Carte interactive de 253 fosses communes en Turquie

Plus de 17.000 personnes ont été victimes de meurtres politiques non élucidés ou portés disparus au cours de leurs détentions dans les années 90.

18 Octobre 2011 par Maxime-Aza­di, Blo­guer de Media­part

Une orga­ni­sa­tion de défense des droits de l’homme en Tur­quie a éla­bo­ré une carte inter­ac­tive sur laquelle figurent les lieux de 253 fosses com­munes conte­nant envi­ron 3250 corps humains.

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Cette carte, pre­mière de son genre, a été éla­bo­rée par l’as­so­cia­tion des droits de l’homme (IHD) et ren­due publique en sep­tembre. Lan­çant éga­le­ment un site Inter­net (www.ihddiyarbakir.org), l’as­so­cia­tion a iden­ti­fié 253 fosses com­munes sépa­rées conte­nant au moins 3248 corps dans vingt régions kurdes.

Par­mi ces régions, la carte indique que 30 char­niers avec 298 corps se trouvent à Diyar­ba­kir, 36 conte­nant 376 corps à Siirt, 35 avec 485 corps à Bit­lis, 33 avec 347 corps à Hak­ka­ri et 33 autres fosses com­munes avec 468 corps à Bin­gol.

Raci Bili­ci, secré­taire de la branche de Diyar­ba­kir d’IHD, affirme que la plu­part des 40 000 vic­times de la guerre n’ont pas de tombe connue. « Les pra­tiques inhu­maines des années 90 consti­tuent une vio­la­tion fla­grante des conven­tions inter­na­tio­nales et des droits humains » sou­ligne-t-il.

Alors que les « Mères du same­di », familles de dis­pa­rus kurdes qui des­cendent dans la rue chaque same­di depuis 1995, les auto­ri­tés turques gardent tou­jours leur silence et refusent de regar­der son pas­sé en face comme si rien s’é­tait-il pas­sé. Plus de 17.000 per­sonnes ont été vic­times de meurtres poli­tiques non élu­ci­dés ou por­tés dis­pa­rus au cours de leurs déten­tions dans les années 90.

Le débat sur les fosses com­munes est par­ti­cu­liè­re­ment intense notam­ment après la décou­verte d’un char­nier conte­nant les osse­ments d’au moins 12 per­sonnes le 5 Jan­vier à Mut­ki, dans la pro­vince de Bit­lis, dans le cadre d’une enquête sur le sort des 38 kurdes dis­pa­rus. Des dizaines d’autres char­niers ont été décou­verts par les vil­la­geois dans la même région. Mais la jus­tice turque refuse arbi­trai­re­ment d’ex­hu­ma­tion en pré­sence des avo­cats et des repré­sen­tants des droits de l’homme, car plu­sieurs fosses com­munes se trouvent dans des zones mili­taires.

DES AVEUX ATROCES

Yıldırım Begler, ancien membre du Jitem, l’u­ni­té de ren­sei­gne­ment de la gen­dar­me­rie dont l’exis­tence est niée offi­ciel­le­ment mais recon­nue par des anciens élé­ments lors des pro­cès, avait récem­ment avoué l’exis­tence des fosses com­munes conte­nant envi­ron 200 corps dans la région de Sir­nak. Se refu­giant en Nor­vège, Il avait éga­le­ment affir­mé aux jour­na­listes que de nom­breuses per­sonnes ont été tuées par la tor­ture et la plu­part des corps ont été brû­lés dans les fours des gen­dar­me­ries ou jetés depuis des héli­co­ptères.

Jitem est l’un des appa­reils de la « guerre spé­ciale » ou « salle guerre » menée contre les kurdes. Selon des sources locales, ils sont tou­jours actifs dans la région du Kur­dis­tan, se vêtissent en tenus de gué­rille­ros. Cette struc­ture de l’E­tat, est aus­si accu­sée de l’as­sas­si­nat de Hrant Dink, le jour­na­liste Armé­nien tué le 9 jan­vier 2007 à Istan­bul par un ultra­na­tio­na­liste.

437 COMBATTANTS TUÉS PAR DES ARMES CHIMIQUES

L’as­so­cia­tion des droits de l’homme publie régu­liè­re­ment des rap­ports sur la situa­tion des droits de l’homme et les pra­tiques de la salle guerre en Tur­quie. Au moins 437 gué­rillas kurdes ont été tuées par des armes chi­miques lors des 39 opé­ra­tions mili­taires menées par l’ar­mée turque depuis 1994, avait affir­mé IHD dans son rap­port publié en aout der­nier.

Lien vers carte inter­acive

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