La Turquie expulse l’émissaire d’Israël et gèle les relations militaires

La Turquie a également prévu une campagne diplomatique et juridique contre Israël aux Nations Unies

La Tur­quie a déci­dé de déclas­ser ses liens diplo­ma­tiques avec Israël au niveau le plus bas pos­sible, a décla­ré ven­dre­di le ministre turc des Affaires étran­gères Ahmet Davu­to­glu, après le refus per­sis­tant d’Israël de pré­sen­ter des excuses pour un raid 2010 sur une flot­tille d’aide pour Gaza.

Les conclu­sions d’une enquête de l’ONU dans le raid meur­trier d’Israël sur une flot­tille pour Gaza en 2010 connu comme le rap­port de la Com­mis­sion Pal­mer, divul­guées à la New York Times jeu­di, ont encore aggra­vé les ten­sions entre Israël et la Tur­quie et des hauts fonc­tion­naires du minis­tère des Affaires étran­gères ont aver­ti que la Tur­quie pour­rait répondre à la publi­ca­tion du rap­port en expul­sant l’ambassadeur israé­lien et en dégra­dant les rela­tions diplo­ma­tiques.

S’adressant à des jour­na­listes le ven­dre­di [2 sep­tembre 2011], Davu­to­glu a annon­cé la baisse du niveau des rela­tions diplo­ma­tiques avec [Tel Aviv], disant que ce geste était une réponse directe au refus d’Israël de s’excuser pour la mort de neuf res­sor­tis­sants turcs dans le raid de mai 2010.

Les impli­ca­tions du déclas­se­ment sont que le niveau des repré­sen­ta­tions diplo­ma­tiques dans les deux pays sera réduit d’ambassadeur à pre­mier secré­taire. Cela signi­fie que l’ambassadeur d’Israël en Tur­quie, Gab­by Levy et son adjoint, Ella Afek, seront expul­sés.

Une décla­ra­tion du minis­tère turc des Affaires étran­gères, publié dans les minutes sui­vant la confé­rence de presse de Davu­to­glu a indi­qué que des diplo­mates turcs et israé­liens qui doivent quit­ter leurs postes res­pec­tifs à la suite du déclas­se­ment le feront le 7 sep­tembre.

« Israël gas­pillé toutes les pos­si­bi­li­tés de mettre fin à la crise, et main­te­nant il faut payer pour cela », a décla­ré Davu­to­glu, ajou­tant que la posi­tion offi­cielle de la Tur­quie était que le blo­cus israé­lien sur la bande de Gaza est illé­gal, en dépit du fait que le rap­port de l’ONU sou­tient sa léga­li­té.

Fai­sant allu­sion à des consé­quences pos­sibles de désac­cord de la Tur­quie avec l’interprétation de l’ONU sur le blo­cus d’Israël, le minis­tère turc des Affaires étran­gères a décla­ré qu’Ankara serait « faire ce qu’il faut pour mettre en œuvre son inter­pré­ta­tion de la signi­fi­ca­tion des eaux inter­na­tio­nales en Médi­ter­ra­née. »

« Nous ne pou­vons pas accep­ter le blo­cus sur Gaza. Nous ne pou­vons pas dire que le blo­cus s’aligne avec le droit inter­na­tio­nal », a‑t-il dit, ajou­tant que la posi­tion prise par le rap­port de la Com­mis­sion Pal­mer était « l’opinion per­son­nelle de l’auteur, celle qui ne cor­res­pond pas avec la posi­tion de la Tur­quie. »

Par ailleurs, M. Davu­to­glu a annon­cé l’annulation de tous les contrats de défense entre Israël et la Tur­quie, ajou­tant qu’Ankara ini­tie­rait une action en jus­tice contre le blo­cus de Gaza dans les tri­bu­naux inter­na­tio­naux, et assis­te­rait les familles des per­sonnes tuées dans le raid contre la flot­tille pour Gaza dans leur litige contre Israël.

Aver­tis­sant des consé­quences pos­sibles du refus d’Israël de pré­sen­ter des excuses pour le raid contre la flot­tille, Davu­to­glu avait décla­ré jeu­di que la sor­tie offi­cielle ven­dre­di du rap­port Pal­mer consti­tuait la der­nière chance d’Israël de s’excuser pour son raid sur la flot­tille par­rai­née par la Tur­quie et mis en garde contre les consé­quences, y com­pris des sanc­tions, si Israël devrait conti­nuer à refu­ser de s’excuser.

Sauf en cas d’excuses d’Israël, « nous allons mettre en jeu le plan B », a décla­ré Davu­to­glu. Il dit que la Tur­quie cherche à impo­ser des sanc­tions, « dont Israël et les autres par­ties inter­na­tio­nales sont conscients ».

Se réfé­rant à la demande d’Israël d’un autre délai dans la publi­ca­tion du rap­port, il a dit qu’Ankara « ne peut pas accep­ter une autre pro­lon­ga­tion de six mois. »

De hauts res­pon­sables israé­liens ont décla­ré jeu­di qu’Israël ne s’excuserait pas pour le raid et que le Pre­mier ministre Ben­ja­min Neta­nya­hu l’avait répé­té au gou­ver­ne­ment amé­ri­cain ces der­niers jours.

La Tur­quie a éga­le­ment pré­vu une cam­pagne diplo­ma­tique et juri­dique contre Israël aux Nations Unies et aide­ra les familles des per­sonnes tuées ou bles­sées dans le raid à enga­ger des pour­suites contre Israël devant les tri­bu­naux dans le monde entier.

De plus, Anka­ra menace de stop­per le com­merce entre la Tur­quie et Israël, qui se monte à des mil­liards de dol­lars.

Par Jack Khou­ry et Barak Ravid, Haa­retz

tra­duc­tion : Julien Mas­ri

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