Encore un rapport de l’ONU qui appelle au soutien de l’agriculture paysanne et de l’agroécologie : c’est le moment d’agir !

Plus de 60 experts internationaux ont contribué à ce rapport, publié la semaine dernière.

icareg.jpg

La Via Campesina[[Via Cam­pe­si­na est le mou­ve­ment mon­dial des pay­sannes et des pay­sans qui luttent pour la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire. GRAIN et ETC Group sont des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales qui se battent contre le sys­tème ali­men­taire indus­triel et qui apportent leur sou­tien aux alter­na­tives pay­sannes. Leurs forces sont désor­mais jointes en un par­te­na­riat visant à faire pro­gres­ser l’agroécologie pay­sanne.]], GRAIN et ETC saluent un nou­veau rap­port de la CNUCED[[La CNUCED est la Confé­rence des Nations Unies sur le com­merce et le déve­lop­pe­ment. Son rap­port 2013 sur le com­merce et l’environnement (en anglais) est télé­char­geable à par­tir de l’adresse sui­vante : unctad.org/en/PublicationsLibrary/ditcted2012d3_en.pdf
]] qui déclare que l’agriculture, dans les pays riches comme dans les pays pauvres, devrait effec­tuer une tran­si­tion des mono­cul­tures vers une plus grande diver­si­té de cultures, une dimi­nu­tion de l’usage des engrais et autres intrants, un sou­tien ren­for­cé aux petites struc­tures agri­coles, et une pro­duc­tion et une consom­ma­tion ali­men­taires plus axées sur le local. Plus de 60 experts inter­na­tio­naux ont contri­bué à ce rap­port, publié la semaine der­nière.

Le rap­port sur le com­merce et l’environnement 2013 de la CNUCED (“Wake up before it is too late : make agri­cul­ture tru­ly sus­tai­nable now for food secu­ri­ty in a chan­ging cli­mate”) affirme que les mono­cul­tures et les méthodes agri­coles indus­trielles ne four­nissent pas assez de nour­ri­ture abor­dable là où elle est néces­saire, tout en cau­sant des dom­mages envi­ron­ne­men­taux crois­sants et non viables.

Soit rien d’autre que la ligne d’argumentation que Via Cam­pe­si­na, GRAIN et le groupe ETC défendent depuis plus de vingt ans. Ces orga­nismes ont contri­bué à la rédac­tion de cer­tains des cha­pitres du rap­port CNUCED et ils ont désor­mais for­mé un par­te­na­riat visant à faire pro­gres­ser l’agroécologie et l’agriculture pay­sanne en tant qu’alternatives.

Ces der­nières années, nous avons vu paraître un flux régu­lier de rap­ports de haut niveau éma­nant du sys­tème des Nations Unies et d’agences de déve­lop­pe­ment qui plaident en faveur des petits agri­cul­teurs et de l’agroécologie. De toute évi­dence, la recon­nais­sance inter­na­tio­nale du fait qu’il s’agisse là du seul moyen pour résoudre la crise ali­men­taire et cli­ma­tique avance, mais cela ne s’est pas encore tra­duit par des mesures réelles sur le ter­rain, où les pay­sans sont confron­tés à tou­jours plus de mar­gi­na­li­sa­tion et d’oppression.

« Bien avant la paru­tion de ce rap­port, les petits agri­cul­teurs du monde entier étaient déjà convain­cus qu’il nous faut abso­lu­ment une agri­cul­ture diver­si­fiée pour garan­tir une pro­duc­tion ali­men­taire locale équi­li­brée, défendre les moyens de sub­sis­tances des gens et res­pec­ter la nature. Pour atteindre cet objec­tif, il est pri­mor­dial de pro­té­ger l’immense diver­si­té des semences locales, ain­si que les droits qu’ont les pay­sans sur leur uti­li­sa­tion. En tant que petits agri­cul­teurs, nous nous bat­tons pour pré­ser­ver nos semences autoch­tones et notre connais­sance des sys­tèmes agri­coles, » dit Eli­za­beth Mpo­fu, coor­di­na­trice géné­rale de La Via Cam­pe­si­na.

De plus en plus d’indices prouvent que le sys­tème ali­men­taire indus­triel est non seule­ment inca­pable de nour­rir la pla­nète, mais éga­le­ment que cer­taines des crises sociales et envi­ron­ne­men­tales mon­diales les plus urgentes lui incombent. « Le sys­tème ali­men­taire indus­triel est direc­te­ment res­pon­sable d’à peu près la moi­tié des émis­sions glo­bales de gaz à effet de serre, comme le démontre notre contri­bu­tion au rap­port CNUCED, » explique Henk Hob­be­link, de GRAIN. « Nous ne résou­drons pas la crise cli­ma­tique sans nous confron­ter au sys­tème ali­men­taire indus­triel et aux grands groupes qui l’étayent. Nous devons plu­tôt nous tour­ner vers une agroé­co­lo­gie pay­sanne. »

Et Pat Moo­ney, du groupe ETC, d’ajouter : « La chaîne ali­men­taire indus­trielle uti­lise entre 70 et 80 % des terres arables mon­diales pour ne pro­duire que 30 à 40 % des ali­ments que nous man­geons. Pen­dant ce temps, les pay­sans, les vrais pro­duc­teurs ali­men­taires, sont des­sai­sis de leurs terres, et de consi­dé­rables pré­ju­dices éco­lo­giques en résultent. Il est clair que ce n’est pas comme cela que nous nour­ri­rons la pla­nète.»

Il est temps de tra­duire les docu­ments poli­tiques en actions véri­tables et les gou­ver­ne­ments, à tous les niveaux (des pou­voirs publics locaux aux organes inter­na­tio­naux) sont res­pon­sables de la prise des bonnes déci­sions à cet égard. Nous invi­tons la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale à nous rejoindre dans la lutte pour la sou­ve­rai­ne­té, à résis­ter à la main­mise des grandes entre­prises sur notre sys­tème ali­men­taire, et à sou­te­nir l’alimentation mon­diale par les pay­sans et autres petits pro­duc­teurs ali­men­taires.

Pour davan­tage d’informations :

Eli­za­beth Mpo­fu, Via Cam­pe­si­na, télé­phone +263772443716, ezimmpofu@gmail.com

Henk Hob­be­link, GRAIN, +34933011381, henk@grain.org

Pat Moo­ney, Groupe ETC, +16132412267, mooney@etcgroup.org