L’appel de la plaza del Sol-Syntagma

Les institutions européennes, au lieu de prendre des décisions politiques fortes face aux attaques des marchés financiers, elles s’alignent à ceux-ci.

Appel Sol-Syn­tag­ma

9 sep­tembre

NOUS, CITOYENS DE LA PLAZA DEL SOL ET DE SYNTAGMA, MANIFESTONS NOTRE INDIGNATION ET INVITONS TOUS LES INDIGNES DE TOUTES LES PLACES A NOUS REJOINDRE.

Des USA à Bruxelles, de Grèce en Boli­vie, d’Espagne en Tuni­sie, la crise du capi­ta­lisme s’approfondit. Res­pon­sables en sont ceux qui nous imposent des recettes pour la dépas­ser. Celles-ci sont : Trans­fert des res­sources publiques à des ins­ti­tu­tions finan­cières pri­vées tan­dis qu’ils font payer la fac­ture aux peuples avec des plans d’ajustement qui ne nous font pas sor­tir de la crise mais nous y enfoncent davan­tage.

Dans l’UE, les attaques des mar­chés finan­ciers contre les dettes publiques font chan­ter les gou­ver­ne­ments et prennent en otage les par­le­ments, les­quels adoptent des mesures injustes dépour­vues de toute légi­ti­mi­té démo­cra­tique et der­rière le dos de leurs peuples. Les ins­ti­tu­tions euro­péennes, au lieu de prendre des déci­sions poli­tiques fortes face aux attaques des mar­chés finan­ciers, elles s’alignent à ceux-ci.

Dès le début de cette crise, nous assis­tons à une ten­ta­tive de conver­tir la dette pri­vée en dette publique. Il s’agit de socia­li­ser impu­né­ment des pertes après avoir pri­va­ti­sé scan­da­leu­se­ment les pro­fits.

Les taux d’intérêt éle­vés impo­sés afin d’obtenir le finan­ce­ment, ne sont pas dus aux doutes concer­nant notre sol­va­bi­li­té, mais aux manœuvres spé­cu­la­tives que réa­lisent pour s’enrichir les grandes entre­prises finan­cières, en conni­vence avec les Agences de nota­tion.

Les coupes éco­no­miques sont accom­pa­gnées par des res­tric­tions des liber­tés démo­cra­tiques. Citons par­mi celles-ci, des mesures de contrôle et d’expulsion de la popu­la­tion immi­grée ain­si que des limi­ta­tions à la libre cir­cu­la­tion des Euro­péens dans l’UE. Seuls l’euro et la libre cir­cu­la­tion des capi­taux spé­cu­la­tifs ont les fron­tières ouvertes.

Dans l’Etat espa­gnol, nous sommes sou­mis à un pro­ces­sus d’arnaque col­lec­tive. La dette publique (60% du PIB) N’EST PAS UN PROBLEME et pour­tant ils l’utilisent comme pré­texte pour nous faire croire que nous sommes dans une situa­tion grave, qui jus­ti­fie les dures attaques contre nos droits et notre patri­moine qui sont en cours et menacent de croître. Au contraire, la dette pri­vée (240% du PIB) est un vrai pro­blème, mais au lieu d’appliquer aux banques les mesures d’austérité ils leur accordent des aides et des pri­vi­lèges de toute espèce aux dépens du Tré­sor public. La plus grande « aide » est la ces­sion à des prix imbat­tables de presque la moi­tié du sys­tème de nos Caisses d’épargne, ain­si que des entre­prises et acti­vi­tés ren­tables.

Pen­dant ce temps, contre­ve­nant à plu­sieurs droits fon­da­men­taux, l’accès à la Puer­ta del Sol, épi­centre du mou­ve­ment du 15 mai (15M) est res­té inter­dit.

En Grèce, ils nous ont impo­sé des Memo­ran­da. Ils nous ont dit que les coupes, l’austérité et les nou­veaux impôts sont des sacri­fices néces­saires pour faire sor­tir le pays de la crise et dimi­nuer la dette. Ils nous ont men­ti !

Jour après jour des nou­velles mesures sont prises, les salaires sont ampu­tés, le chô­mage monte en flèche, la jeu­nesse émigre. Et la dette n’arrête pas de gon­fler, parce que les nou­veaux emprunts sont des­ti­nés à payer les énormes inté­rêts de nos créan­ciers. Les défi­cits de la Grèce et des autres pays du sud euro­péen deviennent les sur­plus des banques de l’Allemagne et des autres pays riches du Nord.

Les res­pon­sables pour le gon­fle­ment de la dette ne sont pas les salaires et les pen­sions de retraite. Les res­pon­sables sont les grands allé­ge­ments fis­caux et les sub­ven­tions en faveur du capi­tal, la grande bouffe des arme­ments, des pro­duits phar­ma­ceu­tiques. Ils nous mettent en faillite afin d’appliquer des mesures et des coupes catas­tro­phiques, afin de vendre la terre et les biens publics à des prix défiant toute concur­rence.

Nous disons

- Qu’ils retirent leurs memo­ran­da ! Qu’ils s’en aillent ! Nous ne vou­lons pas le gou­ver­ne­ment du FMI et de la Troï­ka.

- Natio­na­li­sa­tion des banques. Avec ses plans de sau­ve­tage, l’Etat les a déjà payées bien au-des­sus de leur valeur bour­sière pour qu’elles conti­nuent à spé­cu­ler.

- Ouvrir au peuple les livres de la dette pour que nous sachions où est allé l’argent.

- Redis­tri­buer radi­ca­le­ment les richesses et chan­ger la poli­tique fis­cale pour faire payer les pos­sé­dants : les ban­quiers, le capi­tal et l’Eglise.

- Nous vou­lons le contrôle popu­laire démo­cra­tique sur l’économie et la pro­duc­tion.

Pour tout ca, les deux places ensemble NOUS DECLARONS que :

LES POLITIQUES D’AJUSTEMENT QU’ILS APPLIQUENT NE NOUS FERONS PAS SORTIR DE LA CRISE, MAIS NOUS ENFONCERONT PLUS PROFONDEMENT DANS CELLE-CI.

ILS NOUS ENTRAINENT DANS UNE SITUATION LIMITE AFIN D’APPLIQUER DES MESURES DE SAUVETAGE, QUI EN REALITE SAUVERONT LES BANQUES CREANCIERES, QUI VONT SE CONCRETISER EN GRAVES ATTAQUES CONTRE NOS DROITS, NOS ECONOMIES FAMILIALES ET NOTRE PATRIMOINE PUBLIC.

Nous devons NOUS INDIGNER et NOUS REVOLTER contre pareilles attaques. C’est ce que nous fai­sons avec le mou­ve­ment 15M dans la Place de la Puer­ta del Sol et à par­tir de l’Assemblée Popu­laire de Syn­tag­ma.

Nous invi­tons tous les indi­gnés de toutes les places à s’y joindre.

- Stop aux plans d’ajustement et de sau­ve­tage

- Non au paie­ment de la dette illé­gi­time. Cette dette n’est pas la nôtre ! Nous ne devons rien, nous ne ven­dons rien, nous ne paye­rons rien !

- Pour une démo­cra­tie directe et réelle MAINTENANT.

- Défendre le public. Pas une vente de pro­prié­té ou de ser­vices publiques.

Pour la coor­di­na­tion de tous les indi­gnés de toutes les places.

Voir en ligne : http://www.contra-xreos.gr/

Source de l’ar­ticle : CADTM