#PAY YOUR WORKERS

EN LIEN :

Cette action a été lan­cée dans le cadre de la Semaine mon­diale d’ac­tion de la Clean Clothes Cam­pai­gn, le réseau inter­na­tio­nal que repré­sentent achACT et la SKC en Bel­gique. Les actions menées dans des dizaines de lieux sym­bo­liques par­tout dans le monde ampli­fient la voix des travailleur·euses dont les salaires ont été réduits ou dont les emplois ont dis­pa­ru sans com­pen­sa­tion pen­dant la pan­dé­mie. Plus d’in­for­ma­tions sur les actions mon­diales sur www.cleanclothes.org

 

La fresque est réa­li­sée par les artistes bruxel­lois IOTA et Luis Pôlet, du Col­lec­tif pAR­Terre.

Les images sont prises par le pho­to­graphe Gilles Naj­heut

 

Une fresque XXL rue Neuve rap­pelle quelques impé­ra­tifs aux marques de mode

Face au Covid-19, la fresque éphé­mère XXL « PAY YOUR WORKERS » réa­li­sée mer­cre­di 18 novembre rue Neuve à Bruxelles, à l’initiative d’achACT et de la Schone Kle­ren Cam­pagne, par le col­lec­tif de street artistes pAR­Terre, inter­pelle les marques et enseignes de mode. L’objectif : en pleine crise sani­taire mon­diale, les exhor­ter à garan­tir le paie­ment de leurs salaires aux tra­vailleuses et tra­vailleurs des filières de pro­duc­tion de vête­ments.

Au début de la pan­dé­mie, le pre­mier réflexe des entre­prises de l’habillement a été d’annuler leurs com­mandes. Mêmes celles déjà pro­duites par les usines sous-trai­tantes. Ces pra­tiques ont eu des effets désas­treux sur les tra­vailleuses et tra­vailleurs de la confec­tion de vête­ments : vol de salaires, licen­cie­ments mas­sifs, répres­sion syn­di­cale, non-res­pect des mesures sani­taires dans les usines, etc.

« On a esti­mé entre 2,7 mil­liards et 4,9 mil­liards d’eu­ros de salaires impayés entre mars et mai 2020.  Déjà tou­chés par des condi­tions de tra­vail déplo­rables hors Covid-19, la catas­trophe s’abat de plein fouet et plonge des mil­lions de per­sonnes dans l’extrême pau­vre­té. Les bonnes années, les béné­fices de ces entre­prises ne sont pas par­ta­gés, aujourd’hui, le poids de la crise lui est bien par­ta­gé avec les travailleur·euses. Ce n’est pas juste ! », explique Sara Ceus­ter­mans de la Schone Kle­ren Cam­pagne (SKC).

La fresque est réa­li­sée par les artistes bruxel­lois IOTA et Luis Pôlet, du Col­lec­tif pAR­Terre.

À tra­vers cette fresque géante, achACT et la SKC, à l’initiative de l’action, entendent relayer le mes­sage des travailleur·euses concerné·es, mobilisé·es pour le res­pect de leurs droits dans plu­sieurs pays de pro­duc­tion. Dans le cadre de l’appel à action #PayYour­Wor­kers du réseau inter­na­tio­nal de la Clean Clothes Cam­pai­gn, les marques et enseignes de l’habillement sont exhor­tées à s’en­ga­ger publi­que­ment pour garan­tir le ver­se­ment des salaires com­plets aux travailleur·euses de leurs filières. Plus d’une dou­zaine de petites marques ont déjà répon­du posi­ti­ve­ment, il est main­te­nant temps que d’autres suivent le mou­ve­ment, en par­ti­cu­lier les grandes entre­prises qui ont le plus d’im­pact, telles que H&M, Nike et Pri­mark.

« Si cet appel est des­ti­né à toutes les marques du sec­teur, aujourd’hui, on par­ti­cipe à la dyna­mique inter­na­tio­nale d’interpellation des enseignes H&M, Pri­mark et Nike. Notre réseau inter­na­tio­nal, la Clean Clothes Cam­pai­gn, a rele­vé de nom­breuses vio­la­tions des droits dans leurs filières d’approvisionnement. Ces entre­prises doivent s’engager dès main­te­nant vis-à-vis des tra­vailleuses et tra­vailleurs qui pro­duisent leurs mar­chan­dises, si elles le font, d’autres en feront sûre­ment autant.Des mesures plus struc­tu­relles sont éga­le­ment néces­saires, comme une répar­ti­tion plus équi­table des béné­fices dans le sec­teur, une plus grande trans­pa­rence des filières, une meilleure pro­tec­tion sociale dans les pays pro­duc­teurs, etc. », pré­cise San­na Abdes­sa­lem d’achACT

Bien que cer­taines entre­prises du sec­teur soient tou­chées par les effets de la pan­dé­mie, Pri­mark, H&M et Nike ne le sont pas. Le groupe déten­teur de Pri­mark, Asso­cia­ted Bri­tish Foods, a annon­cé début novembre un béné­fice avant impôts de 914 mil­lions de GBP (1 mil­liard d’eu­ros) pour 2020, le groupe H&M a annon­cé un béné­fice de 24 851 mil­lions de SEK (2 435 mil­lions d’eu­ros) au cours du der­nier tri­mestre, et Nike a annon­cé un reve­nu net de 1,5 mil­liard d’USD (1,3 mil­liard d’eu­ros) et a ver­sé 384 mil­lions d’USD (325 mil­lions d’eu­ros) de divi­dendes aux action­naires, soit une hausse de 11 % par rap­port à l’an­née pré­cé­dente.

« Cette crise sani­taire est mon­diale. Si on négo­cie ici la mise en place de mesures de sécu­ri­té opti­males pour nos tra­vailleurs en maga­sin et un sou­tien finan­cier pour les employé·es de la dis­tri­bu­tion sévè­re­ment affecté·es par les fer­me­tures de maga­sins, on se montre soli­daires des tra­vailleuses et tra­vailleurs du bout de la chaîne, qui se mobi­lisent aujourd’hui pour rece­voir les salaires dus et pour plus de pro­tec­tion sociale », témoigne Del­phine Lata­wiec, res­pon­sable du sec­teur com­merce de la CNE.

« On sait com­bien il est fon­da­men­tal de pou­voir s’organiser col­lec­ti­ve­ment face aux consé­quences de cette crise sani­taire, c’est notre quo­ti­dien depuis plu­sieurs mois. Mal­heu­reu­se­ment les tra­vailleuses et tra­vailleurs des filières de pro­duc­tion qui reven­diquent leurs droits s’exposent à des risques de répres­sion, de licen­cie­ment ou de har­cè­le­ment. On ne peut que leur témoi­gner notre sou­tien ! », conclut Valé­rie Van­wal­le­ghem, secré­taire Fédé­rale du SETCa/BBTK.