La présidente d’Argentine : “Quand je vois les dits civilisés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens très fière d’être sud-américaine”

L’université de la Plata (Argentine) décerne un prix pour la communication populaire au président Hugo Chavez

L’université de la Pla­ta (Argen­tine) décerne un prix pour la com­mu­ni­ca­tion popu­laire au pré­sident Hugo Chavez

Source : http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article1496&lang=fr

La pré­si­dente argen­tine : “Quand je vois les dits civi­li­sés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens très fière d’être sud-amé­ri­caine, de faire par­tie de l’UNASUR”

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mer­cre­di 30 mars 2011

30/03/11.- La pré­si­dente d’Argentine, Cris­ti­na Fernán­dez et celui du Véné­zué­la, Hugo Chá­vez Frías, ont signé à Bue­nos Aires un accord d’un mon­tant de 83 mil­lions de dol­lars pour la construc­tion de 16 péniches dans les chan­tiers navals argen­tins Tan­da­nor, qui seront des­ti­nés à Petró­leos de Vene­zue­la (Pdv­sa), par­mi d’autres accords bila­té­raux dans le loge­ment, l’alimentaire, l’automobile, l’industrie navale, l’énergie et les médicaments.


“Nous avons mis en marche des pro­jets de coopé­ra­tion nou­veaux pour for­ti­fier, comme nous le fai­sons depuis 2004, l’axe Cara­cas-Bue­nos Aires”
, a décla­ré le pré­sident Chá­vez, à la suite d’une réunion de près d’une heure avec la pré­si­dente argen­tine, où il a été éga­le­ment ques­tion d’accélérer la mise en place de la Banque du Sud, qui per­met­tra de récu­pé­rer les inté­rêts des capi­taux lati­no-amé­ri­cains, acca­pa­rés jusqu’ici par les banques du nord, pour les inves­tir en faveur du déve­lop­pe­ment social et éco­no­mique de la région.

Un autre accord entre les deux nations porte sur l’importation de véhi­cules depuis l’Argentine pour un mon­tant de près de 200 mil­lions de dol­lars, a indi­qué le Minis­tère de l’Industrie à Bue­nos Aires. Ces 16 mille 900 voi­tures fabri­quées en Argen­tine, s’ajouteront aux 6 mille 900 pré­vus l’an dernier.

Pour sa part, la pré­si­dente Cris­ti­na Fernán­dez a sou­li­gné qu’un accord entre le Vene­zue­la et l’Argentine a per­mis le consen­sus en faveur de l’ex-chancelière colom­bienne María Emma Mejía, dési­gnée secré­taire géné­rale de l’UNASUR en rem­pla­ce­ment de feu le pré­sident argen­tin Nés­tor Kirch­ner, époux de Fernández.


Cha­vez reçoit un prix de com­mu­ni­ca­tion populaire

“remettre ce prix… face aux chaînes d’information qui nous ont cen­su­rés, nous ont réduits au silence, ont vou­lu occul­ter des coups d’état et cacher la pau­vre­té, c’est comme leur dire : vous avez atteint vos limites, nous sommes ici, nous avons pris la parole car nous vou­lons trans­for­mer nos nations”, a décla­ré Sebas­tián Pal­ma, le pro­fes­seur de l’Université de La Pla­ta qui a remis le prix Rodol­fo Walsh au pré­sident vénézuélien.

Image_5-11.pngRodol­fo Walsh (1927 – 1977), qui donne son nom à ce prix, est consi­dé­ré comme le fon­da­teur du jour­na­lisme d’investigation en Argen­tine. Le 25 Mars 1977, un jour après sa lettre ouverte à la junte mili­taire pour dénon­cer ses poli­tiques néo-libé­rales, Walsh fut abat­tu et son corps “dis­pa­ru” par des membres des Forces Armées. Walsh est une des 30.000 dis­pa­rus de la dic­ta­ture argen­tine des années 1976 – 1983.

La doyenne de la Facul­té de Jour­na­lisme de l’Université de La Pla­ta, Flo­ren­cia Sain­tout, a décla­ré que ce prix se vou­lait aus­si une recon­nais­sance au pro­ces­sus d’émancipation qu’impulse la révo­lu­tion boli­va­rienne dans le cône sud. “Nous sommes ici en tant que peuple pour réaf­fir­mer notre enga­ge­ment envers un pré­sident qui a remis en cause cette idée que la “parole” puisse être déte­nue par quelques uns seule­ment” a affir­mé Sain­tout en réfé­rence aux médias pri­vés et au “lati­fun­dio” médiatique.

