Brassens : les cas tombes.

Un jeune homme condamné pour avoir chanté l'Hécatombe de Brassens. Une trentaine d'autres arrêtés par la police. Gare aux gorilles !

1953, le grand Georges fre­donne l’Hé­ca­tombe, chan­son­nette retra­çant l’é­po­pée de quelques “mégères gen­dar­mi­cides” de Brive-la-Gaillarde qui se ruèrent un beau jour sur une poi­gnée de mal­heu­reux “gen­darmes mal ins­pi­rés”. 2011, à Cher­bourg, un jeune homme de 27 ans est condam­né à 200 euros d’a­mende et 40 heures de tra­vail d’in­té­rêt géné­ral pour outrage. Sa faute ? Avoir fre­don­né un cou­plet de la beu­glante à sa fenêtre… alors que pas­saient, en contre­bas, quelques pan­dores peu mélo­manes.

Toquée cho­rale

Mer­cre­di, à Tou­louse, pour pro­tes­ter contre cette condam­na­tion, une tren­taine de per­sonnes se sont retrou­vées devant le com­mis­sa­riat cen­tral pour enton­ner — dans la joie et la bonne humeur — quelques strophes du brû­lot anar­chiste. Mais la repré­sen­ta­tion a tour­né court. Les condés de la ville natale de Claude Nou­ga­ro n’ont guère appré­cié le spec­tacle… Les cho­ristes ont été encer­clés puis arrê­tés pour fina­le­ment être conduits au pou­lailler où ils ont dû décli­ner leur iden­ti­té. Fina­le­ment, ils ont été relâ­chés mais 29 d’entre eux sont convo­qués dans les pro­chains jours.

Tout cela au moment où la Cité de la Musique célèbre Bras­sens. Allant même jus­qu’à orga­ni­ser des ate­liers inti­tu­lés : “Jouer Bras­sens en famille (à par­tir de 7 ans)”. Outrage ! Une expo­si­tion qui ne déplai­rait aux rug­by­men de tous poils (dont pas mal de flics, d’ailleurs), qui ne se lassent pas de brailler en choeur, lors de troi­sièmes mi-temps bien arro­sées : “Mort aux vaches, mort aux condés (zob !) à ces enfants de putes de la sûre­té…” Mais pas­sons.

Outrage à la nation

Car, dans notre cas, nous ne sommes pas en pré­sence de simples citoyens assoif­fés de culture, pas plus que de fêtards avides de biture. C’est le com­mis­sa­riat qui l’af­firme : il s’a­git de “mili­tants de l’ul­tra-gauche” qui ne chan­taient pas seule­ment “Héca­tombe”, mais d’autres textes insul­tants et consti­tu­tifs d’ou­trage à la nation et aux forces de l’ordre. Ahrg… L’ ”ultra-gauche” renait de ses cendres… mais que fait le GIGN ?

Une idée pour la pro­chaine fronde : chan­ter la BO du “Gen­darme de Saint-Tro­pez”…

Source:http://www.lesmotsontunsens.com/brassens-hecatombe-police-10600