Quand Wikileaks dément Libé…

TeleSur 29/11/10, info envoyé par le collectif 13A

On se sou­vient de la com­plai­sance immé­diate de la presse fran­çaise, Libé­ra­tion en tête, pour le coup d’État per­pé­tré au Hon­du­ras, dont le régime de fac­to conti­nue depuis à assas­si­ner ou à faire “dis­pa­raître” des cen­taines d’opposants. Un des argu­ments des jour­na­listes fran­çais était que le pré­sident Zelaya aurait vou­lu se per­pé­tuer au pou­voir… Les pre­miers docu­ments publiés par Wiki­leaks apportent un clair démen­ti à cette vision. Le pré­sident chas­sé ren­ver­sé, Manuel Zelaya a dénon­cé dans une entre­vue exclu­sive à Tele­SUR ce 29 novembre, la double morale des États-Unis qui savaient que son exil et le gou­ver­ne­ment de fac­to de Rober­to Miche­let­ti atten­taient contre la consti­tu­tion­na­li­té au Hon­du­ras, mais n’en ont pas tenu compte. Au contraire ils ont encou­ra­gé, puis ava­li­sé des élec­tions frau­du­leuses tan­dis que la résis­tance se pres­sait autour de l’ambassade du Bré­sil à Tegu­ci­gal­pa où il s’était réfu­gié.

“Ce docu­ment va nous per­mettre de sai­sir la Cour Pénale Inter­na­tio­nale et des Droits de l’Homme pour dénon­cer les États-Unis comme État vio­leur des droits humains puisqu’il n’a pris aucune mesure contre le coup d’État et que les révé­la­tions de Wiki­leaks démontrent leur impli­ca­tion et leur volon­té de cou­vrir ce qu’ils savaient être un délit”.

Manuel Zelaya s’étonne du contrôle des médias inter­na­tio­naux qui ont occul­té la véri­té, tota­le­ment ou en par­tie, alors qu’on savait déjà, avant la publi­ca­tion de Wiki­leaks, que Washing­ton était com­plice du coup d’État.

Le pré­sident ren­ver­sé a décla­ré que “les ser­vices secrets nord-amé­ri­cains connais­saient le coup d’État et les plans de net­toyage idéo­lo­gique des fau­cons de Washing­ton, en par­ti­cu­lier l’assassinat de jour­na­listes et la répres­sion de la dis­si­dence, non seule­ment sous le régime de Miche­let­ti mais aus­si sous celui de Lobo”.

Le pré­sident consi­dère que le gou­ver­ne­ment d’Obama est dans l’obligation pres­sante de répondre “pour la vio­la­tion des droits de l’homme au Hon­du­ras”. Zelaya sou­ligne le para­doxe de la men­tion récente par les États-Unis que l’évaluation des droits de l’homme n’était pas un préa­lable à la dis­cus­sion sur le retour du pays cen­tra­mé­ri­cain au sein de l’Organisation des États Amé­ri­cains (OEA).

Dans le texte révé­lé par Wiki­leaks (*), l’ambassade des États-Unis au Hon­du­ras recon­naît qu’il n’a “jamais été démon­tré que le pré­sident Zelaya ait enfreint la loi” et affirme que l’argument selon lequel il vou­lait se per­pé­tuer au pou­voir était “une pure sup­po­si­tion”.

Le docu­ment révèle que les argu­ments employés par Miche­let­ti, les mili­taires et les poli­tiques put­schistes “n’ont pas de valeur sub­stan­tielle” et ajoute que “cer­tains sont ouver­te­ment faux”.

Le rap­port consi­dère que plu­sieurs des mesures exé­cu­tées par les put­schistes furent “clai­re­ment illé­gales” comme le fait que “les mili­taires ont chas­sé Zelaya du pays sans auto­ri­té pour le faire”, ce qui “a vio­lé de mul­tiples garan­ties consti­tu­tion­nelles, dont l’interdiction d’expatriation, la pré­somp­tion d’innocence et le droit à un pro­cès légal”.

Les États-Unis sont le pays qui a le plus tar­dé à appli­quer des sanc­tions à la suite du coup d’État contre le pré­sident Zelaya, alors que d’autres gou­ver­ne­ments comme ceux de l’Alliance Boli­va­rienne pour les Peuples de notre Amé­rique (ALBA), et du Mar­ché Com­mun (Mer­co­sur), se sont pro­non­cés immé­dia­te­ment contre le coup d’État.

Au bout de 73 jours, les États-Unis avaient déci­dé de “sus­pendre” l’aide du Compte pur le Défi du Mil­lé­naire des­ti­née au pays cen­tra­mé­ri­cain, pour l’ordre de 11 mil­lions de dol­lars, mais quelques mois plus tard la secré­taire d‘État Hil­la­ry Clin­ton annon­çait le réta­blis­se­ment des rela­tions et de l’aide finan­cière au régime de Por­fi­rio Lobo.

Source : www.telesurtv.net

Tra­duc­tion : Thier­ry Deronne

(*) Le texte de Wiki­leaks éma­nant de l’am­bas­sade états-unienne au Hon­du­ras
ici : http://cablegate.wikileaks.org/cable/2009/07/09TEGUCIGALPA645.html