TOURNONS LEUR LE DOS

Les dif­fé­rentes reven­di­ca­tions sont consul­tables sur le site www.lasanteenlutte.org et sur la page face­book « La san­té en lutte ».

Une réa­li­sa­tion ZIN TV dans le cadre de la PVLS — Per­ma­nence vidéo des luttes sociales

 

Mobi­li­sa­tion de la san­té en lutte pour contes­ter la poli­tique du gou­ver­ne­ment pen­dant la crise Covid-19 et reven­di­quer un refi­nan­ce­ment des soins de san­té et sa ges­tion par les tra­vailleurs et les patients.

Dis­cours lu par le col­lec­tif de la san­té en lutte à Char­le­roi, Bruxelles, Liège et Namur !

“Aujourd’­hui nous tour­nons le dos aux poli­tiques d’aus­té­ri­té, à Bruxelles, à Char­le­roi et à Liège.

La mise en place de ces ras­sem­ble­ments n’a pas été de tout repos. Nous avons dû faire face aux pres­sions des bourg­mestres Close et Pré­vot qui, alors que l’en­semble de la socié­té se décon­fine, que le gou­ver­ne­ment nous incite à reprendre le tra­vail et la consom­ma­tion, nous imposent le silence via l’interdiction de mani­fes­ter.

Les com­merces sont bon­dés, les trans­ports en com­mun éga­le­ment, le tra­vail reprend sans for­cé­ment garan­tir les mesures sani­taires, l’E­tat pense même à rou­vrir les fron­tières et nous, nous devrions res­ter muet et confi­ner nos colères.

Les bourg­mestres Close et Pré­vot ont donc inter­dit nos ras­sem­ble­ments mais nous sommes là aujourd’­hui !

Nous sommes là car notre lutte est légi­time.

Nous n’a­vons pas besoin des conseils sani­taires d’un gou­ver­ne­ment qui a failli sur toute la ligne. Qui n’a pas pro­té­gé nos ainé·e·s, qui a expo­sé les soignant·e·s en ne four­nis­sant pas le maté­riel de pro­tec­tion adé­quat, qui a mis en dan­ger les travailleur·euse·s de pre­mière ligne, qui a été inca­pable d’effectuer un dépis­tage mas­sif, qui a sous-équi­pé les ins­ti­tu­tions de soins, qui sous-finance le sec­teur de la san­té depuis des années et qui met, ain­si, en dan­ger sa propre popu­la­tion.

Depuis des années, nous tous, bran­car­diers, per­son­nel de l’en­tre­tien, tech­ni­ciens et tech­ni­ciennes, infir­mières et infir­miers, aides-soi­gnants, méde­cins, patients et patientes, famille de patient, et toute per­sonne concer­née, sommes les témoins des choix poli­tiques qui amènent à la lente ago­nie de la sécu­ri­té sociale et à la dégra­da­tion de la qua­li­té des soins de san­té en Bel­gique.

Ce sont les poli­tiques néo­li­bé­rales qui sont res­pon­sables de cette souf­france dont nous sommes toutes et tous les témoins directs.

Nous sommes, tout d’abord, les témoins de notre propre épui­se­ment.
Nous qui don­nons le maxi­mum à nos patients mal­gré le manque de moyens.
Nous sommes les témoins des décès qui auraient pu être évi­tés si nous avions été plus ce jour là, si nous avions pu avoir le bon maté­riel, les bonnes pres­crip­tions, le nombre adé­quat de soi­gnants.
Nous sommes les témoins des com­pli­ca­tions médi­cales qui ne devraient avoir lieu, si seule­ment la san­té était cor­rec­te­ment finan­cée.
Nous sommes les témoins du manque d’effectif qui nous pousse par­fois à oublier notre huma­ni­té pour­tant essen­tielle à nos métiers.
Nous sommes les témoins du manque de salaire qui nous impose de comp­ter chaque euro à la fin du mois.
Nous sommes les témoins de la pré­ca­ri­té de la popu­la­tion, qui trop sou­vent est for­cée de repor­ter ses soins.
Nous sommes les témoins des condi­tions indignes dans les­quelles vivent nos parents et nos grands-parents.
Nous sommes les témoins du manque de places et de soins adap­tés pour les per­sonnes âgées et les per­sonnes qui ont des souf­frances men­tales
Enfin, nous sommes les témoins de la dif­fi­cul­té d’accès aux soins pour les per­sonnes sans papiers.

