Bahar Kimyongür assigné à résidence en Italie

L'Italie entamera, dans les semaines à venir, l'examen de la demande d'extradition formulée par la Turquie –des semaines qui risquent de s’éterniser…

Com­mu­ni­qué du CLEA

Ce mar­di 3 décembre, le juge ita­lien Enzo Pla­té a ordon­né l’as­si­gna­tion à rési­dence de Bahar Kimyongür… Le res­sor­tis­sant belge devra donc res­ter en Ita­lie le temps que la Cour d’Appel de Ber­game se pro­nonce sur la demande d’ex­tra­di­tion turque.

Bahar Kimyongür n’est plus en pri­son, le pire est pour le moment évi­té.

Depuis 13 jours, en effet, le citoyen belge était main­te­nu en pri­son, en rai­son de ses convic­tions.

La déci­sion du tri­bu­nal tra­duit, en par­tie, la reven­di­ca­tion por­tée par les avo­cats du « pré­ve­nu » et les citoyens mobi­li­sés en Bel­gique et en Ita­lie : rien ne jus­ti­fie une incar­cé­ra­tion pro­lon­gée de notre com­pa­triote.

Pour autant, dans cette affaire, rien n’est réglé.
Bahar Kimyongür est confron­té aujourd’­hui à une situa­tion réel­le­ment pro­blé­ma­tique.

En exil for­cé, il va devoir res­ter assi­gné à rési­dence –pour un temps indé­ter­mi­né– dans la ville de Mari­na di Mas­sa. L’État turc dis­po­sant de 40 jours (depuis le 21 novembre où Bahar a été inter­pel­lé) pour trans­mettre ses « argu­ments » à l’I­ta­lie, notre ami se ver­ra dans l’in­ter­dic­tion de se dépla­cer, de quit­ter la ville tos­cane, au mini­mum 27 jours sup­plé­men­taires.

Ban­ni de son propre pays, com­ment fera-t-il pour tra­vailler, pour s’oc­cu­per de ses enfants qui vivent et sont sco­la­ri­sés en Bel­gique ? Cette déci­sion est d’au­tant plus scan­da­leuse que Bahar Kimyongür s’est tou­jours pré­sen­té devant les tri­bu­naux, en Bel­gique ou à l’é­tran­ger, quand l’État turc l’y a fait convo­quer.

Étant don­né que le dos­sier turc est vide et que le res­sor­tis­sant belge donne toutes les garan­ties quant à sa pré­sence aux audiences en Ita­lie, le CLEA conti­nue à exi­ger la libé­ra­tion immé­diate de Kimyongür et son retour en Bel­gique.

Autant le répé­ter : Bahar se trouve confron­té à une situa­tion d’un cynisme abso­lu. L’I­ta­lie enta­me­ra, dans les semaines à venir, l’exa­men de la demande d’ex­tra­di­tion for­mu­lée par la Tur­quie –des semaines qui risquent de s’éterniser…

Il est donc néces­saire de pour­suivre les mobi­li­sa­tions pour empê­cher que le citoyen belge ne soit remis entre les mains des bour­reaux turcs, pour qu’il retrouve au plus vite sa liber­té de mou­ve­ment et son droit à la libre parole.

Le Comi­té pour la Liber­té d’Expression et d’Association

www.leclea.be

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