Manifestation contre la répression policière

Le 15 mars, 800 manifestants ont défilé dans les rues de Bruxelles à l’occasion de la journée internationale contre les violences policières.

Un appel de la Coor­di­na­tion des sans-papiers et de la Cam­pagne Stop Répres­sion des JOC

À l’occasion de la jour­née inter­na­tio­nale contre les vio­lences poli­cières, la Coor­di­na­tion des sans-papiers et la cam­pagne Stop Répres­sion s’associent pour dénon­cer la répres­sion poli­cière et le racisme d’État lors d’une mani­fes­ta­tion qui aura lieu à Bruxelles ce 15 mars 2017.

Contrôles au faciès, injures racistes, coups, pas­sage à tabac… Toutes ces vio­lences, loin de ne repré­sen­ter que quelques bavures iso­lées, nous montrent que la vio­lence poli­cière est un phé­no­mène réel et sys­té­mique, pas­sé sous silence et res­tant trop sou­vent impu­ni.

Ces der­niers mois, suite aux atten­tats de Bruxelles et de Paris, le gou­ver­ne­ment belge a déci­dé dans la pré­ci­pi­ta­tion, de la mise en place de toute une série de mesures sécu­ri­taires et de lois liber­ti­cides et racistes qui trans­gressent les fon­de­ments de la démo­cra­tie. Dans ce contexte post atten­tat, les exac­tions com­mises par la police prennent de plus en plus d’ampleur.

L’instrumentalisation de la peur per­met aux pou­voirs publics de mettre en place des poli­tiques sécu­ri­taires qui nous plongent dans une sur­veillance de masse et bafouent nos droits fon­da­men­taux. Nous sommes face à un véri­table Patriot Act euro­péen, qui, loin de réduire les vio­lences, ne fait qu’exacerber les divi­sions par­mi la popu­la­tion et le sen­ti­ment d’injustice.

Le déploie­ment de l’armée dans nos rues, le « plan canal » qui ren­force les effec­tifs poli­ciers et la sur­veillance géné­ra­li­sée (aug­men­ta­tion du nombre de camé­ras dans les rues et fichages des per­sonnes sus­pec­tées de radi­ca­li­sa­tion), dans les zones consi­dé­rées comme « sen­sibles », nous donnent le sen­ti­ment que l’Etat mène une guerre contre sa propre popu­la­tion.

L’évacuation du col­lec­tif la Voix des Sans Papiers, le 19 sep­tembre à Molen­beek, qui s’est dérou­lée avec des dis­po­si­tifs poli­ciers sans pré­cé­dent (héli­co­ptères et armes lourdes) pour délo­ger qua­torze per­sonnes désar­mées est symp­to­ma­tique de la manière dont ces mesures sont uti­li­sées par le gou­ver­ne­ment pour cri­mi­na­li­ser les sans-papiers, en les fai­sant pas­ser pour des ter­ro­ristes poten­tiels. Nous pou­vons aus­si consta­ter une inten­si­fi­ca­tion des rafles opé­rées dans les quar­tiers popu­laires et dans des zones d’exploitation des tra­vailleurs sans-papiers notam­ment à Maton­gé et Saint Josse.

Avec cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la notion de ter­ro­risme, qui nous dit que demain un syn­di­ca­liste ne pour­ra pas être éga­le­ment condam­né pour inci­ta­tion au ter­ro­risme parce qu’il s’oppose aux réformes injustes du gou­ver­ne­ment ?

Ces récentes mesures sécu­ri­taires ren­forcent le contrôle, les abus poli­ciers et la cri­mi­na­li­sa­tion envers les migrants et les sans-papiers, ain­si que d’autres caté­go­ries de per­sonnes dési­gnées comme « dan­ge­reuses » : jeunes de quar­tiers, musul­man. e. s, raci­sé. e. s,… ­Cette poli­tique répres­sive, lar­ge­ment véhi­cu­lée à tra­vers les médias, est menée contre ceux que l’on désigne comme « l’ennemi inté­rieur ». Elle est uti­li­sée par les diri­geants pour mas­quer leur inca­pa­ci­té à répondre aux vraies causes de l’insécurité : l’augmentation des inéga­li­tés par la mise en place de mesures d’austérité qui pré­ca­risent l’ensemble de la popu­la­tion.

Les poli­tiques sécu­ri­taires et liber­ti­cides des gou­ver­ne­ments mettent en dan­ger les droits et les liber­tés de toutes et tous. Ne nous lais­sons pas aveu­gler et divi­ser par la peur. Unis­sons-nous pour stop­per ces mesures auto­ri­taires qui ne résolvent rien et ne font qu’alimenter l’exclusion et la vio­lence engen­drée par notre socié­té.

Lors de la mani­fes­ta­tion du 15 mars, nous récla­me­rons :

– Fin de la cri­mi­na­li­sa­tion des sans-papier, régu­la­ri­sa­tion pour tous

– Retrait des mesures racistes et liber­ti­cides

– Retour des mili­taires dans les casernes

Coor­di­na­tion des sans-papiers & Cam­pagne Stop Répres­sion des JOC

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