Les expulsions, y’en a marre !

Le 27 avril 2026, un ras­sem­ble­ment a eu lieu devant l’am­bas­sade de Gui­née à Bruxelles afin de dénon­cer la dic­ta­ture mili­taire qui dévaste la Gui­née. Ain­si que la col­la­bo­ra­tion de l’am­bas­sade de Gui­née et de l’État belge dans des dépor­ta­tions illé­gi­times, qui contre­viennent à toutes les mesures de pro­tec­tion et de digni­té des personnes.

La Gui­née connaît actuel­le­ment une dic­ta­ture mili­taire, dont Mama­di Doum­bouya est la tête. Toute cri­tique visant ce régime est répri­mée par le sang. Mal­gré ce contexte, l’État belge déporte des per­sonnes cher­chant pro­tec­tion ici. Pour­tant, leur sort là-bas est connu : tor­ture, empri­son­ne­ment, mort.

Pour dépor­ter une per­sonne vers un pays, y com­pris son pays d’o­ri­gine, l’am­bas­sade de ce pays doit don­ner un lais­ser-pas­ser à l’État belge. Afin de pro­duire ce lais­ser-pas­ser, l’am­bas­sade doit iden­ti­fier la per­sonne. Ce que l’am­bas­sade de Gui­née ne fait pas. Elle signe des lais­ser-pas­ser sans iden­ti­fi­ca­tion, uti­li­sant même des lais­ser-pas­ser péri­més. Ce qui veut dire qu’elle accepte le ren­voi de per­sonnes qui pour­raient même ne pas être guinéennes.

Plu­sieurs prises de parole ont per­mis de rap­pe­ler la gra­vi­té de la situa­tion en Gui­née, la com­pli­ci­té de l’am­bas­sade ain­si que la col­la­bo­ra­tion de l’État belge, notam­ment à tra­vers la mise en place de dits ‘centres fermés’.

En effet, la Bel­gique enferme sur son sol, dans des dits ‘centres fer­més’ qui sont en véri­té des pri­sons, des per­sonnes en exil ! Ces per­sonnes sont visées par l’État belge, dans le cadre de poli­tiques racistes et auto­ri­taires. Les per­sonne enfer­mées y sur­vivent dans des condi­tions inhu­maines, ne sachant pas pour com­bien de temps : seront-elles dépor­tées de force, et quand ? seront-elles libé­rées, et quand ?

C’est pour­quoi les col­lec­tifs sui­vants se mobi­lisent et appellent à la régu­la­ri­sa­tion pour tous.tes, ain­si qu’à l’ar­rêt immé­diat des dépor­ta­tions : Get­ting the Voice Out, La Voix des Sans Papiers, UFDG (Union des Forces Démo­cra­tiques de Guinée).

Pour en savoir plus sur les condi­tions d’en­fer­me­ment en Bel­gique et lire des témoi­gnages : https://www.gettingthevoiceout.org/

Pour en savoir plus sur les luttes pour la régu­la­ri­sa­tion de toustes en Bel­gique, voir :

Face­book @CoordinationdesSansPapiersdeBelgique

Ins­ta­gram @voixdesanspapiersbxl

Dis­cours pro­non­cé devant l’am­bas­sade :

“Non à l’injustice

J’ai­me­rais remer­cier tout un cha­cun qui a effec­tué un déplacement.

À plu­sieurs mil­liers de km de la Gui­née nous nous retrou­vons devant l’am­bas­sade de la Guinée.

Ce n’est pas une pre­mière. Une énième fois nous conti­nuons à dénon­cer, parce que nous sommes ici dans un État de droit.

Chez nous aujourd’­hui, triste réa­li­té, on n’ose même pas dire le nom du pré­sident de la Répu­blique. Que nous ne recon­nai­trons jamais en tant que pré­sident, car nous savons tous par quel biais il est pas­sé. Nous savons tous qu’il s’est auto-décla­ré pré­sident d’une Répu­blique qui ne le recon­nait pas. C’est triste et dommage.

Je dirai NON à la dis­pa­ri­tion for­cée, NON aux exac­tions, NON à l’exil for­cé des guinéens.

Mal­gré toutes nos richesses, nous sommes obli­gés aujourd’­hui de vivre loin des nôtres, loin de nos pères, nos mères, nos frères, nos sœurs, nos enfants. Nous sommes déso­lés de nous trou­ver ailleurs que chez nous.

Car un petit groupe a déci­dé de prendre tout un pays en otage. En 2026, pas au 14è siècle. Où est le sens de la démo­cra­tie ? Où est le sens des droits humains ? Où est le sens de la morale ? Si aujourd’­hui les gens crou­pissent dans les prisons ?

Les gens sont arra­chés, ils quittent le bou­lot pour ren­trer chez eux le soir. On ne sait com­bien de per­sonnes ont dis­pa­ru depuis, sans nou­velles, que leur famille attend. On ne peut pas encore comp­ter le nombre. Com­bien de jeunes aujourd’­hui, fuient la tyran­nie pour se réfu­gier ailleurs ? Qui ont des pro­fes­sions, des valeurs, qui ont fait des hautes études. Encore, c’est dom­mage, perdre tous ces cer­veaux qui pour­raient déve­lop­per le pays mais qui sont obli­gés par le sys­tème de vivre loin des leurs. Quand est-ce que ça va ces­ser ? Quand est-ce que le gui­néen ose­ra tra­vailler chez lui, déve­lop­per son pays, sa nation ?

C’est main­te­nant ou jamais !

L’heure est au réveil des consciences, sur­tout à la jeu­nesse. Je m’a­dresse tout par­ti­cu­liè­re­ment à la jeu­nesse gui­néenne. Construi­sons ensemble aujourd’­hui, main dans la main, dans la soli­da­ri­té, sans dis­tinc­tion de com­mu­nau­té, d’ap­par­te­nance, ni quoi que ce soit. Pri­mo l’in­té­rêt de la Gui­née, qui nous appartient.

Nous sommes dans une déso­la­tion pro­fonde. Nous dirons NON, on ne recu­le­ra pas. Les gens ont per­du leurs proches, qui ne pour­ront jamais repo­ser en paix sans l’ins­tau­ra­tion de la démo­cra­tie, de la jus­tice pour laquelle ils ont lut­té. L’heure est à l’ac­tion, se lever, dénon­cer. Car nous sommes en Bel­gique, capi­tale de l’Eu­rope. Et tant que nous res­pi­rons, on a l’es­poir. Tant que nous sommes là, nous dénon­ce­rons tout ce qui se passe chez nous. Car aujourd’­hui per­sonne ne peut par­ler en Gui­née, demain tu vas te retrou­ver à la bou­che­rie. C’est une véri­té. Per­sonne ne peut dire ce qui ne va pas, car tu te retrouves à la bou­che­rie. D’un moment à l’autre.

On est désolés.”

Un mili­tant gui­néen ayant pris la parole devant l’am­bas­sade le 27 avril 2026.

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