Résolution 6 : Il faut défendre Julian Assange

Voici la sixième de sept résolutions adoptées à l’unanimité lors du premier congrès national du Parti de l’égalité socialiste (Australie) qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2012 à Sydney.

11 décembre 2012
Pre­mier Congrès natio­nal du PES (Aus­tra­lie)

Voi­ci la sixième de sept réso­lu­tions adop­tées à l’unanimité lors du pre­mier congrès natio­nal du Par­ti de l’égalité socia­liste (Aus­tra­lie) qui s’est tenu du 6 au 9 avril 2012 à Syd­ney.

1. Le pré­sent congrès dénonce l’implication intime du gou­ver­ne­ment tra­vailliste dans le com­plot our­di par le gou­ver­ne­ment Oba­ma pour jeter le fon­da­teur de Wiki­leaks Julian Assange en pri­son. En refu­sant de défendre les droits juri­diques fon­da­men­taux d’un res­sor­tis­sant de natio­na­li­té aus­tra­lienne, le gou­ver­ne­ment Gil­lard a joué un rôle cru­cial dans cette opé­ra­tion contre lui.

2. La per­sé­cu­tion d’Assange et de Wiki­Leaks fait par­tie d’un assaut d’envergure mon­diale contre les droits poli­tiques et démo­cra­tiques fon­da­men­taux, et dont le but est d’intimider et faire taire l’opposition popu­laire crois­sante au pro­gramme de mili­ta­risme et d’austérité impo­sé aux tra­vailleurs par­tout dans le monde.

3. Des cour­riels internes de l’agence de ren­sei­gne­ment pri­vée amé­ri­caine Strat­for révèlent que le gou­ver­ne­ment Oba­ma a pré­pa­ré, depuis décembre 2010, une mise en exa­men secrète contre Assange par un jury d’accusation. Déte­nu en Grande-Bre­tagne depuis plus d’un an, il est confron­té à une extra­di­tion vers la Suède pour des accu­sa­tions d’agressions sexuelles sans fon­de­ment. Ce coup mon­té est conçu pour ouvrir la voie à l’extradition d’Assange vers les États-Unis, où il serait jugé en ver­tu de l’Espionage Act, loi réac­tion­naire de 1917 sur l’espionnage.

4. Le trai­te­ment qui attend le fon­da­teur de Wiki­Leaks est déjà impo­sé au sol­dat Man­ning Brad­ley, pré­su­mée source de Wiki­Leaks. Man­ning crou­pit dans les pri­sons mili­taires amé­ri­caines depuis près de deux ans, où il est sou­mis à l’isolement, à la nudi­té for­cée, à la pri­va­tion de som­meil et autres formes de tor­ture. Le but de ce trai­te­ment est de le for­cer à négo­cier un plai­doyer de culpa­bi­li­té qui ser­vi­ra de base à l’accusation du gou­ver­ne­ment amé­ri­cain contre Assange.

5. Washing­ton fait cam­pagne pour vili­pen­der Assange et détruire Wiki­Leaks parce que ce site a mis en lumière des mil­liers de docu­ments détaillant les meurtres par les États-Unis de civils et leur com­pli­ci­té dans la tor­ture en Afgha­nis­tan et en Irak, ain­si dans de nom­breux autres crimes aupa­ra­vant cachés à la popu­la­tion mon­diale. Par­mi les câbles diplo­ma­tiques ren­dus publics, il y a ceux qui révèlent l’implication étroite de l’ambassade des États-Unis avec les émi­nences grises du Par­ti tra­vailliste aus­tra­lien qui ont chas­sé Kevin Rudd du poste de pre­mier ministre au milieu de l’année 2010 pour y ins­tal­ler Julia Gil­lard.

6. Gil­lard a sou­te­nu la per­sé­cu­tion d’Assange dès la pre­mière heure. En décembre 2010, au moment où le jury d’accusation était secrè­te­ment convo­qué, elle a décla­ré publi­que­ment, sans la moindre preuve ou jus­ti­fi­ca­tion légale, que la publi­ca­tion de câbles diplo­ma­tiques des États-Unis par Wiki­Leaks était « illé­gale. » Son gou­ver­ne­ment a fait tout son pos­sible pour aider l’opération amé­ri­caine, auto­ri­sant même une enquête de la Police fédé­rale et des ser­vices de ren­sei­gne­ment aus­tra­liens pour déni­cher tout ce qu’ils pou­vaient trou­ver afin d’essayer de com­pro­mettre Assange.

