70 jours de grève de la faim à Bruxelles !

Communiqué du CRER - Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation

Plus de 70 jours de grève de la faim pour un groupe de per­sonnes a Bruxelles, sans que « UN » seul élu poli­tique sois venu leur par­ler, leur don­ner un signe d’espoir…de com­pré­hen­sion, de soli­da­ri­té !

Ne lais­sons pas mou­rir ces gens dans l’indifférence, réagis­sons !!!

Télé­pho­nez a vos amis poli­ti­ciens, envoie ce mail a vos chefs de par­tis, envoyez des fax aux dépu­tés et séna­teurs concernes…ça ne sera q’un geste d’humanité, celui qui manque tel­le­ment a Mme Mil­quet et Mr Wathe­let aujourd’hui…

Mer­ci pour eux !

CRER / Tel : 0474 08 85 35
Info : http://regularisation.canalblog.com/
Sou­tien au N° Trio­dos : 523 — 0801898 — 74


Mon­sieur Mel­chior Wathe­let
Secré­taire d’E­tat au Bud­get,
à la Poli­tique de Migra­tion et d’A­sile.
Rue de la Loi 51 — 1040 Bruxelles

Fax : 02/790.57.99

Email : info@wathelet.fed.be

Mon­sieur le Ministre,

Je tiens à vous faire part de mon indi­gna­tion face à la manière dont vous trai­tez le dos­sier des deman­deurs d’asile et per­sonnes sans papiers. Par­mi ceux-ci, nom­breux sont ceux qui n’ont d’autre choix aujourd’hui que de com­men­cer de nou­velles grèves de la faim ; comme à la rue des char­treux (1000 Bruxelles) où 26 per­sonnes risquent leur vie, pour un peu de digni­té, depuis plus de 65 jours main­te­nant.

Déjà en 2009, l’accord du gou­ver­ne­ment pour régu­la­ri­ser les sans papiers avait été géré de manière scan­da­leuse. Vous ne pou­viez pas igno­rer en effet le carac­tère illé­gal de l’instruction minis­té­rielle que vous vous féli­ci­tiez d’avoir scel­lée après des mois de dis­cus­sion. Tout natu­rel­le­ment, elle a été annu­lée par le Conseil d’Etat et s’est envo­lée avec elle toute cer­ti­tude quant à réa­li­sa­tion des pro­messes faites. Com­bien des per­sonnes ont pu, au final, retrou­ver des droits suite à ces pro­messes ? Nous ne le sau­rons pro­ba­ble­ment jamais.

En revanche, le dimanche 12 décembre, nous avons assis­té avec stu­pé­fac­tion aux débats télé­vi­sés qui se sont dérou­lés sur RTL et la RTBF à pro­pos de l’asile et de la crise de l’accueil en pré­sence de repré­sen­tants de chaque fac­tion poli­tique. Outre le fait que vous avez élu­dé la plu­part des ques­tions per­ti­nentes sou­le­vées par les experts et par­tis de centre gauche – sup­po­sé­ment proches du CDH – pour vous concen­trer sur le « débat » popu­liste et dégra­dant qui a occu­pé le temps d’antenne, nous avons été tout par­ti­cu­liè­re­ment cho­qués de consta­ter la vigueur avec laquelle vous vous défen­diez de ne pas être aus­si ferme dans l’expulsion des étran­gers en situa­tion irré­gu­lière que vos pré­dé­ces­seurs – aile droite de la droite fla­mande.

L’humanisme auquel vous pré­ten­dez devrait pour­tant vous pous­ser à rap­pe­ler au public le point de vue et la détresse abso­lue de la popu­la­tion concer­née afin notam­ment d’éviter que ne se repro­duisent inces­sam­ment des situa­tions inhu­maines telles que les grèves de la faim.

Par­mi les gré­vistes de la rue des Char­treux, beau­coup vivent en Bel­gique depuis plu­sieurs années et y ont tis­sé, tant bien que mal, des liens sociaux durables. Mais à défaut de se voir recon­naître une petite chance d’être accep­tés dans notre pays, ceux-ci ont été chaque jour un peu plus livrés au déses­poir de la clan­des­ti­ni­té, à l’exploitation et à l’emprise des réseaux mafieux.

En enta­mant la grève de la faim, ces per­sonnes ont déci­dé qu’elles ne vou­laient pas d’une telle vie et ont expri­mé leur volon­té indé­fec­tible d’obtenir les droits que la socié­té belge dit leur recon­naître en leur qua­li­té d’être humain. Le refus de les entendre les mène à pré­sent au stade ultime duquel ils ne pour­ront sor­tir, au mieux, qu’avec de pro­fondes séquelles phy­siques et psy­cho­lo­giques.

Ils sont allés tel­le­ment loin qu’il est tout à fait illu­soire de croire qu’ils s’ar­rê­te­ront main­te­nant. Atten­drez-vous le décès de l’un d’entre eux pour vous pen­cher sur leur sort ? Ou avons-nous rai­son de croire que le repré­sen­tant du par­ti huma­niste que vous êtes accè­de­ra fina­le­ment à la com­pas­sion qu’ils méritent ?

Vous ne pou­vez plus fer­mer les yeux sur l’é­tat cri­tique de ces sans papiers. Vous devez leur accor­der un droit de séjour.
J’espère que vous met­trez fin à cette situa­tion insen­sée aus­si vite que pos­sible.
Veuillez agréer, Mon­sieur le Ministre, l’expression de toute ma consi­dé­ra­tion.

Nom, pré­nom :