La Libye face à l’impérialisme humanitaire.

Entretien avec Jean Bricmont, par Grégoire Lalieu

La Libye face à l’impérialisme huma­ni­taire.

“Quand j’entends, en Europe, des gens de gauche dénon­cer l’horrible Alliance Boli­va­rienne qui sou­tient le dic­ta­teur Kadha­fi, je me dis : “ces gens n’ont rien com­pris.”

Entre­tien avec Jean Bric­mont, par Gré­goire Lalieu

mer­cre­di 23 mars 2011

Image_2-40.pngKoso­vo, Irak, Afgha­nis­tan : les par­ti­sans d’une inter­ven­tion en Libye n’auraient-ils pas rete­nu la leçon ? Jean Bric­mont, auteur d’un ouvrage sur l’impérialisme huma­ni­taire, nous explique pour­quoi le droit d’ingérence est incom­pa­tible avec la paix dans le monde et des­sert les causes huma­ni­taires. A moins bien-sûr, que ces causes ne soient que des pré­textes…

Inter­view : Gré­goire Lalieu


Pou­vez-vous nous rap­pe­ler en quoi consiste l’impérialisme huma­ni­taire ?

C’est une idéo­lo­gie qui vise à légi­ti­mer l’ingérence mili­taire contre des pays sou­ve­rains au nom de la démo­cra­tie et des droits de l’Homme. La moti­va­tion est tou­jours la même : une popu­la­tion est vic­time d’un dic­ta­teur, donc il faut agir. On nous sort alors les réfé­rences à la Deuxième Guerre mon­diale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accep­ter l’intervention. C’est ce qui s’est pas­sé pour le Koso­vo, l’Irak ou l’Afghanistan.

Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?

Il y a une dif­fé­rence car ici, une réso­lu­tion du Conseil de Sécu­ri­té des Nations Unies l’autorise. Mais cette réso­lu­tion a été votée à l’encontre des prin­cipes-mêmes de la Charte des Nations Unies. En effet, je ne vois aucune menace exté­rieure dans le conflit libyen. On a évo­qué la notion de la « res­pon­sa­bi­li­té de pro­té­ger » les popu­la­tions, mais en brû­lant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadha­fi mas­sacre la popu­la­tion dans le simple but de la mas­sa­crer. C’est un peu plus com­pli­qué que cela : il s’agit plu­tôt d’une insur­rec­tion armée et je ne connais pas de gou­ver­ne­ment qui ne répri­me­rait pas ce type d’insurrection.

Evi­dem­ment, il y a des dom­mages col­la­té­raux et des morts par­mi les civils. Mais si les Etats-Unis savent com­ment évi­ter de tels dom­mages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israé­liens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afgha­nis­tan. Nul doute éga­le­ment que les bom­bar­de­ments de la coa­li­tion vont aus­si pro­vo­quer des pertes civiles.

Je pense donc que d’un point de vue stric­te­ment légal, la réso­lu­tion du Conseil de Sécu­ri­té est dis­cu­table. Elle est en fait le résul­tat d’années de lob­bying pour faire recon­naître le droit d’ingérence qui se trouve ici légi­ti­mé.

Pour­tant, même dans la gauche, beau­coup pensent qu’il fal­lait inter­ve­nir en Libye pour arrê­ter le mas­sacre. C’est une erreur de juge­ment selon vous ?

Oui et pour plu­sieurs rai­sons. Tout d’abord, cette cam­pagne éta­blit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beau­coup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bah­reïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce der­nier cas, nous étions dans le cadre d’une agres­sion exté­rieure de la part du Rwan­da et du Burun­di. L’application du droit inter­na­tio­nal aurait per­mis de sau­ver des mil­lions de vie mais on ne l’a pas fait. Pour­quoi ?

Ensuite, si on applique les prin­cipes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut inter­ve­nir par­tout. Ima­gi­nons que les Russes inter­viennent à Bah­reïn ou les Chi­nois au Yémen : ce serait la guerre géné­ra­li­sée et per­ma­nente. Une grande carac­té­ris­tique du droit d’ingérence est donc le non-res­pect du droit inter­na­tio­nal clas­sique. Et si on devait modi­fier le droit inter­na­tio­nal par de nou­velles règles légi­ti­mant le droit d’ingérence, cela débou­che­rait sur la guerre du tous contre tous. C’est un argu­ment auquel les par­ti­sans du droit d’ingérence ne répondent jamais.