Ain­si, en tant que témoin, nous avons la res­pon­sa­bi­li­té de dénon­cer !

Le fil rouge qui guide les déci­sions prises par les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs est simple : mar­chan­di­sa­tion et pri­va­ti­sa­tion des branches de la sécu­ri­té sociale.

Der­rière des phrases tel que “le bud­get de la sécu­ri­té sociale dérape”, “il faut faire des éco­no­mies pour rem­bour­ser la dette publique” ou “la san­té coûte cher”, ils tentent de nous faire croire qu’ils n’ont pas le choix et que nous allons devoir l’accepter.

Nous savons que c’est faux et nous le reven­di­quons : la san­té n’est pas et ne sera jamais une variable d’ajustement !

Rédui­sez les coûts de l’armement, com­bat­tez la fraude fis­cale, aug­men­tez les impôts sur le capi­tal, limi­tez les hauts salaires !
Ajus­tez tout ce qui ne se paie­ra pas en vie, tout ce qui ne se paie­ra pas en san­té, tout ce qui ne se paie­ra pas en qua­li­té de vie.
Mais la sécu­ri­té sociale doit, elle, être ren­for­cée !

La pan­dé­mie de Covid-19 a prou­vé qu’on ne pou­vait pas sous-finan­cer la san­té sans ris­quer de tuer. Le manque de pré­pa­ra­tion, le fias­co du maté­riel de pro­tec­tion, les fausses pro­messes de dépis­tage, la len­teur de la ges­tion… Si ces man­que­ments n’expliquent pas tout, ils sont au moins res­pon­sables d’une réelle sur­mor­ta­li­té, notam­ment en mai­son de repos et par­mi les soi­gnants. C’est inac­cep­table !

La pan­dé­mie de Covid19 a éga­le­ment modi­fié le rap­port de force.
Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus nom­breux à être conscient de la souf­france des hôpi­taux et des mai­sons de repos.
Nous sommes de plus en plus nom­breux et nom­breuses à récla­mer pour le per­son­nel de san­té de la recon­nais­sance à tra­vers une hausse des salaires et une aug­men­ta­tion des effec­tifs.
Nous sommes de plus en plus nom­breuses et nom­breux à reven­di­quer un finan­ce­ment de la sécu­ri­té sociale en fonc­tion des besoins de la popu­la­tion et non des éco­no­mies que l’on devrait soi-disant faire.
Nous sommes aujourd’hui déter­mi­nés à chan­ger la logique ! Et nous ne nous arrê­te­rons que lorsque nous obtien­drons ce qui devrait être la norme : un finan­ce­ment pérenne des soins de san­té et sa ges­tion par les tra­vailleurs et les patients.

 Jusque-là nous ferons tout ce qui est néces­saire pour défendre notre digni­té à toutes et tous. Nous comp­tons, entre autres, conti­nuer à prendre la rue mais éga­le­ment por­ter plainte contre celles et ceux qui nous ont mis en dan­ger !

En effet, une plainte contre le gou­ver­ne­ment belge sera lan­cée la semaine pro­chaine et néces­si­te­ra l’in­ves­tis­se­ment de tous !
L’Etat va devoir répondre de notre mise en dan­ger !

Mer­ci d’être venus.es aujourd’hui !

Réap­pro­prions-nous nos métiers et la rue.
Sou­te­nons nos col­lègues fran­çais qui vivent les mêmes pro­blèmes que nous et qui se mobi­li­se­ront ce mar­di 16 juin !
Soyons encore plus nom­breux le 13 sep­tembre pour la grande mani­fes­ta­tion de la san­té !

La lutte, notre lutte, com­mence aujourd’hui pour une durée indé­ter­mi­née !
Notre lutte est des­ti­née à la vic­toire parce qu’elle nous concerne toutes et tous, parce qu’elle est juste et parce qu’elle est belle !

A nos diri­geants nous disons : Votre poli­tique est des­ti­née à dis­pa­raître parce qu’elle fait du tort au plus grand nombre et ne sert qu’une poi­gnée de pri­vi­lé­gié !

VIVE LA SANTE EN LUTTE !
VIVE LA LUTTE POPULAIRE ! »

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