PAC Classe affaire / Classe misère

FR - 12min10sec
L'agro-industrie entraine la disparition des agricultures paysannes et jette chaque année des milliers d'individus sur les chemins de la migration.

Docu­men­taire réa­li­sé par Valen­tin Fayet
-464.jpg
Face au constat d’une agri­cul­ture et des poli­tiques qui l’accompagnent en pleine dérive, face à la mor­bide réa­li­té des condi­tions sociales qui s’installe avec l’industrialisation de la pro­duc­tion ali­men­taire, face à la mar­chan­di­sa­tion du monde jusqu’à tirer pro­fit de la vul­né­ra­bi­li­té de tra­vailleurs et de tra­vailleuses en errance, face à la mon­tée des relents natio­na­listes, du sen­ti­ment de supé­rio­ri­té de race… Que faire ? Que dire ? Beau­coup insistent sur le pou­voir du consommateur,l’importance d’acheter res­pon­sable, de se tour­ner vers les pro­duits cer­ti­fiés, la bio…
Est-ce suf­fi­sant ? Quel cahier des charges peut garan­tir que chaque tra­vailleur (pay­san, indé­pen­dant, ouvrier) ayant par­ti­ci­pé à l’élaboration du pro­duit ali­men­taire béné­fi­cie d’un reve­nu décent, de condi­tions d’accueil et de loge­ment dignes, d’un tra­vail sans dan­ger pour sa san­té ?

-465.jpg
L’agro-industrie veille, contrôle, récu­père et com­mu­nique, par exemple à tra­vers le label Glo­bal­Gap qui ne tra­duit aucu­ne­ment la réa­li­té des pra­tiques. En pre­mier lieu, il convient de redon­ner du (bon) sens à la notion de sai­son et de faire le choix de pro­duits plus locaux (« relo­ca­li­ser » l’agriculture et ali­men­ta­tion).
Les mani­fes­ta­tions de soli­da­ri­té avec les tra­vailleurs existent de part et d’autre du conti­nent euro­péen. Mal­gré les dif­fi­cul­tés sou­le­vées dans la vidéo par Alain Detem­mer­man du syn­di­cat belge FGTB pour orga­ni­ser les tra­vailleurs migrants afin de faire recon­naître et res­pec­ter leurs droits(isolement, bar­rière de la langue, concur­rence…), de nom­breux col­lec­tifs, asso­cia­tions ou syn­di­cats portent des ini­tia­tives : auto-orga­ni­sa­tion des tra­vailleurs (Soli­da­rie­dade Imi­grante au Por­tu­gal – SOC-SAT en Anda­lou­sie), cam­pagnes d’information (Réseau Faire – Mobi-lität en Alle­magne), accom­pa­gne­ment juri­dique
(CODETRAS dans les Bouches-du-Rhône – ASTI / GISTI sur le ter­ri­toire fran­çais, etc.).

-467.jpg
La lutte pour le res­pect des droits peut aus­si se gagner par des cam­pagnes d’information, de pres­sion, voire de boy­cott contre des inves­tis­seurs sans scru­pules. Cela sup­pose de créer et d’activer les réseaux de soli­da­ri­té.
Enfin agir, c’est aus­si créer le rap­port de force pour exi­ger une réorien­ta­tion des poli­tiques agri­coles (et toutes les autres poli­tiques qui s’articulent avec l’exploitation des pay­sans et des tra­vailleurs au nom de la com­pé­ti­ti­vi­té et du pro­fit éco­no­mique : poli­tiques fon­cières, sociales, migra­toires…) et l’abandon des accords de libre-échange.
Les dis­cus­sions autour de la pro­chaine réforme de la PAC (2020) sont majeures pour évi­ter de tom­ber dans un énième bri­co­lage tech­nique et cor­po­ra­tiste qui n’a pas d’autre but que de contour­ner un débat de socié­té et d’éviter des chan­ge­ments trop pro­fonds, il faut d’ores et déjà ampli­fier le mou­ve­ment en faveur de la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire. Rompre avec les logiques des­truc­trices de l’exportation à tout prix et tra­vailler à la relo­ca­li­sa­tion des sys­tèmes ali­men­taires.

Sou­te­nir les petites fermes. Exi­ger une condi­tion­na­li­té sociale des aides de la PAC et des col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales dont le socle de base pour­rait être la conven­tion n°184 de l’OIT sur la sécu­ri­té et la san­té dans l’agriculture.

Pour en savoir plus : confé­dé­ra­tion pay­sanne

-5.pdf

EN LIEN :