Enfin, ces ingé­rences ren­forcent ce que j’appelle l’ « effet bar­ri­cade » : tous les pays qui sont dans la ligne de mire des Etats-Unis vont se sen­tir mena­cés et vont cher­cher à ren­for­cer leur arme­ment. On a vu ce qui s’est pas­sé avec Sad­dam. Kadha­fi avait d’ailleurs décla­ré à la ligue arabe : « On vient de pendre un membre de cette ligue et vous n’avez rien dit. Mais ça peut vous arri­ver aus­si car, si vous êtes tous des alliés des Etats-Unis, Sad­dam l’était aus­si autre­fois. ». Aujourd’hui, la même chose se repro­duit avec Kadha­fi et la menace qui pèse sur de nom­breux Etats risque de relan­cer la course à l’armement. La Rus­sie, qui n’est pour­tant pas un pays désar­mé, a déjà annon­cé qu’elle allait ren­for­cer ses troupes. Mais ça peut même aller plus loin : si la Libye avait l’arme nucléaire, elle n’aurait jamais été atta­quée. C’est d’ailleurs pour cette rai­son qu’on n’attaque pas la Corée du Nord. La gauche qui sou­tient l’intervention en Libye devrait donc bien se rendre compte que la consé­quence de l’ingérence huma­ni­taire est de relan­cer la course à l’armement et de créer des logiques de guerre à long-terme.

Cette inter­ven­tion mili­taire contre Kadha­fi ne serait-elle pas pour­tant un moindre mal ?

Il faut réflé­chir aux consé­quences. Main­te­nant que les forces occi­den­tales sont enga­gées, il est évident qu’elles vont devoir aller jusqu’au bout, ren­ver­ser Kadha­fi et ins­tal­ler les rebelles au pou­voir. Que va-t-il se pas­ser alors ? La Libye semble divi­sée. S’il y a une résis­tance à Tri­po­li, l’Occident va-t-il occu­per le pays et s’embarquer dans une guerre sans fin comme en Irak ou en Afgha­nis­tan ? Ima­gi­nons quand-même que tout se passe bien : les coa­li­sés se débar­rassent de Kadha­fi en quelques jours, les rebelles prennent le pou­voir et le peuple libyen est uni. Tout le monde est content et après ? Je ne pense pas que l’Occident va dire : « Voi­là, on a fait ça parce qu’on est gen­til et qu’on aime bien les droits de l’Homme. Main­te­nant, vous pou­vez faire ce que vous vou­lez. ». Que se pas­se­ra-t-il si le nou­veau gou­ver­ne­ment libyen appa­raît trop musul­man ou ne limite pas cor­rec­te­ment les flux migra­toires ? Vous croyez qu’on va les lais­ser faire ? Il est évident qu’après cette inter­ven­tion, le nou­veau gou­ver­ne­ment libyen sera pri­son­nier des inté­rêts occi­den­taux.


Si l’intervention mili­taire n’est pas la solu­tion, que faire ?

Il aurait déjà fal­lu essayer hon­nê­te­ment toutes les solu­tions paci­fiques. Ca n’aurait peut-être pas fonc­tion­né mais là, il y a eu une volon­té mani­feste de reje­ter ces solu­tions. C’est d’ailleurs une constante dans les guerres huma­ni­taires. Pour le Koso­vo, il y avait des pro­po­si­tions serbes très détaillées pour abou­tir à une solu­tion paci­fique mais elles ont été refu­sées. L’Occident a même impo­sé des condi­tions qui ren­daient toute négo­cia­tion impos­sible comme l’occupation de la Ser­bie par les troupes de l’Otan. En Afgha­nis­tan, les Tali­bans ont pro­po­sé de faire juger Ben Laden par un tri­bu­nal inter­na­tio­nal si on leur four­nis­sait les preuves de son impli­ca­tion dans l’attentat du World Trade Cen­ter. Les Etats-Unis ont refu­sé et bom­bar­dé. En Irak, Sad­dam avait accep­té le retour des ins­pec­teurs de l’ONU ain­si que de nom­breuses condi­tions extrê­me­ment contrai­gnantes. Mais ce n’était jamais assez. En Libye, Kadha­fi a accep­té un ces­sez-le-feu et pro­po­sé qu’on envoie des obser­va­teurs inter­na­tio­naux. Les obser­va­teurs n’ont pas été envoyés et on a dit que Kadha­fi ne res­pec­tait pas le ces­sez-le-feu. L’Occident a aus­si reje­té la pro­po­si­tion de média­tion de Cha­vez, pour­tant sui­vie par de nom­breux pays lati­nos ain­si que l’Organisation de l’Unité Afri­caine.

A ce sujet, je suis furieux quand j’entends, en Europe, des gens de gauche dénon­cer l’horrible Alliance Boli­va­rienne qui sou­tient le dic­ta­teur Kadha­fi. Ces gens n’ont rien com­pris ! Les diri­geants lati­nos sont des per­sonnes au pou­voir avec d’importantes res­pon­sa­bi­li­tés. Ce ne sont pas des petits gau­chistes qui bavardent dans leur coin. Et le grand pro­blème de ces diri­geants, c’est l’ingérence des Etats-Unis : moins les Etats-Unis pour­ront faire ce qu’ils veulent par­tout dans le monde, mieux ça vau­dra pour tous ces pays qui tentent de s’émanciper de leur tutelle et pour le monde entier.