Mau­ri­cio Macri, maire conser­va­teur de Bue­nos Aires et pro­bable can­di­dat aux pré­si­den­tielles d’octobre 2011, a dénon­cé la déci­sion de l’université, sur les ondes de Radio 10, comme “effrayante”. “Cha­vez ne res­pecte pas la liber­té d’opinion, il est auto­ri­taire mais nous lui don­nons des prix”, a‑t-il dit.

Depuis qu’il a assu­mé la pré­si­dence pour son pre­mier man­dat en 1999, Chá­vez a contri­bué à bri­ser la concen­tra­tion des médias au Vene­zue­la et à l’étranger en lan­çant le réseau régio­nal Tele­SUR, en ren­for­cant le réseau de la télé­vi­sion publique par­ti­ci­pa­tive (créa­tion de VIVE TV en novembre 2003), et sur­tout en léga­li­sant les radios et télé­vi­sions com­mu­nau­taires, on en compte actuel­le­ment près de 400 qui sont gérées direc­te­ment par les asso­cia­tions citoyennes.

Bien que les cri­tiques accusent Chá­vez de cen­sure média­tique – en par­ti­cu­lier lorsque l’état ne renou­ve­la pas la conces­sion sur le spectre public de Radio Cara­cas Tele­vi­sión (RCTV) – le gou­ver­ne­ment boli­va­rien insiste sur le fait qu’il ne sau­rait y avoir de vraie démo­cra­tie sans démo­cra­ti­ser le “lati­fun­dio radio-élec­trique” comme l’a fait récem­ment l’Argentine en le par­ta­geant en trois tiers : 33 % pour le public, 33% pour le pri­vé, 33 % pour l’associatif. 90 % du pou­voir com­mu­ni­ca­tion­nel au Vene­zue­la reste, par contre, aux mains du pri­vé, c‑a-d en géné­ral de l’opposition, cette pro­por­tion se répé­tant dans la presse écrite et la radio.

Le man­da­taire a pour sa part dédié le prix à toutes et à tous ceux qui luttent contre les colo­nia­lismes cultu­rel et éco­no­mique. “Je me sens très humble au moment de rece­voir ce prix pres­ti­gieux et d’écouter vos applau­dis­se­ments, car cette recon­nais­sance n’est pas pour moi mais pour le peuple du Véné­zué­la qui lutte depuis des années pour créer une com­mu­ni­ca­tion popu­laire, libé­rée de la dic­ta­ture média­tique”, a‑t-il dit aux étu­diants ras­sem­blés face à l’université pour écou­ter son discours.

Le pré­sident a rap­pe­lé le “cynisme de ces grands médias argen­tins et véné­zué­liens qui ont appuyé les plus grandes dic­ta­tures du conti­nent et à pré­sent nous traitent de tyrans”.

Les deux pré­si­dents cri­tiquent l’intervention mili­taire en Libye

Cris­ti­na Fernán­dez de Kirch­ner et Hugo Chá­vez ont sou­li­gné le tra­vail de l’Unión de Naciones Sur­ame­ri­ca­nas (Una­sur) pour résoudre des conflits.

“Quand on observe le monde et qu’on voit les sup­po­sés civi­li­sés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens très fière d’être sud-amé­ri­ciane, de faire par­tie de l’UNASUR”, a décla­ré la pré­si­dente argentine.

Avant de quit­ter l’Argentine pour l’Uruguay où il s’entretiendra avec le pré­sident Muji­ca, le pré­sident véné­zué­lien a décla­ré que “nous ne vou­lons plus de guerres ici (en Amé­rique Latine), nous ne vou­lons plus de bombes, nous ne vou­lons plus d’affrontements entre nous, nous ne vou­lons pas que des forces externes à notre conti­nent viennent alté­rer la paix dont nous avons besoin pour pour­suivre le pro­jet de déve­lop­pe­ment de nos peuples”.

Pho­to : détail des visites pré­vues lors de la tour­née de Hugo Cha­vez en Amé­rique du Sud
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