli­tiques d’hier et d’aujourd’hui ?

1. « Une histoire populaire de Forest »

Sur le Par­vis-Saint-Antoine de Forest, les « émeutes de Forest » semblent aujourd’hui faire par­tie du pas­sé. Le quar­tier a chan­gé, il se gen­tri­fie et se rénove dou­ce­ment au rythme des contrats de réno­va­tion urbaine. Cet évé­ne­ment a pour­tant contri­bué à une pro­fonde prise de conscience col­lec­tive. Après l’embrasement du quar­tier, parents, habitant.e.s, voisin.e.s récla­mèrent la créa­tion d’une Mai­son de quar­tier, d’une Mai­son de jeunes, d’associations, de poli­tiques de réno­va­tion, etc. En paral­lèle à ces reven­di­ca­tions sociales sui­virent des poli­tiques sécu­ri­taires et de pré­ven­tion visant prin­ci­pa­le­ment à lut­ter contre le sen­ti­ment d’in­sé­cu­ri­té et « la petite délin­quance » ain­si qu’à réta­blir une qua­li­té de vie et à res­tau­rer la confiance ébran­lée de la popu­la­tion dans les ins­ti­tu­tions, notam­ment la police.

  •  Lire à ce sujet le dossier spécial d’Alter Échos sur les 30 ans des émeutes de Forest à paraître en mai 2021.

 

2. Grandir dans les « quartiers populaires » à Bruxelles

Trente ans après les « émeutes de Forest », les constats semblent tou­jours les mêmes dans les quar­tiers dits popu­laires de Bruxelles : sen­ti­ment de relé­ga­tion sociale, vio­lences poli­cières et dis­cri­mi­na­tions. Dans ces quar­tiers pau­pé­ri­sés, les inéga­li­tés sociales, déjà bien ins­tal­lées, se sont aggra­vées depuis la crise du Covid-19 : décro­chage sco­laire, pré­ca­ri­té de l’emploi, accès au loge­ment, à l’espace public, contrôle poli­cier accru, etc.

Les récentes « émeutes » sur­ve­nues à Cure­ghem en avril 2020, à la suite de la mort du jeune Adil dans une opé­ra­tion poli­cière, témoignent-elles d’un véri­table malaise entre jeunes et policiers ?

 

3.  « Police et citoyens : légitime défiance ? *

La police reste très sou­vent le déclen­cheur com­mun des émeutes. La police, peu l’aiment et d’aucuns diront que « tout le monde » la déteste. Reste qu’il faut faire avec. Faire – ou défaire – la police, avec elle, la consi­dé­rant comme un acteur par­mi d’autres, par­mi nous, sen­ti­nelle dans nos rues, satel­lite dans notre tis­su social ? La frac­ture est abys­sale entre les citoyens et la police. Le chan­tier est donc colossal.

Des col­lec­tifs citoyens et asso­cia­tions n’attendent pas les poli­tiques pour s’attaquer à ce chan­tier. Quels sont leurs moyens d’action et leurs com­bats ? Com­ment sor­tir de la « légi­time défiance » entre les poli­ciers et les citoyens ? Com­ment réfor­mer ou démo­cra­ti­ser la police ?

 

Ces 11, 12, 13 mai 2021, nous vous proposons trois jours de débats en ligne à suivre sur www.zintv.org.
Des débats organisés par Alter Echos et ZIN TV avec : 
  • Andrea Rea, pro­fes­seur de socio­lo­gie à l’ULB
  • P.-T. Col­li­gnon, direc­teur-adjoint de la Direc­tion Proximité/Intervention du Centre de la Police de Bruxelles-Capitale-Ixelles
  • Chai­ma El Yahiaoui, cri­mi­no­logue spé­cia­li­sée dans les rela­tions jeunes et police 
  • Abdel B., Fores­tois et acteur-témoin des révoltes de 1991 
  • Des jeunes bruxel­lois de l’ASBL “Bien ou Bien” 
  • Myr­tille Bakunde, par­ti­ci­pante à l’é­tude menée par le Forum des Jeunes sur les vio­lences policières 
  • Ali El Abbou­ti, fon­da­teur de l’asbl “Bien ou Bien”
  • Lati­fa Elm­ca­be­ni, col­lec­tif des Madre 
  • Sas­kia Simon, coor­di­na­trice de l’Observatoire des vio­lences poli­cières « Police Watch » à la Ligue des Droits Humains ( LdH) 
  • Maja-Ajmia Zel­la­ma, col­lec­tif Bledarte
Modérateur.rice.s du débat : 
Nicholas Kumba, journaliste et 
Fatima-Zohra Ait El Maâti, réalisatrice et membre fondatrice du collectif Imazi.reine

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Si vous avez une ques­tion à nous poser sur le conte­nu du débat ou vous avez envie de sou­mettre une ques­tion à un.e ou plu­sieurs intervenant.e.s du débat, n’hésitez pas à nous appe­ler ou à nous envoyer un mail :

  • Bar­ba­ra Gon­za­lez : bgz@alter.be — 02/541.85.25
  • Chaï­ma El Yahiaoui : cei@alter.be — 02/541.85.29