Le fait de reje­ter sys­té­ma­ti­que­ment les solu­tions paci­fiques signi­fie-t-il que l’ingérence huma­ni­taire est un pré­texte ?

Oui, mais si ça fonc­tionne bien auprès des intel­lec­tuels, j’ai plus de doute sur la réac­tion des peuples euro­péens. Vont-ils sou­te­nir leurs diri­geants dans l’attaque contre Kadha­fi ? Au niveau des peuples, ce sont les guerres sécu­ri­taires qui trouvent plus de légi­ti­mi­té : lorsqu’il y a, par exemple, une menace contre nos popu­la­tions, nos modes de vie, etc. Mais ici et en France, avec tout le cli­mat isla­mo­phobe (que je n’approuve pas, mais qui existe), allez expli­quer qu’on va se battre en Cyré­naïque pour des insur­gés qu’on voit crier « Allah U Akbar »… C’est contra­dic­toire !

Au niveau poli­tique, la plu­part des par­tis sou­tiennent l’intervention. Même à gauche, des trots­kistes à Mélen­chon, tous partent la fleur à fusil. Les plus modé­rés sou­te­naient juste l’application d’une zone d’interdiction aérienne mais si Kadha­fi envoie ses tanks vers Ben­gha­zi, qu’est-ce qu’on fait ? Durant la Deuxième Guerre mon­diale, les Alle­mands ont per­du le contrôle aérien assez rapi­de­ment mais ils ont tenu encore plu­sieurs années. Les modé­rés devaient bien se dou­ter que, dans la mesure où l’objectif est de ren­ver­ser Kadha­fi, on irait plus loin que l’établissement d’une zone d’interdiction aérienne.

La gauche, inca­pable de sou­te­nir de vraies posi­tions alter­na­tives, se trouve pié­gée par la logique de l’ingérence huma­ni­taire et est obli­gée de sou­te­nir Sar­ko­zy. Si la guerre se passe vite et bien, le pré­sident fran­çais sera sans doute bien posi­tion­né pour 2012 et la gauche lui aura mis le pied à l’étrier. Cette gauche n’assumant pas un dis­cours cohé­rent oppo­sé aux guerres est obli­gée de se mettre à la remorque de la poli­tique d’ingérence.


Et si la guerre se passe mal ?

C’est mal­heu­reux, mais le seul par­ti fran­çais à s’être oppo­sé à l’intervention en Libye est le Front Natio­nal. Il a notam­ment évo­qué la menace des flux migra­toires et en a pro­fi­té pour se démar­quer de l’UMP et du PS en disant qu’il n’avait jamais col­la­bo­ré avec Kadha­fi. Si la guerre en Libye ne se passe pas comme pré­vu, ça pour­ra béné­fi­cier au Front Natio­nal pour 2012.

Si l’ingérence huma­ni­taire n’est qu’un pré­texte, quel est l’objectif de cette guerre ?

Les révo­lu­tions arabes ont sur­pris les Occi­den­taux qui n’étaient pas assez bien infor­més sur ce qui se pas­sait au Magh­reb et au Moyen-Orient. Je ne conteste pas qu’il y a de bons spé­cia­listes de la ques­tion mais sou­vent, ils ne sont pas assez écou­tés à un cer­tain niveau de pou­voir et s’en plaignent d’ailleurs. Donc main­te­nant, les nou­veaux gou­ver­ne­ments égyp­tien et tuni­sien risquent de ne plus s’aligner sur les inté­rêts occi­den­taux et par consé­quent, pour­raient être hos­tiles à Israël.

Pour s’assurer le contrôle de la région et pro­té­ger Tel-Aviv, les Occi­den­taux veulent pro­ba­ble­ment se débar­ras­ser des gou­ver­ne­ments déjà hos­tiles à Israël et aux Occi­den­taux. Les trois prin­ci­paux sont l’Iran, la Syrie et la Libye. Cette der­nière étant la plus faible, on l’attaque.

Ca peut fonc­tion­ner ?

