Journalistes grecs en grève de la faim pour leurs pensions

FR-GR - 3 min 47 sec - 2017

Silence média­tique sur le déla­bre­ment d’un sys­tème de sécu­ri­té sociale

Le sys­tème grec de sécu­ri­té sociale est fon­dé sur le prin­cipe du finan­ce­ment tri­par­tite (les sala­riés, les employeurs et l’État), moyen­nant des sub­ven­tions ver­sées annuel­le­ment par l’État aux orga­nismes d’as­su­rance sociale. Mais cer­tains sec­teurs ont leur propre sys­tème de sécu­ri­té sociale. C’est le cas pour le sec­teur de l’in­for­ma­tion. En 50 ans, l’É­tat grec, ain­si que les pro­prié­taires grecs de médias de masse, n’ont jamais eu à ver­ser un seul cen­time pour les soins de san­té et les retraites des jour­na­listes grecs !

Ils n’ont jamais eu à ver­ser de coti­sa­tions d’as­su­rance à l’Or­ga­ni­sa­tion des soins de san­té et pour la sécu­ri­té sociale des jour­na­listes et employés des médias grecs (EDOEAP). Cette caisse de pen­sion fonc­tionne de manière auto­nome, auto-finan­cée via les contri­bu­tions des employés et des employeurs ain­si que par un fonds com­plé­men­taire appe­lé “agge­lio­si­mo” qui est consti­tué grâce aux reve­nus de la publi­ci­té, à rai­son de 20%. Mais l’an­née der­nière, le gou­ver­ne­ment grec a abo­li ce fonds sans le rem­pla­cer par une res­source alter­na­tive !

Depuis sep­tembre 2016, 16.754 jour­na­listes grecs se retrouvent donc sans assu­rance et EDOEAP, leur orga­ni­sa­tion de sécu­ri­té sociale et de pré­voyance sociale, n’a plus de res­sources pour rem­plir ses enga­ge­ments envers ses membres. EDOEAP a déjà ces­sé de ver­ser la pen­sion com­plé­men­taire men­suelle à 2.235 béné­fi­ciaires. Cette mutuelle, lais­sée sans res­sources depuis 13 mois, s’ef­fondre alors que les chaînes de télé­vi­sion, les sta­tions de radio, les jour­naux, les maga­zines et les médias numé­riques grecs res­tent silen­cieux !

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Depuis 2010, les pen­sion­nés grecs, ont vu leurs reve­nus se réduire de 15 à 40% pour répondre aux condi­tions impo­sées par les créan­ciers du pays, la Troï­ka (Fonds moné­taire inter­na­tio­nal — Com­mis­sion euro­péenne — Banque cen­trale euro­péenne). Par­mi les mesures qui sont exi­gées, il y a la fusion des grandes caisse de retraite avec des consé­quences désas­treuses pour les retrai­tés et les futurs pen­sion­nés.

Dans un pays où le taux de chô­mage a explo­sé et où il n’existe pas de reve­nu mini­mum garan­ti, les retrai­tés sont par­fois le seul filet de sécu­ri­té pour de nom­breuses familles.

Des dis­cus­sions ont lieu entre le gou­ver­ne­ment SYRIZA et la Troï­ka, qui depuis le 3ème mémo­ran­dum signé en juillet 2015, a les pleins pou­voirs pour inter­ve­nir dans l’é­la­bo­ra­tion des pro­jets de loi et des poli­tiques mises en place en Grèce.

Ceux qui tra­vaillent actuel­le­ment (au plus pro­fond de la crise des médias grecs), les chô­meurs et les jour­na­listes grecs à la retraite ne demandent aucune exemp­tion ou pri­vi­lège favo­rable ! Ils exigent cepen­dant des soins de san­té appro­priés et leurs pen­sions comme n’im­porte quel autre contri­buable.
Au cours des 13 der­niers mois, ils ont été pri­vés de leur droit à l’as­su­rance, aux soins de san­té et à la pen­sion de leur ins­ti­tu­tion d’as­su­rance auto­gé­rée.

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