7. En jetant Assange aux loups, le Par­ti tra­vailliste cherche à cou­vrir les crimes de Washing­ton et le rôle joué par les gou­ver­ne­ments aus­tra­liens dans ces crimes, ain­si qu’à dis­si­mu­ler l’ensemble des machi­na­tions de l’impérialisme amé­ri­cain et ses impli­ca­tions pour la classe ouvrière. Le gou­ver­ne­ment Gil­lard joue un rôle non moins per­ni­cieux que le gou­ver­ne­ment Howard lorsque celui-ci avait sou­te­nu la déten­tion par le gou­ver­ne­ment Bush de deux citoyens aus­tra­liens, David Hicks et Mam­douh Habib, aux côtés de plus de 650 autres pri­son­niers à Guan­ta­na­mo Bay, à Cuba, au mépris des Conven­tions de Genève et du droit inter­na­tio­nal.

8. Les opé­ra­tions contre ces trois hommes s’inscrivent dans la frau­du­leuse « guerre contre le ter­ro­risme » tou­jours en cours. Débu­tant avec les inva­sions de l’Afghanistan et de l’Irak, cette « guerre » a ser­vi de pré­texte pour mener des agres­sions mili­taires à l’étranger et impo­ser une ava­lanche de mesures d’État poli­cier sur le plan inté­rieur. Tout comme l’administration Oba­ma qui a inten­si­fié l’assaut de grande enver­gure contre les droits démo­cra­tiques pré­cé­dem­ment lan­cé sous le gou­ver­ne­ment Bush, le gou­ver­ne­ment tra­vailliste a inten­si­fié et ins­ti­tu­tion­na­li­sé les mesures auto­ri­taires « anti-ter­ro­ristes » ini­tiées par son pré­dé­ces­seur.

9. L’assaut des deux par­tis contre les droits démo­cra­tiques a été approu­vé par tout l’establishment poli­tique, y com­pris les Verts. Sou­te­nu en effet par les Verts, le gou­ver­ne­ment tra­vailliste mino­ri­taire a conser­vé et ren­for­cé toutes les mesures dra­co­niennes adop­tées depuis 2000 – déten­tions sans pro­cès, inter­ro­ga­toires secrets, légis­la­tion sur le recours à l’armée, inter­ven­tions mili­taires sans pré­cé­dent dans les com­mu­nau­tés abo­ri­gènes dans le Ter­ri­toire du Nord, et lois anti-réfu­giés tou­jours plus sévères.

10. Ce bilan démontre qu’il n’y a pas le moindre enga­ge­ment signi­fi­ca­tif au sein des cercles diri­geants aus­tra­liens en faveur des droits démo­cra­tiques fon­da­men­taux et juri­diques. Sus­ci­tant à peine un mur­mure dans les médias, le Par­ti tra­vailliste a blo­qué à plu­sieurs reprises toute action en jus­tice contes­tant la par­ti­ci­pa­tion de Can­ber­ra aux opé­ra­tions de tor­ture, de res­ti­tu­tions et de déten­tions à Guantá­na­mo Bay menées par les États-Unis, ain­si que contre les dépor­ta­tions arbi­traires et les inter­dic­tions en masse menées par l’Australian Secu­ri­ty Intel­li­gence Orga­ni­za­tion – ASIO (ser­vices de ren­sei­gne­ment aus­tra­liens) contre les réfu­giés et les sai­sies de pas­se­port de citoyens aus­tra­liens.

11. L’aggravation de la crise du sys­tème capi­ta­liste est à l’origine de ces mesures. Il devient de plus en plus impos­sible pour les élites diri­geantes d’imposer, par des moyens démo­cra­tiques, le mili­ta­risme, les inéga­li­tés fla­grantes et les attaques actuelles contre les condi­tions sociales et de tra­vail.

12. Le pré­sent Congrès salue la posi­tion cou­ra­geuse prise par Assange et Wiki­Leaks et lut­te­ra pour les défendre. Assange et Wiki­Leaks ont aidé à dévoi­ler, aux yeux de mil­lions de per­sonnes dans le monde, les agis­se­ments et la nature véri­tables des gou­ver­ne­ments des États-Unis et d’autres pays dans le monde, y com­pris celui de Can­ber­ra.

13. Le pré­sent Congrès exige la libé­ra­tion immé­diate d’Assange et de Man­ning. Nous insis­tons sur le fait que la défense de leurs droits démo­cra­tiques est insé­pa­rable de la lutte pour mobi­li­ser la classe ouvrière contre le gou­ver­ne­ment tra­vailliste, com­plice direct de la conspi­ra­tion de Washing­ton contre eux. Les droits démo­cra­tiques ne peuvent être défen­dus der­rière la façade décré­pie du par­le­ment, mais uni­que­ment par la lutte pour un gou­ver­ne­ment ouvrier, enga­gé à réor­ga­ni­ser la socié­té sur la base de la satis­fac­tion des besoins de l’humanité et non pas du pro­fit pri­vé, et enga­gé à mettre en place une véri­table démo­cra­tie dans tous les aspects de la vie éco­no­mique, poli­tique et sociale.

Source : https://www.wsws.org/fr/articles/2012/dec2012/ciqi-d10.shtml

EN COMPLEMENT (et en anglais)

http://www.wsws.org/articles/2012/may2012/sepc-m08.shtml

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