L’Occident rêvait de domi­ner le monde mais on voit depuis 2003, avec le fias­co ira­kien, qu’il en est inca­pable. Avant, les Etats-Unis pou­vaient se per­mettre de ren­ver­ser des diri­geants qu’ils avaient eux-mêmes por­tés au pou­voir, comme Ngô Dinh Diêm au Sud-Viêt­nam dans les années 60. Mais Washing­ton n’a plus la pos­si­bi­li­té de faire ça aujourd’hui. Au Koso­vo, les Etats-Unis doivent com­po­ser avec un régime mafieux. En Afgha­nis­tan, tout le monde dit que Kar­zaï est cor­rom­pu mais ils n’ont pas d’alternative. En Irak, ils doivent aus­si s’accommoder d’un gou­ver­ne­ment qui est loin de leur conve­nir tota­le­ment.

Le pro­blème se pose­ra cer­tai­ne­ment en Libye aus­si. Un Ira­kien me disait un jour : « Dans cette par­tie du monde, il n’y a pas de libé­raux au sens occi­den­tal du terme, hor­mis quelques intel­lec­tuels assez iso­lés. ». Comme l’Occident ne peut pas s’appuyer sur des diri­geants qui par­tagent ses idées et défendent tota­le­ment ses inté­rêts, il essaie d’imposer des dic­ta­teurs par la force. Mais ça crée évi­dem­ment un déca­lage avec les aspi­ra­tions de la base popu­laire. De plus, cette démarche se révèle être un échec et les gens ne devraient pas être dupes sur ce qui se passe. L’Occident, qui pen­sait pou­voir contrô­ler le monde arabe avec des marion­nettes comme Ben Ali et Mou­ba­rak, se dirait sou­dai­ne­ment : « On a eu tout faux, main­te­nant on va sou­te­nir la démo­cra­tie en Tuni­sie, en Egypte et en Libye. » ? C’est d’autant plus absurde que l’une des grandes reven­di­ca­tions des révo­lu­tions arabes est le droit à la sou­ve­rai­ne­té. Autre­ment dit, pas d’ingérence !

L’Occident doit se rési­gner : le monde arabe, tout comme l’Afrique et les Caraïbes, ne lui appar­tient pas. En fait, les régions où l’Occident s’ingère le plus sont les moins déve­lop­pées. Si on res­pecte leur sou­ve­rai­ne­té, ces régions pour­ront se déve­lop­per, tout comme l’Asie l’a fait et l’Amérique latine le fera sans doute. La poli­tique d’ingérence est un échec pour tout le monde.


Quelle alter­na­tive alors ?

Tout d’abord, il faut savoir que la poli­tique d’ingérence néces­site un bud­get mili­taire impor­tant. Sans le sou­tien des Etats-Unis et leur bud­get mili­taire déli­rant, la France et la Grande-Bre­tagne ne se seraient pas enga­gées. La Bel­gique encore moins. Mais tous ces moyens mis à dis­po­si­tion ne tombent pas du ciel. Ce bud­get est basé sur des emprunts à la Chine qui entraînent des défi­cits US et toutes sortes de pro­blèmes éco­no­miques. On y pense rare­ment. De plus, on nous répète tout le temps qu’il n’y a pas d’argent pour l’éducation, la recherche, les pen­sions, etc. Et subi­te­ment, il y a une grosse somme qui tombe pour faire la guerre en Libye. C’est une somme illi­mi­tée car on ne sait pas com­bien de temps cette guerre va durer ! On dépense par ailleurs déjà de l’argent en pure perte en Afgha­nis­tan.

Il faut donc avoir une autre vision poli­tique et la Suisse est, selon moi, un bon exemple. Ce pays consacre son bud­get mili­taire uni­que­ment à la pro­tec­tion de son ter­ri­toire. Les Suisses ont une poli­tique de non-inter­ven­tion cohé­rente car leur armée ne peut pas, par prin­cipe, quit­ter le ter­ri­toire. On peut dire que la Suisse laisse Kadha­fi mas­sa­crer les insur­gés mais pre­miè­re­ment, elle n’a jamais com­mis de géno­cide ou d’autres mas­sacres, même si on peut cri­ti­quer sa poli­tique sur d’autres plans (banques ou immi­gra­tion). Et deuxiè­me­ment, si tout le monde fai­sait comme la Suisse, pour les rai­sons que j’ai expli­quées pré­cé­dem­ment, le monde irait beau­coup mieux.

Les guerres et les embar­gos ont tou­jours des consé­quences désas­treuses. Selon moi, la meilleure alter­na­tive est la coopé­ra­tion avec les dif­fé­rents pays, quels que soient leurs régimes. A tra­vers le com­merce, mais pas celui des armes évi­dem­ment, les idées cir­culent et les choses peuvent évo­luer, sans guerre. On peut bien-sûr dis­cu­ter des moda­li­tés : com­merce équi­table, éco­lo­gique, etc. Mais le com­merce est une alter­na­tive beau­coup moins san­glante aux sanc­tions et aux embar­gos qui sont la ver­sion soft des guerres huma­ni­taires.

Source : www.michelcollon.info